Sous le nom « estampages Beurdeley » sont conservées à la bibliothèque des empreintes de panneaux de marqueterie de métal, d’écaille de tortue et de bois précieux, données entre 1890 et 1910 par l’ébéniste Alfred Beurdeley (1847-1919). Elles furent produites entre la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle dans des ateliers d’ébénisterie, probablement à l’occasion de restaurations ou de réparations.
Parmi les 278 feuilles de dimensions diverses composant cet ensemble exceptionnel, 123 ont été identifiées comme reproduisant en partie ou quasiment en intégralité onze meubles prestigieux produits par l’atelier d’André-Charles Boulle, l’ébéniste de Louis XIV. Armoire, cabinets, bureaux, console, commode, la plupart appartiennent désormais à de grandes institutions comme le musée du Louvre, le Victoria & Albert museum ou la Wallace collection à Londres. Cette exposition en présente une sélection.
Ces impressions, effectuées pour conserver un motif et le réutiliser, montrent combien le goût pour la marqueterie Boulle a duré tout le long du XVIIIe et jusqu’au XIXe siècle, et gardent le témoignage de l’état de ces meubles il y a plus de deux cents ans.
Les estampages : définition
Malgré leur nom, les estampages Beurdeley ne sont pas des estampages mais des impressions effectuées à partir de panneaux de marqueterie. Le nom d’estampage a été retenu car ils ont été produits à partir d’objets et non de matrices, à la différence des estampes.
Les relevés ont été faits en appliquant directement une feuille de papier humidifiée sur un panneau de marqueterie de métal démonté, débarrassé de ses bronzes et enduit d’encre. L’impression est ensuite effectuée à l’aide d’un frotton ou d’un rouleau. La finesse du relevé est remarquable et restitue les veines du bois et les moindres gravures et découpes.
Destinés à être copiés, décalqués, ou à servir de poncifs, ils ont été imprimés en plusieurs exemplaires : nous en avons jusqu’à cinq du même élément. Deux estampages sont imprimés en sanguine et quatre autres (répartis entre deux meubles) ont été coloriés en jaune pour rendre visibles les éléments en laiton de la marqueterie.
Les papiers utilisés sont des papiers vergés, certains légèrement bleutés. Tous les filigranes ayant pu être identifiés renvoient à une production entre la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècles. Ils sont la principale source d’information sur la date de réalisation des estampages.
Exposition de la Bibliothèque des Arts décoratifs jusqu’au 30 juillet 2026




