Frédéric FIEBIG
1885, Talsi (Lettonie) – 1953, Sélestat (Bas-Rhin)
Composition
huile sur carton contrecollé sur toile
35 x 41 cm
signée en bas à droite
certificat d’authenticité au verso signé par la fille de l'artiste, Raya Fiebig (1919-2007)
cadre : 46 x 52,5 cm
Peintre letton d’origine allemande, Frédéric Fiebig débute sa formation à l’École impériale pour la promotion des arts de Saint-Pétersbourg. Insatisfait par l’enseignement académique, il s’installe à Paris en 1907, où il fréquente l’Académie Julian et s’imprègne des mouvements artistiques de l’époque, notamment l’impressionnisme, le fauvisme et le cubisme. Fiebig développe alors un style personnel, oscillant entre post-impressionnisme et expressionnisme. Ses œuvres, saluées par des critiques tels que Guillaume Apollinaire, Francis Carco et André Salmon, dépeignent des paysages urbains et naturels transfigurés, témoignant de sa sensibilité aux lumières et aux formes. Il expose dans divers salons parisiens et à l’international, notamment à Barcelone, Londres et New York, et bénéficie en 1912 d’une exposition personnelle à la galerie Bernheim-Jeune.
Après plusieurs voyages en Italie et dans le sud de la France, Fiebig revient à Paris. Dans l’espoir d’un air plus sain pour son fils, Éric, atteint de graves problèmes cardiaques, il s’installe en 1929 avec sa famille à Sélestat, en Alsace. Ce sera un tournant majeur : la mort d’Éric en 1932 plonge le peintre dans une douleur irréversible. Il se retire dans une cabane sur le massif du Taennchel où il vit en ermite pendant une année entière. Il y produit des centaines d’œuvres de petit format, peignant sur des cartons de récupération, qui lui valent un succès critique et commercial immédiat. Mais la Seconde Guerre mondiale accentue son isolement. Il est confronté à la déportation de la mère de ses enfants et à l’arrestation temporaire de sa fille. Devenu presque aveugle, il cesse de peindre en 1946 et décède à Sélestat en 1953, laissant derrière lui un héritage artistique méconnu, que sa fille Raya s’efforcera de faire redécouvrir.
Malgré les épreuves, il produit une œuvre riche, marquée par une quête de spiritualité et une profonde connexion à la nature. Son style se distingue par sa maîtrise de la peinture au couteau, qu’il adopte dès les années 1920. Cette technique donne à ses œuvres une densité expressive unique, accentuant la structure géométrique des paysages et des formes architecturales. Fiebig travaille la matière en strates épaisses et vibrantes, organisant ses compositions autour de formes triangulaires récurrentes — toits, rochers, feuillages — devenues sa signature visuelle. L’académicien Maurice Rheims dira de lui qu’il fût le seul artiste en France à avoir participé, sans le savoir, au mouvement Die Brücke.
Collections publiques
Musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg
Musée Unterlinden, Colmar
Musée national des arts de Lettonie, Riga
Musée régional de Talsi, Lettonie















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