ADORATION DES BERGERS
ADRIAEN FRANS BOUDEWIJNS
Bruxelles 1644 – 1719 Bruxelles
Plume et encre avec lavis gris, mise au carreau à la craie rouge, sur papier
20,4 × 28,5 cm / 8 × 11,2 pouces, avec cadre 46 × 56 cm / 18,1 × 22 pouces
PROVENANCE
Zurich, Koller Auktionen, 15 juin 1995, lot 4218
Londres, Phillips, 9 juillet 2001, lot 43
Zurich, Galerie Meissner
Par descendance dans une collection privée suisse
ENREGISTRÉ
RKD, La Haye, n° 35560
FILIGRANE
Aigle à une tête avec monogramme, Briquet 178 (Rheinbischoffshein, 1580)
Ce dessin appartient à la période précoce de la carrière d’Adriaen Frans Boudewijns, peu après son retour de Paris à Bruxelles vers le milieu des années 1670. Il fut probablement conçu comme une étude préparatoire pour une peinture aujourd’hui perdue, peut-être l’une de celles détruites lors du bombardement de Bruxelles en 1695, qui anéantit une grande partie de l’œuvre de l’artiste.
Exécutée à la plume et au lavis gris, la composition reflète la transition de Boudewijns entre la rigueur classique de ses années parisiennes — passées dans l’atelier d’Adam Frans van der Meulen, où il participa à la création des tapisseries des Gobelins pour Louis XIV — et un idiome flamand plus intime. La feuille, mise au carreau à la craie rouge, indique qu’elle servait de modèle de travail. Le subtil jeu entre le trait et le lavis révèle déjà la maîtrise du rythme spatial et la capacité du peintre à organiser un récit complexe dans un cadre architectural équilibré.
La scène de l’Adoration des Bergers est traitée avec un sens presque théâtral de l’espace : l’abri rustique, rendu avec une solidité paysanne, s’ouvre sur une procession de figures avançant dans un doux crescendo de mouvement. Le dessin illustre l’équilibre caractéristique de Boudewijns entre structure et animation — une harmonie qui marquera ses paysages ultérieurs et ses collaborations avec Pieter Bout et Matthys Schoevaerdts.
Né à Bruxelles en 1644, Adriaen Frans Boudewijns fut formé par Ignatius van der Stock avant de rejoindre l’atelier parisien de van der Meulen. Il y contribua aux tapisseries royales des Gobelins et grava de nombreuses compositions d’après van der Meulen et Abraham Genoels. De retour à Bruxelles vers 1675, il établit un atelier prospère et forma plusieurs élèves importants, dont Mathys Schoevaerdts et son neveu Adriaen Frans le Jeune. Ses paysages peints — classiques, lumineux et sereins — unissent la tradition naturaliste flamande au classicisme romain de Claude Lorrain et Poussin, tandis que ses dessins demeurent parmi les exemples les plus raffinés du dessin flamand de la fin du XVIIe siècle.
Le papier porte un filigrane représentant un aigle à une tête avec monogramme (Briquet 178), datable vers 1580 et typique des papiers produits à Rheinbischoffshein, indiquant que Boudewijns utilisait un support ancien de haute qualité réservé aux dessins achevés




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