Jacob Petit: céramiste écleptique du XIXème siècle

Jacob Petit (de son vrai nom Jacob Mardochée) est un fabricant de porcelaine  français du XIXème siècle. Son nom reste attaché à l’originalité de sa production. Abondantes et diverses, naguère jugées d’une exubérance de mauvais goût, ses pièces sont aujourd’hui recherchées pour leur originalité et la richesse de leur polychromie.

Vase En Porcelaine De Paris Signé Jacob Petit. (c) Antiquités Art et Lumières, Proantic
Vase En Porcelaine De Paris Signé Jacob Petit.
(c) Antiquités Art et Lumières, Proantic

Dans les années 1830, alors que décorateurs et porcelainiers parisiens fournissaient des modèles qui perpétuent le vocabulaire néo-classique, Jacob Petit (1796-1868)  s’était rendu célèbre grâce à des objets de petite taille, vivement colorés et inspirés de styles très divers comme le style néogothique, le style renaissance , le baroque, le goût turc, les créations persanes ou chinoises….

Cette production d’une étonnante extravagance, apparue au moment où l’art de la porcelaine tombait dans l’industrie, connu un véritable succès et relança le commerce de la porcelaine d’ornement.

Paire de bougeoirs en porcelaine de Jacob Petit. (c) Galerie Atena, Proantic
Paire de bougeoirs en porcelaine de Jacob Petit.
(c) Galerie Atena, Proantic

Après avoir appris seul le dessin, Jacob Petit entre comme élève dans l’atelier du peintre Antoine-Jean Gros, , disciple de Jacques- Louis David. Précocement attiré par la porcelaine, il rejoint la Manufacture de Sèvres dès 1822.

Passionné d’arts décoratifs, il effectue plusieurs voyages en France et en Europe (en Italie, en Suisse, en Allemagne, en Hollande et en Angleterre) pour approfondir ses connaissances et perfectionner sa technique.

Paire de statuettes en porcelaine de Jacob Petit. (c) Didascalies, Proantic
Paire de statuettes en porcelaine de Jacob Petit.
(c) Didascalies, Proantic

Revenu en France, il publie en 1830-1831 un Recueil de décorations intérieures, comprenant tout ce qui a rapport à l’ameublement, comme vases, trépieds, candélabres, lustres, girandoles, lampes, chandeliers, cheminées, faux poëles, pendules, tables, secrétaires, commodes, canapés, lits, draperies de croisées, fauteuils, chaises, tabourets, miroirs, et tout ce qui a rapport à l’orfèvrerie, menuiserie, serrurerie, etc.. Cet ouvrage – dont on remarquera le désir d’exhaustivité – connaîtra un vif succès. L’auteur y puisera constamment ses futures inspirations.

Pendule en porcelaine de Paris. Manufacture Jacob Petit. (c) DESARNAUD, Proantic
Pendule en porcelaine de Paris. Manufacture Jacob Petit.
(c) DESARNAUD, Proantic

Il fonde une manufacture de porcelaine à Belleville puis s’installe à Fontainebleau où il achète une fabrique, employant 80 ouvriers. Vers 1838, il se tourne exclusivement vers la création de pièces d’ornements et ouvre une succursale à Paris au 26 rue de Bondy. Dans ses manufactures, Jacob Petit produit un grand nombre d’objets décoratifs en porcelaine : vaisselle, vases, tisanières, flacons à parfum, brûle-parfum, encriers, presse-papiers, vide-poches, pendules, luminaires d’intérieur, et même des cheminées.

Service à café en porcelaine à décor à l’or fin de personnages dans le goût chinois. Jacob Petit . (c) Philippe Cote Antiquités, Proantic

Les couleurs de Jacob Petit, naguère jugées criardes, révèlent pourtant un don remarquable de coloriste. Il n’hésite pas à juxtaposer teintes franches et coloris rares, tons mats et brillants, pour créer une chatoyante polychromie aux combinaisons presque infinies. Il cherche à rendre la matière avec réalisme (étoffes, bijoux, pierreries, carnations, pelage d’animaux, pétales et feuillages de fleurs, troncs d’arbre…). Il utilise également l’or en épais aplat sur des motifs d’arabesques et d’entrelacs et pour souligner les contrastes. L’ensemble produit une impression de gaieté.

Malgré une faillite en 1848, il continue sa production et vend sa manufacture en 1862 à un de ses employé, Etienne Jacquemin.