Atelier de David Teniers le Jeune (1610–1690). Le Mauvais Riche conduit en enfer.
Huile sur toile, anciennement rentoilée de 49 × 65cm
Cadre ancien de 84 cm par 70 cm
(Les points et traits blancs observés sur les photossont dûs à la prise de vue)
Notre tableau est une réplique d’atelier avecvariantes du tableau peint par le Maître, conservé à la National Gallery,Londres.Une autre version ancienne de la composition estconservée au Palais des Beaux-Arts de Lille.
Dans l'obscurité d'une vaste caverne infernale, leMauvais Riche apparaît au centre de la composition, entouré d'une foule decréatures démoniaques et grotesques. Vêtu d'une longue robe bordée de fourrure,la barbe blanche et les mains levées dans un geste mêlant effroi etstupéfaction, il découvre le sort qui l'attend aux enfers. Autour de lui se déploie un monde fantastiquecaractéristique des scènes de tentation et de sorcellerie de David Teniers leJeune. À sa gauche, un démon ailé au corps humain et au visage grimaçant semblel'accueillir, tandis qu'au premier plan plusieurs figures monstrueuses selivrent à une musique burlesque : l'une joue du luth, une autre d'un instrumentà vent. À droite, une imposante créature au museau démesuré accompagne unmusicien coiffé d'un étrange couvre-chef. Dans les profondeurs de la grotte émergentencore de l'ombre démons, animaux fantastiques et silhouettes inquiétantes,tandis qu'une torche éclaire la paroi rocheuse sur la gauche. La scène illustre la parabole évangélique du MauvaisRiche et de Lazare (Luc, 16, 19-31). Après avoir vécu dans l'opulence sanssecourir le pauvre Lazare qui gisait à sa porte, le riche meurt et se retrouvetourmenté aux enfers. Teniers transpose ici le récit biblique dans un universfantastique peuplé de monstres, héritier de la tradition flamande de JérômeBosch et de Pieter Bruegel l'Ancien. La gravité du thème est ainsi mêlée à uneveine satirique et grotesque : les démons musiciens semblent accueillir ledamné dans une parodie de fête, accentuant le caractère à la fois inquiétant etthéâtral de son arrivée aux enfers. Notre tableau reprend étroitement la célèbrecomposition de David Teniers le Jeune conservée à la National Gallery deLondres, peinte vers 1647. La disposition du Mauvais Riche et des principalesfigures démoniaques est fidèlement conservée, dans un cadrage légèrement plusresserré.
L’atelier de David Teniers le Jeune
Figure majeure de la peinture flamande du XVIIᵉsiècle, David Teniers le Jeune (Anvers, 1610 – Bruxelles, 1690) connaîtune carrière particulièrement brillante. Reçu maître à la guilde de Saint-Lucd’Anvers en 1632-1633, il développe une production abondante comprenant scènesde genre, intérieurs de tavernes, paysages, sujets religieux ainsi que desévocations de sorciers, de tentations et d’enfers peuplées de créaturesfantastiques, qui contribuent largement à sa renommée.Le succès considérable rencontré par sescompositions entraîne naturellement l’organisation d’un atelier capable d’enassurer la diffusion. Autour du maître sont produites des répétitions etdes variantes des modèles les plus recherchés par les collectionneurs. Cettepratique, courante dans les grands ateliers flamands du XVIIᵉ siècle, expliquel’existence de plusieurs versions anciennes d’une même composition, parfoistrès proches par leurs dimensions et leur ordonnance générale.Le fonctionnement de l’atelier de Teniers s’inscritégalement dans le contexte exceptionnel de sa carrière. Après sa périodeanversoise, le peintre s’établit à Bruxelles et devient, en 1651, peintre decour de l’archiduc Léopold-Guillaume, gouverneur des Pays-Bas espagnols. Chargéde la conservation de l’importante collection de peintures de l’archiduc,Teniers occupe une place centrale dans un milieu artistique et commercialparticulièrement actif. Son atelier participe à cette intense activité, notammentpar l’exécution de répétitions, de variantes et de réductions de compositionsappréciées des amateurs.Dans les œuvres issues de son atelier, lescompositions du maître sont parfois reprises avec une remarquable fidélité,jusque dans les figures secondaires et les détails anecdotiques. L’interventiondes collaborateurs se manifeste cependant souvent par une exécution moinsnerveuse et moins subtile que celle de Teniers lui-même : modelés plus appuyés,physionomies plus sommaires, transitions lumineuses moins délicates outraitement simplifié des personnages secondaires. Certaines répétitionsprésentent néanmoins une qualité élevée et une connaissance suffisamment intimedes modèles pour que leur distinction avec les œuvres autographes nécessiteparfois un examen technique approfondi.Les scènes infernales et de tentation constituentun domaine particulièrement propice à ces reprises. Teniers y prolonge unetradition fantastique profondément enracinée dans la peinture des anciensPays-Bas, héritière notamment de Jérôme Bosch et de Pieter Bruegel l’Ancien.Grottes obscures, sorciers, démons hybrides, animaux monstrueux et musiciensgrotesques lui permettent de conjuguer l’imaginaire infernal avec le goût del’observation et de l’anecdote qui caractérise son art. Ces compositionsrencontrent un succès important et donnent lieu à différentes versions etcopies anciennes.C’est dans ce contexte que s’inscrit notre MauvaisRiche conduit en enfer. La toile reprend avec une grande fidélité lacomposition de David Teniers le Jeune conservée à la National Gallery deLondres et datée vers 1647. La disposition des principaux personnages ainsi quela présence de nombreux motifs secondaires témoignent d’une connaissanceprécise du modèle. L’existence d’autres répétitions anciennes de cettecomposition, notamment celle conservée au Palais des Beaux-Arts de Lille,atteste par ailleurs de la fortune rencontrée par cette invention.
Epoque : 17ème siècle
Style : Louis XIV - Régence
Etat : Très bon état
Matière : Huile sur toile
Longueur : 49 cm, 84 cm avec le cadre
Largeur : 65 cm, 70 cm avec le cadre
Référence (ID) : 1810188
Disponibilité : En stock




































