Dans la lignée des grands artistes flamands, la grenade fendue a été un des motifs de prédilection de Jean-Baptiste Olive qu’il a rendue avec une vraie sensualité et la matière granuleuse des graines rouges contraste avec la pulpe blanche du fruit.
Elle représente une nature morte aux grenades éclatées construite dans une pyramide de volumes allant du plan sombre du fond vers le bord de table, avec un point d’attraction fort au centre, les grenades entières et éclatées dont la chair écarlate concentre la lumière et attire le regard en laissant voir leurs grains rouge rubis, une coupe en faïence de Moustier à bords festonnés et décor bleu, et une bouteille de Chianti.

(c) Galerie Marina, Proantic
Jean-Baptiste Olive a développée auprès d’Antoine Vollon son professeur ce gout du clair obscur et ces contrastes violents entre pénombre et éclats colorés donnant à la scène une intensité presque caravagesque, renforcée par un éclairage rasant venu de la gauche qui sculpte fortement les volumes, un fond très sombre, presque monochrome, contre lequel jaillissent les rouges vifs des fruits mûrs, rehaussés de quelques touches blanches pour les reflets sur les peaux lisses.
Un beau témoignage de son talent et de sa formation classique chez Vollon qui nous rappelle que Olive est un artiste complet et pas seulement un peintre de la marine impressionniste pour laquelle il est surtout resté célèbre.
Une oeuvre signée en bas à gauche, bien plus belle en réalité car difficile à prendre en photos.

(c) Galerie Marina, Proantic
Jean-Baptiste Olive est poussé par un ami décorateur, Étienne Cornellier, à s’inscrire à l’École des beaux-arts de Marseille, où il a pour professeur Johanny Rave (1827-1882).
Son travail lui vaut des récompenses chaque année et un premier prix pour la classe du modèle vivant.
Il apprend le métier de décorateur.
Il peint abondamment Marseille, son Vieux-Port, ses îles et ses rivages.
En 1874, il voyage en Italie, à Gênes et Venise.
Il expose de manière ponctuelle aux divers Salons provençaux.
Il est doté d’une profonde humilité quant à son talent et n’a pas ressenti le désir de transmettre son savoir à aucun élève. Cependant, Jean-Baptiste Olive laissa perplexes autant de critiques et de galeristes que d’amis, fascinés par le contraste entre une peinture éblouissante de clarté et un peintre à la personnalité complexe et introvertie.
Il a su se faire une place d’honneur dans la vie et le cœur des personnes rencontrées au cours de sa carrière et de nombreux mécènes l’ont soutenu.

(c) Galerie Marina, Proantic
En 1948, dix ans après sa disparition, le Musée Cantini à Marseille lui consacre l’exposition du centenaire de sa naissance en présentant quatre-vingt-deux œuvres de sa vaste carrière artistique.
Sa présence domine ce courant paysagiste maritime.
Il se liera avec Gustave Marius Jullien (1825-1881), Étienne Cornellier et Antoine Vollon.
Il fréquente Robert Mols et se lie d’amitié avec Raymond Allègre et Théophile Henri Décanis.
À Paris, il participe à la décoration du Cirque d’Hiver, de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre et de quelques pavillons de l’Exposition universelle de 1889.
Dès 1874, il participe au Salon de Paris et obtient plusieurs prix au cours des années suivantes.
Il devient sociétaire du Salon des artistes français en 1881 et reçoit une médaille d’argent à l’Exposition universelle de 1889.
Le général Malesherbes lui achète des toiles.
En 1900, il reçoit la commande de deux toiles pour décorer la Salle dorée du restaurant Le Train bleu de la gare de Lyon à Paris