Par sa géométrie rigoureuse et architecturée, ce coffret présente une silhouette particulièrement équilibrée, caractéristique du vocabulaire néo-classique du début du XIXe siècle. Cette forme n’est pas sans évoquer, par analogie purement formelle, la silhouette de la future taille dite « émeraude » en joaillerie, laquelle ne sera toutefois véritablement codifiée qu’au début du XXe siècle. Cette correspondance demeure strictement visuelle : les volumes relèvent avant tout du goût Empire pour la clarté des lignes, la maîtrise des proportions et une inspiration antique assumée.
Les pans sont ornés de motifs losangés en laiton, tandis que la façade est habillée d’une large platine de laiton, intégrant une serrure à canon dit “trèfle”, typique des serrures de qualité, fréquemment utilisées pour des coffrets et nécessaires de valeur. La clé est absente, mais la présence de ce canon témoigne d’un travail de serrurerie soigné et élaboré. Autour de la serrure, de grands arcs de cercle en laiton structurent la composition ; par leur dessin, ils peuvent évoquer une symbolique nocturne et protectrice, particulièrement appropriée à un coffret destiné à recevoir des objets précieux.
Le couvercle est centré d’un écusson en laiton demeuré vierge, encadré de rameaux finement stylisés, dont le dessin évoque davantage l’olivier que le laurier, symbole traditionnel de paix, de sagesse et de stabilité. L’absence de gravure renforce le caractère intemporel et élégant de l’ensemble, tout en laissant supposer qu’il pouvait, à l’origine, être destiné à une personnalisation.
Le coffret est conservé dans un état remarquable. L’acajou, soigneusement choisi, est recouvert d’un ancien vernis au tampon, aujourd’hui en parfait état de conservation. Ce vernis a fait l’objet d’une très légère reprise respectueuse, sans altération de la patine ni de la lecture historique de l’objet, conservant toute la profondeur et la chaleur du bois.
L’intérieur est gainé d’une soie moirée jaune, postérieure, en parfait état, dont la teinte s’accorde harmonieusement avec l’acajou et le laiton, soulignant le caractère précieux du coffret.
Par la qualité de son exécution, la maîtrise de ses matériaux et la richesse mesurée de son décor, ce coffret s’inscrit pleinement dans la production parisienne de haut niveau de l’époque Empire. Son vocabulaire décoratif et son degré de finition rappellent les réalisations de grands tabletiers-orfèvres parisiens, tels que Martin-Guillaume Biennais, sans qu’aucune attribution précise ne puisse être avancée. Il s’agit néanmoins d’un objet de très belle qualité, représentatif du haut de gamme de la période, tant par sa conception que par sa finition.
Dimensions :
Largeur : 26,5 cm
Profondeur : 18 cm
Hauteur : 11,5 cm





































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