L’histoire du Verre à Vin

L’histoire du verre à vin débute vers l’an 1 500 av. J.-C., alors qu’apparaissent en Égypte les premiers récipients en verre (le verre est composé de sable et de potasse). Ceux-ci se répandent à l’époque romaine alors que la technique du verre soufflé est adoptée par l’Empire. Dans la Rome antique, seuls les plus riches jouissent de l’usage de verres. Les autres utilisent des contenants faits de métal ou de terre cuite.

Verres de Venise
Gobelet en verre craquelé, Venise, XVIème (c) musée des arts décoratifs
Verres à jambe, Venise, 16ème et 17ème (c) musée des arts décoratifs

Les verres de Venise dominèrent le marché européen dés le XVème siècle. C’est avec l’invention du « cristallo » ( verre limpide semblable au cristal de roche)  à Murano au XVème siècle que le verre commence à se styliser.  Le verre de Murano à l’état de fusion, devenait tendre : il était donc aisé de le façonner pour parvenir à des formes ornementales élaborées ; Trop fin pour le tailler à la meule, il convenait tout à fait à la gravure à la pointe de diamant. Ce verre transparent proche du cristal permet aux verriers de travailler sur le raffinement, les ornements ou encore les filigranes, installant plus encore le verre comme un symbole de richesse.

Verre à vin Bohème gravé ,debut XVIIIème.
Verre à vin Bohème gravé ,debut XVIIIème.
Galerie Catherine Daveau-Bitton
(c) Proantic

 

Dès son apparition, le cristal de Bohême entre en concurrence avec le « cristallo » de Murano. Au XVIIIème siècle, l’invention en Bohême du cristal de potasse rendit la taille et la gravure possibles; Caspar Lehmann, orfèvre à Prague utilise alors la technique de gravure des pierres précieuses à la roue pour orner les verres de motifs et de dessins. La stylisation du verre se poursuit. le matériau de base fut encore amélioré à la fin du XVIIIème siècle avec le verre au plomb, plus solide et plus transparent.

Série de 6 verres à boire du XVIIIème siècle.
Série de 6 verres à boire du XVIIIème siècle.
Galerie Catherine Daveau-Bitton (c) Proantic

Le véritable cristal apparaît à Londres en 1676, lorsque George Ravenscroft utilise un mélange de charbon et d’oxyde de plomb. C’est l’occasion pour les Anglais de dominer ce qui deviendra le marché du verre de luxe. Jaloux de ce monopole, Louis XV approuve la fondation d’une verrerie à Baccarat puis de la Verrerie Royale de Saint-Louis, qui donnera naissance au premier cristal français en 1785.

Peu utilisé avant le XVIIIème siècle, il fut dès lors considéré comme un objet de luxe; Il fallut attendre le XIXème siècle  l’industrialisation pour que le verre devienne un objet d’usage courant. Les foyers se fournissent dès lors en coupes, verres ou carafes pour les arts de la table mais aussi pour la conservation d’ingrédients ou la manipulation de produits.

Suite de six verre à vin début XIXème.
Suite de six verre à vin début XIXème.
Galerie Antiquités Guillaume Rullier
(c) Proantic

Un verre à pied se compose de trois parties/ le pied, la jambe et la coupe. Elles sont habilement assemblées par le verrier. les faiblesses de cette structure  sont évidentes: la jambe, qui supporte la coupe et fait le lien avec la base du verre, est à la fois le point le plus sensible et le plus manipulé.

L’origine des verres à pied remonte à l’Affaire des Poisons, cette histoire d’empoisonnements en série à la cour du roi Louis XIV entre 1679 et 1682. A l’issue de cette affaire, les verres à pied furent développés afin d’obliger les domestiques à porter le verre par le pied et donc à ne plus poser les mains sur le verre pour y verser du poison.
Lorsqu’il ne possède pas de pied, un verre est appelé « gobelet ». On dit qu’il a une « forme haute » s’il est plus haut que large, et une « forme basse » s’il est plus large que haut.