Dessins du Seicento. L’Italie du XVIIe siècle autour des collections du musée Condé

L’intégralité d’un fonds pour la première fois présenté

Avant d’accueillir en juin les collections de Caroline Murat, reine de Naples, en mars les collections d’arts graphiques du XVIIe siècle, dit en Italie le Seicento, seront exposées pour la première fois, et dans leur intégralité. L’exposition inclura plus de cinquante oeuvres, dont la moitié appartiennent au musée Condé. Elles font la part belle aux grands maîtres, formant un noyau qui résonne avec les grands formats présentés dans la Galerie de Peinture, du Baroche à Guerchin, en passant par le Dominiquin.

Une collection variée

Federico Barocci, étude pour la Déposition de Pérouse, vers 1567 © GrandPalaisRmn-Domaine-de-Chantilly-Rene-Gabriel-Ojeda

La collection présente la plupart du temps une seule œuvre par artiste, dûment sélectionnée pour son importance et son originalité. Elle s’étend du maniérisme tardif au classicisme principalement bolonais et romain, mais présente également quelques rares œuvres des écoles napolitaine et espagnole.

Agostino Carracci, trois études de femmes drapées, vers 1600 © GrandPalaisRMN-Domaine de Chantilly – Sylvie Chan-Liat

Des redécouvertes

Plusieurs dessins acquis comme appartenant aux écoles française ou flamande se sont avérés l’oeuvre d’Italiens influencés par les étrangers séjournant dans la péninsule au XVIIe siècle. Van Dyck a fait place à Giovanni Benedetto Castiglione, Poussin à Giacinto Gimignani ou encore Le Lorrain à Filippo Napoletano.

En outre, l’exposition inclut les oeuvres d’artistes dont le séjour italien ne forme qu’une étape d’une brillante carrière, mais contribue durablement à faire évoluer le style du foyer auquel ils s’attachent temporairement, tels le bourguignon Jacques Courtois ou le florentin Stefano della Bella.

Parmi les milliers de feuilles du duc d’Aumale : de rares et précieuses oeuvres

La collection de dessins italiens du XVIIe siècle dialoguera avec les gravures qui lui sont contemporaines et où l’on retrouve Carrache mais aussi Guido Reni ou Jusepe de Ribera.
Au sein d’un ensemble constitué au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, lorsque la tendance est à la redécouverte et à l’étude des maîtres de la Renaissance et qu’elle se couple à Chantilly d’une volonté d’illustrer par l’art les gloires historiques de l’Ancien Régime, la place réservée au baroque italien dans les collections est évidemment minoritaire.

Le corpus des gravures et dessins italiens du XVIIe siècle est formé de rares exemplaires au sein d’un fonds de plusieurs milliers de feuilles. Cependant, chaque oeuvre se distingue par sa grande qualité, sa rareté et souvent par un historique prestigieux.

Jusepe de Ribera, scène de martyr, vers 1620 © GrandPalaisRMN-Domaine de Chantilly – Sylvie Chan-Liat

Des ensembles reconstitués

Près de la moitié des oeuvres présentées seront empruntées à différentes institutions ou collections privées, afin de reconstituer plusieurs ensembles et d’illustrer de récentes redécouvertes, autour des cycles décoratifs du florentin Bernardino Poccetti ou encore des débuts du romain Giovanni Baglione, grand rival de Caravage.

Chantilly, Musée Condé, jusqu’au14 juin 2026.

Vous aimez aussi