Un artiste dans son atelier,
signé en bas à droite
huile sur toile
46 x 27 cm
encadré : 52 x 33 cm
Il est particulièrement intéressant de découvrir Maurice Millière dans un genre très différent de celui qui l'a rendu célèbre : les portraits de jeunes Parisiennes. Ce portrait unique montre Millière sous un jour plus original et intrigant. Il représente un peintre dans son atelier, en train de créer. Une scène avec divers détails : des toiles sur le sol à droite, un châssis sur des tréteaux et même les chaussures de l'artiste qui devaient être assez remarquables à l'époque. Le peintre semble faire une pause pour fumer et poser pour Millière.
Il y a un réel sentiment de complicité entre les deux artistes. Cependant, tout dans ce tableau est soigneusement choisi et composé, comme l'admirable fond rouge sur lequel se détache le modèle.
Combinant des éléments du portrait et de la scène d'atelier, l'intention du peintre était de créer une œuvre unique qui rende hommage au lien entre les deux artistes.
Maurice Georges Louis Millière est né au Havre en 187. Il est issu d'une famille ouvrière du Havre ; son père était vendeur pour un marchand.
Millière commence par étudier la peinture à l'École des Beaux-Arts du Havre. Il s'installe à Paris en 1889 et s'inscrit à l'École des Arts Décoratifs, tout en suivant certains ateliers à l'École des Beaux-Arts.
Ses premières œuvres graphiques notables sont des affiches et des partitions pour des entreprises telles que Le Boulch et Le Divan Japonais (1899).
À partir de 1917, il publie de nombreuses illustrations représentant des femmes légèrement vêtues : d'abord dans Fantasio (1917), puis dans Bagatelles, La Vie parisienne, Le Frou-frou, Le Sourire, Le Gai-Paris, etc.
À la fin de l'année 1920, il rejoint la République de Montmartre, une association caritative.
Contemporaines de celles de Louis Icart, ses « petites femmes » connaissent un grand succès hors de France : dans les années 1920, les périodiques américains reprennent ses créations, ainsi que celles de Suzanne Meunier et Georges Léonnec, autres artistes dessinant des figures féminines associées au « Gai Paris », ou quartier de Montmartre et ses nombreux cabarets. Les petites femmes de Millière ont inspiré Alberto Vargas et Enoch Bolles, précurseurs du « style pin-up ».
Ces femmes apparaissent également sur des cartes postales, des affiches, des menus, etc. Une partie de cette production, certes érotique, est consacrée à des représentations beaucoup plus audacieuses et est donc commercialisée discrètement : il s'agit d'aquarelles représentant des femmes dominatrices se livrant à la flagellation, qui ont connu un grand succès en Angleterre.
Il séjourna aux Antilles, où il dessina et peignit des tableaux, notamment de femmes antillaises. Plusieurs de ces œuvres ont été exposées aux salons de la Société Nationale des Artistes Français et de la Société Coloniale des Artistes Français. Il a illustré un livre publié en 1929, Madinina « Reine des Antilles » : étude de mœurs martiniquaises. En août 1930, il est fait chevalier de la Légion d'honneur pour services rendus à la colonie.
L'année suivante, il expose ses peintures au Salon des Artistes Français et ses dessins au Salon des Humoristes.
Il meurt le 5 avril 1946 à Yport.



































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