Paire d’étagères à suspendre d’angle en marqueterie divergente de fleurs et d’insectes sur fonds de loupe de frêne. De forme galbée et ajourée,notre paire d’étagères se décompose en trois tablettes ; étant prévue pour être admirée par-dessous car suspendues en hauteur, le dessous de chacune d’elles est marqueté de bouquets de fleurs autochtones en placage de bois de violette en bois de bout. Un papillon pour l’une et une libellule pour l’autre, coiffe la guirlande de fleurs polychromées courant sur l’arête centrale de chacune d’elles. L’ensemble des bordures de périphérie est plaqué de bois de violette en adéquation aux bouquets. L’estampille Hache Fils A. Grenoble pour Jean-François Hache est frappée au dos de chacune d’elles.

(c) Serignan Antiquités, Proantic
Ce model d’étagère a été produit tant par le fils que par le père dans les années 1760/1765 . Un modele identique à notre paire est présenté au Musée Nissim de Comondo à Paris. Une photographie de cette paire est représentée sous e numéro 264 page 461 de l’ouvrage de Pierre et Françoise Rouge ; « le génie des Hache » ainsi qu’au numéro 70 page 106 de l’ouvrage du Musée Dauphinois« Hache Ebéniste à Grenoble ».
LES HACHE, UNE DYNASTIE D’ÉBÉNISTES EN PROVINCE
À partir du milieu du XVIIe siècle et jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, alors que l’ébénisterie parisienne connaît ses maîtres les plus prestigieux, Noël Hache, originaire de Calais, puis ses descendants, Thomas, Pierre, Jean-François et Christophe-André, installés à Grenoble, composent une dynastie d’ébéniste dont le talent et l’invention rivalisent avec les maîtres du faubourg Saint-Antoine.

(c) Serignan Antiquités, Proantic
Consacrés dès 1721 avec le brevet d’ébéniste du duc d’Orléans accordé à Thomas, les Hache marqueront définitivement l’histoire et le répertoire des formes du mobilier en Dauphiné. Associant marqueterie, loupe, ronce, bois de fil, essences rares et locales, bois naturels et teintés, du style Louis XIV au Louis XVI triomphant, objets de la vie quotidienne et mobilier d’apparat constituent une production d’une diversité extraordinaire. Du règne de Louis XIV à la Révolution, aristocratie et bourgeoisie dauphinoises sollicitent les Hache pour une simple réparation comme pour d’importants aménagements domestiques, établissant la remarquable réussite de leur négoce et constituant un patrimoine qui continue de faire la fierté et la fortune des collectionneurs.

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Il a existé bien sur en province d’autres écoles connues : Nogaret à Lyon, très connu et caractéristique mais uniquement menuisier en siège, les Couleur à Montbéliard intéressants mais peut être moins originaux.
La production des Hache seuls ébénistes provinciaux de cette originalité peut légitimement rivaliser aujourd’hui avec celle de leur confrère de la capitale, leur développement aidé par un sens commercial aiguisé (étiquettes publicitaires collées dans certains meubles et doublant quelque fois l’estampille), et la protection des Grands du jour (Duc d’Orléans) et de commandes publiques.