Francesco Botticini (Florence, 1446 – Florence, 1498) - Et atelier - Martyre de Saint Genesio
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Francesco Botticini (Florence, 1446 – Florence, 1498) - Et atelier - Martyre de Saint Genesio

Artiste : Francesco Botticini (et Atelier)

L'œuvre proposée est un panneau de prédelle, peint à la tempera grasse sur bois, représentant le martyre de saint Genésius, patron des acteurs, dont l'attribut (un violon) est placé devant lui, gisant à terre.
Le panneau est divisé en deux parties : à droite, deux civils rapportent à l'empereur Dioclétien que Genésius, lors d'une représentation théâtrale, a prononcé des paroles à la gloire du christianisme. L'empereur, les écoutant et se ralliant à leur déposition, condamne donc l'acteur à mort.
À gauche, au même moment, on aperçoit le martyr agenouillé en prière, son attribut devant lui, tandis que le bourreau, dans une attitude (et une expression) visiblement exaspérée, s'apprête à le décapiter d'un long sabre.
Du point de vue de la composition, la scène est simple et rationnelle : les personnages sont quasiment au même niveau, séparés par le mur vertical de l’entrée du bâtiment impérial, presque un atrium, dans un espace ouvert cerné de murs sur deux côtés, au sein duquel se dresse le trône de l’empereur, surélevé sur deux marches. Les quelques lignes architecturales (marches, murs) soulignent la perspective et délimitent rationnellement les espaces et les scènes.
Le paysage est lui aussi rendu avec peu d’éléments : des buissons épars parsèment la clairière de collines légèrement vallonnées, traversées par un ruisseau sinueux, dans une intention qui évoque sans doute l’influence nordique déjà présente à Florence dans la seconde moitié du XVe siècle.
À l’arrière-plan, les montagnes et le ciel se fondent en une seule couleur. Un élément intéressant et en même temps caractéristique est celui des vêtements, typiques de l'époque, que l'on retrouve également dans l'œuvre qui rapproche le plus l'attribution de cette œuvre à la production de Francesco Botticini, à savoir la prédelle du Tabernacle de San Sebastiano, créée en 1480 pour l'église de San Sebastiano à Empoli, et qui pourrait représenter un termini post quem.
De plus, à cette époque, Botticini était dans une phase de maturité de sa carrière, influencé par Sandro Botticelli et Filippo Lippi.
En observant les robes et les drapés, on peut apprécier leur similitude : le tombé fluide des robes du personnage principal, avec leurs plis parallèles et évasés, le drapé volumineux et sinueux des personnages non debout (Genesius et Dioclétien), identique tant dans le sens des plis que dans la disposition du tissu au sol, presque en étoile.
Le style naïf et pourtant extrêmement expressif des visages est également identique, de même qu’un détail technique significatif : le placement de l’or sur la couronne et le sceptre (à peine lisible sur notre exemplaire), apparemment exécuté par le même artisan, tant le résultat est similaire. En jugeant qualitativement l'œuvre (ou plutôt les œuvres), on pourrait conclure que le retable principal est certainement d'origine Botticini dans les deux cas, mais la création de notre prédelle (ainsi que celle du Tabernacle de San Sebastiano !) a probablement été réalisée physiquement par un élève de l'atelier.
En observant attentivement les deux œuvres, on constate que même les couleurs semblent avoir la même texture et les mêmes nuances, bien que la nôtre présente toujours une splendide et vive teinte de rouge.
Historiquement, en 1489, à 12 km de l'église où se trouvait le tabernacle de San Sebastiano et à 45 km de l'atelier de Botticini, la collégiale dédiée aux saints Genèse et Maria Assunta fut rouverte au culte, grâce à une concession du magistrat de la seigneurie florentine, qui accéda à la requête du prévôt de San Miniato, Giovanni Cavalcanti, par l'intermédiaire du vicaire Pier Vettori. Malheureusement, jusqu'en 1622, San Miniato était rattaché au diocèse de Lucques et de Florence, où un incendie au XVIe siècle détruisit les archives… Il est donc impossible d'obtenir des documents attestant la commande d'un retable pour la collégiale, ce qui, compte tenu des similitudes stylistiques mentionnées plus haut et des coïncidences temporelles, notamment en lien avec un saint véritablement rare en Italie, nous amène à considérer cette hypothèse avec une extrême confiance.
La prédelle est en bon état général : dans les zones figuratives, hormis une fissure prononcée, on ne constate ni manques ni repeints, ces derniers se limitant toutefois à une portion bleue du coin supérieur droit et au bord gauche.
Les figures des autres scènes s’étendaient probablement jusqu’à la gauche de notre prédelle et ont été effacées à cet endroit, endommageant le bord, qui a ensuite été repeint.
Des manques mineurs, également repeints, sont visibles sur les 5 premiers millimètres environ du bord inférieur (et, dans une moindre mesure, sur le bord supérieur), sans toutefois altérer l’appréciation visuelle des figures.
Un passepoil au dos compense la courbure naturelle du panneau.
Compte tenu de son âge, l’œuvre est en bon état.
Dimensions : 49 x 21 cm


6 000 €

Epoque : Antérieure au 16ème siècle

Style : Autre style

Etat : Restauré

Matière : Bois peint

Largeur : 49

Hauteur : 21

Référence (ID) : 1687213

Disponibilité : En stock

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