JEAN-PIERRE-FRÉDÉRIC BARROIS (1786-1880)  PORTRAIT D’UN COLONEL DE LA GARDE NATIONALE DE PARIS
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JEAN-PIERRE-FRÉDÉRIC BARROIS (1786-1880) PORTRAIT D’UN COLONEL DE LA GARDE NATIONALE DE PARIS

Portrait présumé d’Antoine-Geneviève-Amédée, marquis de Fraguier (1775-1840)
Signé et daté 1824.

Portrait d’un officier supérieur français représenté en buste, légèrement tourné vers la gauche, vêtu d’un habit bleu très foncé à haut collet écarlate et passepoils de même couleur.

L’œuvre est signée « Barrois » et datée 1824 sur la face, permettant de la rattacher avec certitude à Jean-Pierre-Frédéric Barrois (1786-1880), peintre et miniaturiste français particulièrement actif dans le domaine du portrait sous la Restauration.

Le modèle est représenté les cheveux bruns coiffés avec une raie latérale, le visage encadré de fins favoris. Le traitement particulièrement individualisé de la physionomie, au visage allongé, au nez droit et aux grands yeux sombres, contraste avec la sobriété du fond brun-noir.

Son uniforme se caractérise par un habit bleu sombre fermé droit, un haut collet écarlate, de fins passepoils rouges et deux importantes épaulettes en passementerie d’or à fortes torsades, caractéristiques d’un officier supérieur et compatibles avec le grade de colonel.

Les décorations:
Deux décorations sont portées sur la poitrine.

La première, suspendue à un ruban rouge et surmontée de la couronne royale, est identifiable comme la Légion d’honneur dans son modèle de la Restauration.

La seconde est particulièrement intéressante pour l’identification du modèle. Elle présente une étoile blanche à cinq branches, pointe en bas, surmontée d’une fleur de lys elle-même reliée à une couronne royale.

Cette morphologie correspond très précisément à la Décoration de la Fidélité, créée par ordonnance de Louis XVIII le 5 février 1816 et spécialement réservée à la Garde nationale de Paris.

L’insigne était constitué d’une étoile à cinq branches pommetées émaillées de blanc, portant au centre l’effigie de Louis XVIII et la devise Fidélité – Dévouement. Une fleur de lys reliait l’étoile à une couronne royale. Il était suspendu à un ruban composé de trois bandes bleu roi, blanche et bleu roi.

L’identification de cette décoration permet ainsi de rattacher avec une forte probabilité le modèle à la Garde nationale de Paris.

Une identification possible : le marquis de Fraguier

Le grade du personnage, ses décorations et la date de 1824 permettent d’envisager un rapprochement avec Antoine-Geneviève-Amédée, marquis de Fraguier (1775-1840).

Né à Paris le 23 juillet 1775, Fraguier fut d’abord officier supérieur des Gardes du corps du roi avant de devenir colonel de la Garde nationale de Paris sous la Restauration.

Il est documenté dès 1816 comme chef de la VIᵉ légion de la Garde nationale parisienne, précisément au moment de la création et de la distribution de la Décoration de la Fidélité.

Il était par ailleurs officier de la Légion d’honneur depuis le 9 août 1814 et chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis.

Élu député de Seine-et-Oise en 1821, il fut réélu le 25 février 1824, année même de l’exécution du présent portrait. Il était alors toujours colonel et ne fut promu maréchal de camp que le 23 mai 1825.

La réunion, en 1824, du grade de colonel, de l’appartenance à la Garde nationale de Paris et du grade d’officier de la Légion d’honneur rend ce rapprochement particulièrement intéressant.

L’identité du modèle ne peut toutefois être considérée comme définitivement établie en l’absence d’une inscription nominative ou d’un portrait de comparaison formellement identifié. Le tableau sera donc présenté comme portrait présumé d’Antoine-Geneviève-Amédée, marquis de Fraguier.

Jean-Pierre-Frédéric Barrois
Jean-Pierre-Frédéric Barrois (1786-1880) fut peintre et miniaturiste, spécialisé notamment dans le portrait. Son œuvre, longtemps imparfaitement documentée, a récemment fait l’objet de nouvelles recherches permettant de préciser sa carrière et de rétablir notamment sa véritable date de décès.

Barrois participa régulièrement aux Salons parisiens durant la première moitié du XIXᵉ siècle. Il est précisément documenté au Salon de 1824, année de réalisation du présent tableau.

Son corpus comprend plusieurs portraits militaires, dont celui d’un officier britannique de l’armée d’occupation peint à Paris en 1816.

Un autre portrait à l’huile signé et daté 1824, représentant une dame et aujourd’hui conservé en collection particulière, mesure 65 × 54 cm. Ces dimensions sont particulièrement proches de celles du présent tableau, qui mesure 63,5 × 53 cm à vue.

Le présent portrait ne semble pas apparaître dans le corpus actuellement publié de Jean-Pierre-Frédéric Barrois et constitue ainsi un intéressant témoignage supplémentaire de son activité de portraitiste sous la Restauration.
Cadre
Le tableau est présenté dans un beau cadre du XXᵉ siècle en bois et stuc doré, de style Empire-Restauration, monté à clés.
De belle qualité d’exécution, son décor moulé en bas relief reprend fidèlement le répertoire ornemental des cadres du premier tiers du XIXᵉ siècle et accompagne harmonieusement le caractère et la date du portrait.

État de conservation:
Le tableau a fait l’objet d’une restauration il y a une trentaine d’années.
La toile originale a été rentoilée à cette occasion afin d’en assurer la consolidation et la conservation. Le châssis a également été remplacé.
La couche picturale présente quelques repeints, principalement liés à cette intervention, ainsi qu’un réseau de craquelures et les marques d’usage compatibles avec une œuvre peinte en 1824.

Bon état de conservation général.
À vue : H. 63,5 × L. 53 cm
Au cadre : H. 80 × L. 69,5 cm
1 400 €

Epoque : 19ème siècle

Style : Louis Philippe-Restauration-Charles X

Etat : Etat d'usage

Matière : Huile sur toile

Référence (ID) : 1813350

Disponibilité : En stock

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3 grande rue
La Chapelle-sur-Oreuse 89260, France

06 64 02 14 84

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