Paris 1769, chocolatière égoïste, Guillaume Pigeron, argent massif
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Paris 1769, chocolatière égoïste, Guillaume Pigeron, argent massif

Artiste : Guillaume Pigeron

Charmante et rare petite chocolatière égoïste en argent massif, réalisée à Paris en 1769, sous le règne de Louis XV, par le maître orfèvre Guillaume Pigeron.

Par ses dimensions réduites, elle était destinée à la préparation et au service du chocolat pour une seule personne. Ces petites chocolatières individuelles, beaucoup moins courantes que les grands modèles de service, constituent un témoignage particulièrement séduisant du raffinement de la table et du goût pour le chocolat dans la société française du XVIIIᵉ siècle.

De forme balustre légèrement piriforme, la chocolatière repose sur trois pieds cambrés. Son corps en argent uni est souligné de moulures discrètes et muni d’un bec verseur. L’élégante anse latérale en ébène noir tourné permettait de saisir le récipient sans se brûler.

Le couvercle bombé conserve son petit volet articulé destiné au passage du moussoir, caractéristique essentielle de la chocolatière : une fois introduit dans le récipient, celui-ci permettait de fouetter le chocolat chaud afin d’en obtenir la consistance mousseuse particulièrement appréciée au XVIIIᵉ siècle. Ce petit clapet a fait l’objet d’une ancienne réparation et a été riveté pour l'immobiliser , intervention probablement très ancienne et possiblement déjà du XVIIIᵉ siècle.

La panse est ornée de belles armoiries d’alliance, réunissant deux écus sous une couronne nobiliaire et accompagnés de tenants. Elles portent la devise « DEO SOLI », que l’on peut traduire par « À Dieu seul ». Malgré nos recherches, les deux familles réunies par ces armoiries n’ont pu être identifiées avec certitude.

La chocolatière porte les poinçons réglementaires de l’orfèvrerie parisienne : poinçons de charge et de décharge de Paris pour 1768-1774 ainsi que la lettre de jurande F couronnée pour l’année 1769-1770. Plusieurs de ces poinçons, frappés sur le fond de la chocolatière, sont aujourd’hui très fortement usés et presque entièrement effacés, conséquence vraisemblable des nettoyages et polissages successifs au cours de ses plus de deux siècles et demi d’existence. Dans le couvercle ils sont parfaitement lisibles.

Le poinçon de maître, également usé mais identifiable, correspond à celui de Guillaume Pigeron : les initiales G et P séparées par un pigeon, sous une fleur de lys couronnée. Pigeron fut reçu maître orfèvre à Paris en 1762. Les sources anciennes le signalent comme orfèvre aux Gobelins et indiquent qu’il était décédé avant 1776. Son activité connue se situe ainsi essentiellement dans les années 1760 et la première moitié des années 1770. Plusieurs pièces d’orfèvrerie de sa main sont aujourd’hui répertoriées, parmi lesquelles d’autres chocolatières ; un modèle tripode de Pigeron portant précisément la lettre-date de 1769 est notamment documenté.

La pièce se présente dans un bon état de conservation compte tenu de son âge, avec quelques traces de très anciennes réparations et d’usage qui ont été volontairement conservées et font partie de son histoire.

Par ses proportions presque miniatures, son manche d’ébène, ses armoiries, son système de moussoir et sa datation particulièrement précise, cette petite chocolatière constitue une ravissante évocation de l’art de vivre parisien et du rituel aristocratique du chocolat à la fin du règne de Louis XV.


875 €

Epoque : 18ème siècle

Style : Louis XV - Transition

Etat : Etat d'usage

Matière : Argent massif

Diamètre : 6 cm

Hauteur : 13,5 cm

Référence (ID) : 1808416

Disponibilité : En stock

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Affligem 1790, Belgique

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Ian Panné
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