La figure est coiffée d’un bonnet de toile blanche, finement plissé et retenu par un ruban bleuté, évoquant une figure féminine issue d’un milieu simple, possiblement une jeune paysanne ou laitière idéalisée, selon une iconographie très appréciée à la fin du XVIIIe siècle. Le visage, traité avec un grand raffinement, se distingue par : une carnation lumineuse, subtilement rosée aux joues, un modelé souple et fondu, sans dureté de trait, un regard humide et expressif, empreint d’introspection et de sentiment.
La jeune femme porte un corsage brun-roux, entrouvert sur un linge clair, traité avec sobriété. Le fond sombre et nuancé, construit par couches successives, met puissamment en valeur la figure et renforce l’intimité psychologique du portrait.
Contexte artistique et stylistique:
Cette œuvre s’inscrit pleinement dans le courant de la peinture de sentiment développé en France dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, dont Jean-Baptiste Greuze fut l’un des représentants majeurs. Ce courant, en rupture avec la peinture strictement académique, privilégiait : l’expression des émotions et de la sensibilité morale, la valorisation de figures modestes et vertueuses, des scènes ou portraits à forte charge psychologique, une peinture accessible, touchante, empreinte d’humanité. Jean-Baptiste Greuze connut un immense succès auprès du public et des collectionneurs de son temps, et son style influença durablement de nombreux peintres. L’œuvre présentée ici relève clairement de cette filiation stylistique, tant par : la recherche d’une émotion contenue, la douceur des chairs, la sobriété de la composition, que par l’idéalisation morale du modèle.
Il s’agit d’un travail de suiveur de Jean-Baptiste Greuze, exécuté à la fin du XVIIIe siècle ou dans les toutes premières années du XIXe siècle, témoignant de la persistance et de la diffusion de ce langage pictural après l’apogée du maître.
Analyse technique :
Les agrandissements de la surface picturale révèlent : un réseau de craquelures anciennes, irrégulier et naturel, parfaitement cohérent avec une huile ancienne, une pâte picturale fine mais vivante, travaillée par glacis et demi-pâtes, des reprises visibles au pinceau dans les transitions (joues, paupières, bonnet), un fond construit par balayages successifs, jamais traité en simple aplat.
Support, restaurations et état de conservation: Huile sur toile, montée sur châssis Toile anciennement rentoilée, lors d’une restauration ancienne destinée à garantir la conservation de l’œuvre
Restauration récente confiée à une restauratrice professionnelle, comprenant : nettoyage de la surface picturale, légères reprises localisées, parfaitement intégrées, stabilisation générale de la couche picturale L’œuvre se présente aujourd’hui dans un excellent état de conservation, offrant une lecture claire et harmonieuse.
Signature:
La peinture est signée en bas à gauche. La signature est ancienne et intégrée à la couche picturale, mais ne permet pas, en l’état, une attribution formelle à un artiste identifié.
Cadre:
Le tableau est présenté dans un cadre ancien en bois et stuc doré, d’époque XIXe siècle, de style Louis XV, à riche décor de : rocailles, enroulements feuillagés, fleurettes et cartouches aux angles. La dorure ancienne présente une belle patine, et l’ensemble forme un écrin particulièrement cohérent et élégant avec l’œuvre.
Dimensions:
A vue: 36,5 x 45 cm
Au cadre: 53 x 60 cm



































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