Cette composition spectaculaire illustre parfaitement le goût de la fin du XIXᵉ siècle pour les scènes animalières empreintes de naturalisme et de tension dramatique.
La lionne, au premier plan, maintient fermement la gazelle sous ses pattes, tandis que le lion, légèrement en retrait, domine la scène par sa stature et sa crinière abondamment travaillée. Le jeu des postures, la précision anatomique et la puissance expressive des attitudes confèrent à l’ensemble une grande intensité visuelle.
La terrasse, traitée comme un rocher naturaliste, participe pleinement à la composition et renforce l’impression de mouvement et de réalisme. Le modelé se distingue par une grande finesse d’exécution : musculatures puissantes et tendues, têtes expressives, rendu précis des pattes, des cous et des corps. Ces qualités témoignent d’un modèle particulièrement soigné.
La sculpture est réalisée en zinc d’art, matériau largement employé en France à partir de la seconde moitié du XIXᵉ siècle pour l’édition de sculptures décoratives et animalières de grand format. Contrairement au bronze, le zinc ne pouvant être repris ni ciselé après la coulée, la qualité du modèle et du moule devait être irréprochable dès l’origine, ce qui explique ici la remarquable précision des détails. L’ensemble est recouvert d’une très belle patine ancienne imitation bronze, appliquée selon la technique du glacis aux pigments. Cette patine, aux tonalités brun profond nuancées de reflets vert olive, est homogène et bien conservée ; elle souligne admirablement les volumes et confère à la sculpture une présence visuelle très proche de celle d’un bronze d’art.
La terrasse est signée “E. Samson” pour Emmanuel Samson (1860-1926) et la sculpture présente deux tampons de fonderie identiques, frappés dans la matière, portant la mention « Fabrication française – Made in France – Paris ». Ces marques attestent d’une production parisienne, caractéristique des grandes fonderies spécialisées dans le zinc d’art à la fin du XIXᵉ et au début du XXᵉ siècle, période durant laquelle Paris s’impose comme l’un des centres majeurs de ce type de production. Par ses dimensions importantes, la qualité de son modelé, l’élégance de sa patine et la clarté de son attribution, cette sculpture constitue une pièce décorative majeure, représentative de la sculpture animalière française de la Belle Époque et de l’histoire aujourd’hui réévaluée du zinc d’art.
Dimensions :
Largeur : 67 cm
Profondeur : 38 cm
Hauteur : 34 cm
Emmanuel Sanson (1860–1926) est un peintre et sculpteur animalier français, reconnu comme l’un des représentants majeurs de la sculpture animalière française à la charnière des XIXᵉ et XXᵉ siècles. Né à Paris, il se forme auprès de maîtres académiques de premier plan tels qu’Alphonse de Neuville et Jean-Léon Gérôme, avant de développer un langage personnel marqué par un naturalisme puissant et une grande sensibilité à l’observation du monde animal. Très tôt, Emmanuel Sanson s’impose par ses scènes de chasse et ses groupes animaliers, qu’il décline aussi bien en peinture qu’en sculpture. Il expose régulièrement au Salon des artistes français, ainsi qu’aux salons spécialisés liés à la chasse, à la vénerie et aux expositions canines, où ses œuvres sont saluées pour leur énergie, leur justesse anatomique et leur sens du mouvement. Son œuvre sculpté témoigne d’un intérêt constant pour les scènes de prédation, de poursuite et de tension dramatique, thèmes emblématiques de la sculpture animalière de la Belle Époque. Afin d’assurer une diffusion de qualité de ses modèles, Emmanuel Sanson collabore avec plusieurs fondeurs parisiens réputés, produisant ses sculptures aussi bien en bronze qu’en zinc d’art, matériau alors couramment employé pour les grands formats décoratifs. Les groupes animaliers comme celui présenté ici illustrent parfaitement son goût pour les compositions narratives fortes, où la précision du modelé sert une mise en scène spectaculaire et profondément expressive.





































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