Les côtés est orné d’un écu armorié gravé, entouré d’un riche décor de rinceaux et surmonté d’une couronne nobiliaire.
Ces armes ont été formellement identifiées comme celles de Charles Alexandre de Calonne (1734–1802), personnage majeur de la vie politique et financière française à la fin de l’Ancien Régime. Le blason correspond précisément à celui figurant sur des jetons officiels frappés entre 1783 et 1787, période durant laquelle Calonne exerce les fonctions de contrôleur général des finances. Des exemplaires identiques sont conservés dans les collections publiques, notamment au Musée Carnavalet, ce qui permet une attribution historique solide et documentée.
Cette verrière s’inscrit dans la tradition des pièces de service de prestige armoriées, destinées aux grandes maisons aristocratiques ou à l’entourage immédiat des plus hauts dignitaires de l’État, et constitue un témoignage du luxe domestique associé aux élites dirigeantes de la monarchie finissante.
L’état de conservation est bon, avec une belle patine ancienne, des traces d’usage visibles au fond, conformes à son âge et à sa fonction, sans altération structurelle.
Charles-Alexandre de Calonne (1734–1802) – Notice historique:
Né à Douai en 1734 dans une famille de magistrats du parlement de Flandre, Charles-Alexandre de Calonne reçoit une formation juridique brillante et entame très tôt une carrière administrative remarquée.
Avocat général au Conseil supérieur d’Artois, puis procureur général au parlement de Flandre, il est nommé maître des requêtes en 1763, avant d’occuper plusieurs intendances majeures, notamment celle des Trois-Évêchés à Metz, puis de Flandre et Artois à Lille à partir de 1778.
Ces fonctions lui permettent d’acquérir une connaissance approfondie de l’administration provinciale, de l’économie et des mécanismes financiers du royaume. Repéré pour ses talents de gestionnaire et son intelligence politique, Calonne est appelé par Louis XVI au moment où les finances royales sont au bord de la faillite. Le 3 novembre 1783, il est nommé contrôleur général des finances, puis ministre d’État.
Succédant à Necker dans un contexte de crise aggravée par la guerre d’indépendance américaine, Calonne comprend que le redressement du royaume ne peut passer que par des réformes structurelles profondes. Il conçoit un vaste programme visant à rétablir l’équilibre financier : égalité devant l’impôt, contribution foncière touchant également la noblesse et le clergé, réforme monétaire et relance de l’économie par l’investissement public. Conscient des résistances à venir, il obtient la convocation de l’Assemblée des notables en 1787, espérant faire accepter ses réformes en contournant l’opposition des parlements. Le projet échoue face au refus des privilégiés.
Désavoué, Calonne est disgracié le 9 avril 1787 et contraint à l’exil. À partir de 1789, il joue un rôle actif dans les milieux contre-révolutionnaires, tentant d’alerter les cours européennes sur les dangers de la Révolution. Il ne rentre en France qu’en 1802, où il meurt à Paris le 29 octobre de la même année.
L’historiographie contemporaine considère aujourd’hui Charles-Alexandre de Calonne comme l’un des derniers grands réformateurs de la monarchie, et pour certains historiens comme celui qui porta, trop tardivement, la dernière tentative sérieuse de sauvetage financier et institutionnel de l’Ancien Régime. Intérêt historique et patrimonial
Par son armoirie identifiée et documentée, cette verrière constitue un témoignage matériel direct de l’histoire politique et administrative française à la veille de la Révolution. Il s’agit d’un objet rare, associant arts de la table, prestige social et grande histoire, provenant de l’univers d’un des acteurs majeurs des dernières années de la monarchie.
Dimensions :
Largeur 32,5 cm
Profondeur : 20 cm
Hauteur: 10 cm





































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