Henry Auguste, Paris 1787-1788,  argent massif, assiette de l’époque Louis XVI
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Réservé

Henry Auguste, Paris 1787-1788, argent massif, assiette de l’époque Louis XVI

Artiste : Henry Auguste

Assiette en argent massif par Henry Auguste, orfèvre du roi — Paris, 1787–1788

Époque Louis XVI
Diamètre : 25,5 cm — Poids : 710 g
Prix : 2 300 €

Assiette circulaire en argent massif réalisée à Paris par Henry Auguste, orfèvre du roi Louis XVI, dans les dernières années de l’Ancien Régime.

Le fond uni, légèrement creux, se prolonge par une aile ample et doucement inclinée. Une bordure de godrons réguliers, encadrée de moulures lisses et de filets concentriques, souligne le pourtour. L’équilibre des proportions et la sobriété du décor caractérisent l’élégance de l’orfèvrerie de table sous Louis XVI. Les reliefs de la bordure contrastent avec les surfaces polies du fond et de l’aile.

Avec un poids de 710 grammes pour un diamètre de 25,5 cm, cette assiette se distingue par une exécution particulièrement soig et raffinée . Elle présente des rayures et des marques d’usage anciennes, notamment dans le fond.

La pièce porte quatre poinçons :

  • Le poinçon de charge de Paris pour les gros ouvrages d’argent : un A couronné, dont les éléments associent une palme et une trompette, utilisé durant la période 1782–1789.
  • Le poinçon de décharge pour l’exportation, en forme d’aiguière, destiné aux ouvrages d’or et d’argent passant à l’étranger.
  • Le poinçon de la communauté des orfèvres de Paris : un P couronné accompagné du millésime 87, mis en service le 11 juillet 1787 et utilisé jusqu’au 12 novembre 1788. Il permet de dater l’assiette de 1787–1788.
  • Le poinçon de maître d’Henry Auguste : les initiales H A, deux palmes en sautoir, une fleur de lys couronnée et les deux grains réglementaires. Ce poinçon fut insculpé le 20 avril 1785, quelques jours après sa réception à la maîtrise.¹ ²

Le poinçon à l’aiguière témoigne d’un contrôle pour l’exportation, rappelant la dimension internationale de la clientèle des grands ateliers parisiens.

Henry Auguste (1759–1816) appartient à l’une des plus importantes familles d’orfèvres français du XVIIIe siècle. Son père, Robert-Joseph Auguste (1723–1805), était déjà orfèvre de Louis XV puis de Louis XVI. Fournisseur de plusieurs cours européennes, il exécuta notamment des commandes pour Catherine II de Russie, George III d’Angleterre, Christian VII de Danemark et les cours du Portugal et de Suède. Henry grandit ainsi dans un atelier placé au premier rang de l’orfèvrerie européenne. (arts-graphiques.louvre.fr⁠)

Formé auprès de son père, il reprend la direction de la maison vers 1784–1785. Reçu maître à Paris le 13 avril 1785, il devient lui-même orfèvre du roi et signe « Auguste fils » les mémoires de ses fournitures à la Couronne. Installé place du Carrousel, il livre de la vaisselle et des objets destinés au souverain et à la famille royale.

L’importance de ces commandes apparaît dans les comptes du Garde-Meuble étudiés par Henry Nocq. Pour les fournitures enregistrées entre 1784 et 1786, celui-ci rapporte que l’argenterie ancienne remise à Auguste en paiement représentait environ 1 900 kilogrammes de métal. Il s’agissait notamment de vaisselle royale du temps de Louis XV et du Régent, livrée à la fonte pour permettre l’exécution de nouveaux ouvrages. Cet épisode révèle à la fois l’ampleur des travaux confiés à l’atelier et la pratique du renouvellement des services royaux selon l’évolution du goût.²

Henry Auguste s’inscrit également dans le milieu artistique parisien par son mariage, célébré le 7 septembre 1782 avec Madeleine-Julie Coustou, issue de la célèbre famille de sculpteurs. Le couple a notamment deux fils, Charles-Louis et Jules-Robert, ce dernier devenant sculpteur puis peintre. Madeleine-Julie meurt en 1795. François Gérard la représente néanmoins auprès de son époux et de leurs enfants dans le portrait familial présenté au Salon de 1798, donnant à cette scène intime une dimension commémorative. (turquin.fr⁠)

La collaboration d’Auguste avec le sculpteur Jean-Guillaume Moitte, qui fournit à l’atelier dessins et modèles, contribue au renouvellement de l’orfèvrerie française. Leurs créations développent un vocabulaire inspiré de l’Antiquité, associant pureté des formes et richesse sculpturale des ornements. Parmi les amateurs de ces ouvrages figure William Beckford, l’un des grands collectionneurs européens de son époque. (metmuseum.org⁠)

Sous le Consulat puis l’Empire, Henry Auguste retrouve des commandes prestigieuses. Récompensé par une médaille d’or à l’Exposition des produits de l’industrie de 1802, il reçoit en 1804 la commande du Grand Vermeil, offert par la Ville de Paris à Napoléon Ier à l’occasion de son sacre. Cet ensemble monumental, comprenant notamment les nefs de l’Empereur et de l’Impératrice, est exécuté en deux mois par cent cinquante ouvriers et remis officiellement aux souverains le 16 décembre 1804. Des pièces subsistantes sont aujourd’hui conservées au château de Fontainebleau. (christies.com⁠, collection.mobilier-national.fr⁠)

Cette consécration impériale est toutefois brève. Confronté à de lourdes difficultés financières, Auguste dépose son bilan en 1806. En 1809, sa tentative de départ pour l’Angleterre avec son stock et ses biens conduit à une procédure de banqueroute frauduleuse. Il finit sa vie dans les Caraïbes et meurt à Port-au-Prince en 1816. (christies.com⁠)

Plusieurs passages en vente témoignent du rang de son œuvre. La célèbre aiguière en or Beckford-Béhague, exécutée en 1790 et aujourd’hui conservée au Metropolitan Museum of Art de New York, fut présentée chez Christie’s à Paris le 4 novembre 2015, avec une estimation de 1 200 000 à 1 800 000 €. Elle constitue l’un des témoignages les plus remarquables de son travail de l’or. (alaintruong.com⁠, metmuseum.org⁠)

Un ensemble de six flambeaux en argent de 1787, provenant de la collection Perenchio, a obtenu 106 250 dollars chez Christie’s à New York en octobre 2020. Plus récemment, une soupière en argent de 1789 a atteint le prix publié de 43 750 € chez Senequier-Crozet à Grenoble, le 25 novembre 2025. Ces pièces illustrent la diversité d’une production recherchée pour son auteur, sa qualité et son importance dans l’histoire des arts décoratifs. (christies.com⁠, senequiercrozet.fr⁠)

Les œuvres d’Henry Auguste de la période de l’Ancien Régime sont aujourd’hui particulièrement rares sur le marché. Leur conservation doit être replacée dans l’histoire des fontes successives de l’argenterie : renouvellements des services sous la monarchie, besoins financiers, puis bouleversements révolutionnaires. Dès septembre 1789, l’envoi à la Monnaie de l’argenterie du roi et de la reine est annoncé à l’Assemblée nationale. Une part considérable de cette production a ainsi disparu. (persee.fr⁠)

La présente assiette conserve le témoignage d’un grand atelier parisien au service de Louis XVI, à un moment où Henry Auguste venait de succéder à son père et occupait déjà une place éminente parmi les orfèvres de la capitale.

¹ Michèle Bimbenet-Privat et Gabriel de Fontaines, La datation de l’orfèvrerie parisienne sous l’Ancien Régime : poinçons de jurande et poinçons de la Marque, 1507–1792, Paris, Paris-Musées, 1995, nos 520, 527 et 538.

² Henry Nocq, Le Poinçon de Paris, tome I, Paris, H. Floury, 1926, notice « Auguste (Henry) », p. 33–35.



2 350 €

Epoque : 18ème siècle

Style : Louis XVI - Directoire

Etat : Très bon état

Matière : Argent massif

Diamètre : 25,5 cm

Référence (ID) : 1843477

Disponibilité : En stock

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Essene-kerkplein 5b
Affligem 1790, Belgique

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Ian Panné
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