Bronze patiné et bronze doré
DescriptionCe candélabre d’époque Empire illustre avec éclat le renouveau du vocabulaire antique dans les arts décoratifs français au début du XIXe siècle.
L’œuvre se compose d’un fût central porté par une figure ailée en bronze patiné, reposant sur une sphère dorée elle-même posée sur un piédouche cylindrique cannelé à base quadrangulaire. L’alternance du bronze doré et du bronze à patine brune confère à l’ensemble un contraste raffiné, caractéristique des productions les plus ambitieuses du Premier Empire.
La figure féminine ailée, drapée à l’antique, les bras levés soutenant la lumière, évoque une Victoire ou un Génie ailé, motif emblématique du répertoire impérial inspiré de la Rome antique. Le modelé est précis : traitement délicat du visage, draperies fluides, ailes finement structurées.
Le bouquet supérieur développe cinq bras de lumière à décor finement ciselé :
binets à frises de perles et motifs géométriques,
enroulements feuillagés d’une grande élégance,
bobèches à décor guilloché.
Le bras central, surélevé, renforce la verticalité et la majesté de la composition.
Le piètement cannelé, directement inspiré de l’architecture antique, affirme la rigueur néoclassique propre au style Empire.
Attribution stylistiquePar la qualité de la ciselure, la pureté des lignes et l’association savante du bronze doré et patiné, ce candélabre s’inscrit dans le goût des grandes maisons parisiennes telles que :
Pierre-Philippe Thomire (1751–1843)
ou les ateliers liés à Claude Galle (1759–1815)
Ces bronziers fournissaient la Cour impériale et les résidences aristocratiques sous Napoléon Ier.
Sans estampille visible, l’œuvre relève d’un atelier parisien de très belle qualité, travaillant dans l’orbite de ces grands maîtres.
Contexte historiqueSous l’Empire, le bronze doré devient un marqueur essentiel du prestige décoratif. Inspiré des modèles antiques redécouverts à Pompéi et Herculanum, le mobilier et les luminaires adoptent un langage architectural, symétrique et symbolique.
La figure de la Victoire ailée incarne à la fois :
la gloire militaire,
l’élévation spirituelle,
la grandeur impériale.
Les candélabres de ce type étaient destinés aux salons d’apparat, aux consoles, ou aux cheminées monumentales.
Éléments stylistiques caractéristiquesContraste bronze doré / bronze patiné
Piédouche cannelé à base carrée
Figure allégorique ailée
Bras feuillagés finement ciselés
Symétrie et verticalité accentuées
Ce candélabre témoigne du sommet atteint par l’art du bronze parisien sous le Premier Empire. Il illustre la synthèse parfaite entre sculpture, architecture et ornementation, propre aux créations inspirées des ateliers de Thomire et Galle.






























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