École flamande du XVIIe siècle
Singes barbiers taillant la moustache des chats
Huile sur panneau de chêne, 2 planches
Présenté dans un rare cadre de la même époque en bois noirci et motifs guillochés dorés.
Dimensions totales : 38 x 43 cm. Le panneau seul : 18 × 23 cm
Cette scène pleine d’esprit et de fantaisie met en scène des singes barbiers s’affairant à tailler la moustache de chats installés comme de véritables clients dans un salon de coiffure. L’artiste orchestre ici une véritable comédie miniature, où chaque animal adopte une attitude presque humaine : le chat inquiet tenant un petit miroir, le singe appliqué muni de ses ciseaux, ou encore les assistants affairés en arrière-plan.
L’intérieur du Barbershop est rendu avec une minutie remarquable. On y distingue une multitude d’ustensiles typiques des ateliers de l’époque :
- Ciseaux, rasoirs, peignes et brosses disposés sur les étagères,
- Flacons de lotions, fioles colorées, pots de pommade,
- Serviettes, capes de toilettage,
- Un singe chargé de maintenir l’ordre dans ce petit théâtre animalier attrape un plat à barbe.
Le décor, riche en détails, contribue à l’atmosphère chaleureuse et légèrement burlesque de la scène.
L’œuvre est peinte sur un panneau de chêne composé de deux planches jointes. La ligne de jonction, perceptible en surface, est parfaitement conforme aux pratiques des XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles : la majorité des peintures sur bois de cette période présentent ce type d’assemblage, qui n’affecte ni la stabilité ni la valeur de l’œuvre.
À propos de Ferdinand van Kessel
Ferdinand van Kessel, né à Anvers en 1648 et mort à Breda en 1696, appartient à une illustre lignée de peintres flamands. Petit-fils de Jan Brueghel l’Ancien et fils de Jan van Kessel l’Ancien, il hérite d’un goût prononcé pour les compositions minutieuses, les scènes allégoriques et les univers foisonnants. Il se distingue notamment par ses singeries, ses paysages imaginaires et ses natures mortes, où se mêlent précision technique, humour et sens du récit.
Les singeries : un genre prisé au XVIIᵉ siècle
Les singeries — représentations de singes imitant les comportements humains — connaissent un véritable engouement dans les Pays-Bas méridionaux au XVIIᵉ siècle. Popularisé par David Teniers le Jeune, ce genre permettait aux artistes de :
- Tourner en dérision les travers humains en les attribuant à des animaux,
- Explorer des scènes de la vie quotidienne sous un angle humoristique,
- Séduire une clientèle cultivée sensible aux allusions morales et aux jeux de symboles.
Dans cette œuvre, les singes barbiers et leurs clients félins deviennent les acteurs d’une satire douce-amère, où la fantaisie sert de miroir amusé à la société de l’époque.
Vendu avec un certificat d'expertise





























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