XIXe siècle, Portrait de Giuseppe Garibaldi à Caprera
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XIXe siècle, Portrait de Giuseppe Garibaldi à Caprera

XIXe siècle

Portrait de Giuseppe Garibaldi à Caprera

Huile sur toile, cm 104 x 78

Avec cadre, cm 115,5 x 90

Giuseppe Garibaldi, au visage marqué par le temps domine la composition, portrait en demi-buste avec la main gauche appuyée sur le côté et la droite fermement sur l’écharpe du sabre d’ordonnance, dans une pose que tout observateur du XIXe siècle aurait immédiatement reconnu. La chemise rouge, devenue l’emblème même de sa figure, capture la lumière avec des plis souples et larges. La barbe épaisse et bréculée, encadrée de rides profondes autour des yeux, restitue l’image d’un homme non plus jeune, marqué par les années et les batailles, et suggère une datation de l’œuvre situable entre la fin des années 1960 et le début des années 1990, peut-être exécutée peu après sa mort, en 1882, dans un but commémoratif. Derrière lui s’ouvre un coin de terrasse donnant sur la mer au coucher du soleil, avec des cieux rosés qui se fondent dans un horizon marin tranquille, image qui évoque le retrait du héros à Caprera, l’île choisie comme refuge dans les dernières années de sa vie. Garibaldi en avait acheté une partie en 1855, l’élisant comme sa résidence permanente malgré plusieurs départs pour les campagnes militaires et politiques, jusqu’à sa mort survenue le 2 juin 1882. C’est précisément au cours des longues périodes d’isolement de Caperes, et en particulier après la défaite de Mentana en 1867, que le héros se consacre avec une plus grande continuité à l’écriture : il reprend et élargit ses Mémoires autobiographiques, déjà entamées des années auparavant lors du second exil sud-américain, et il y a ajouté des romans d’inspiration patriotique et populaire comme Clelia : le gouvernement du moine et Cantoni le volontaire, ainsi que des textes de nature plus intime et politique, dont le célèbre testament dans lequel il exprimait ses dernières volontés. Sur la droite, une cinquième muraille sombre crée un contraste prononcé, qui isole la figure et accentue sa monumentalité, séparant l’espace intime du portrait du paysage lumineux qui s’ouvre de l’autre côté de la toile.

Cette approche n’est pas née d’une invention originale du peintre, mais elle dérive directement d’un prototype photographique devenu célèbre dans toute l’Europe : la photo réalisée par Gustave Le Gray en 1860 à Palerme, au lendemain de l’entreprise des Mille. Cette photographie, avec la chemise rouge, le sabre et la position des mains, fixe pour toujours l’image publique de Garibaldi, en la transformant en un modèle iconographique reproduit inlassablement pendant des décennies. Entre 1860 et 1890, l’Italie connut une véritable floraison de portraits garibaldiens, alimentée par l’énorme popularité du condottiere auprès du public bourgeois et populaire. Des sociétés de secours mutuel, des municipalités, des cercles démocratiques et des collectionneurs privés ont commandé en grand nombre des peintures célébrant le héros des deux mondes, souvent en s’appuyant sur des peintres de formation académique, actifs au niveau local, capables de conjuguer l’officialité de la pose photographique avec des solutions picturales personnelles. La mer de Caprera, les paysages des batailles du Risorgimento, les cieux au coucher du soleil chargés de signification symbolique devinrent des fonds récurrents, capables de transformer un simple portrait en un petit récit visuel de la parabole existentielle du héros, de la gloire militaire à la retraite contemplative. Dans ce contexte, il faut également lire l’œuvre présentée ici : un exemple, parmi les nombreux produits de cette époque, de la capacité extraordinaire d’une image photographique à générer une ligne picturale entière, capable de traverser des décennies en conservant intacte sa force évocatrice et sa valeur identitaire pour l’Italie unie.
6 000 €

Epoque : 19ème siècle

Style : Autre style

Etat : Bon état

Matière : Huile sur toile

Largeur : 78

Hauteur : 104

Référence (ID) : 1819568

Disponibilité : En stock

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