Suite de quatre chaises de salon estampillées Louis-Madeleine Pluvinet. Époque Louis XVI.
Suite de quatre chaises de salon en hêtre mouluré, sculpté et peint, portant chacune l’estampille L. M. PLUVINET, frappée sous la traverse antérieure de l’assise.
Reçu maître menuisier à Paris le 19 avril 1775, Louis-Madeleine Pluvinet appartient à un milieu familial étroitement lié à la menuiserie en sièges. Fils de Philippe-Joseph Pluvinet et de Marie-Marguerite Godot, elle-même issue d’une famille de menuisiers, il épouse en 1775 Marie-Louise Meunier, appartenant à une autre dynastie de menuisiers parisiens. Après la disparition de Pluvinet, celle-ci se remarie en 1784 avec Jean-Baptiste-Claude Sené. Ces alliances replacent son activité au sein d’un réseau professionnel particulièrement dense, où se croisent les familles Pluvinet, Godot, Meunier et Sené.
La présente suite se distingue par un modèle peu commun, dont l’intérêt réside notamment dans l’architecture sobre et rigoureuse du dossier. Rectangulaire, à la reine et légèrement incliné, celui-ci est encadré de montants moulurés. Sa traverse supérieure, parfaitement rectiligne, forme en son centre un ressaut nettement marqué, conçu à la manière d’un petit entablement à avant-corps.
Ce couronnement est sculpté d’une frise de piastres, disposée symétriquement de part et d’autre d’une rosace centrale. La composition évoque ainsi le vocabulaire des entablements de l’architecture antique, transposé à l’échelle du siège.
Ce dessin participe pleinement au renouvellement du répertoire décoratif qui accompagne l’essor du néoclassicisme à Paris dans les années 1760-1770. Les recueils d’ornements de Jean-François de Neufforge, Jean-Charles Delafosse et de leurs contemporains diffusent alors des modèles dans lesquels lignes orthogonales, ressauts, frises, rosaces et références à l’architecture antique occupent une place prépondérante. Sans reproduire une planche précisément identifiée, les présentes chaises appartiennent clairement à ce même langage formel, que les menuisiers adaptent et recomposent pour créer leurs propres modèles.
La ceinture, droite et moulurée, repose sur quatre pieds fuselés et cannelés. Le décor des dés de raccordement est soigneusement hiérarchisé : les dés antérieurs présentent, tant en façade que sur leurs faces latérales, des rosaces sculptées inscrites dans des réserves carrées. Aux pieds postérieurs, les faces latérales reprennent ce décor de rosace, tandis que les faces arrière, moins exposées au regard, sont plus sobrement ornées d’un disque inscrit dans le carré du dé. Les pieds se terminent par une petite mouluration tournée.
Les proportions constituent une autre particularité du modèle. Avec une assise située à 39 cm du sol et une traverse antérieure à seulement 30 cm, ces chaises présentent une assise sensiblement plus basse que celle d’une chaise ordinaire. Plutôt que de leur attribuer la dénomination parfois imprécise de chauffeuses, nous préférons les présenter comme des chaises de salon à assise basse, appellation qui rend compte de leurs proportions sans présumer d’un usage spécifique.
Les quatre estampilles L. M. PLUVINET sont présentes au même emplacement, sous les traverses antérieures. Elles présentent une usure naturelle, variable d’un siège à l’autre, cohérente avec les manipulations et les interventions successives sur les garnitures. La présence de l’estampille sur chacun des quatre bâtis confirme l’homogénéité de cette suite.
Louis-Madeleine Pluvinet est par ailleurs mentionné dans les archives comme « marchand menuisier ». Cette qualification rappelle que l’activité d’un maître parisien pouvait associer fabrication et commerce. Dans un environnement familial et professionnel aussi étroitement lié, elle invite également à considérer l’estampille comme la marque du maître sous le nom duquel l’ouvrage était produit ou commercialisé, sans qu’elle permette nécessairement d’identifier chacune des mains intervenues dans son exécution. Le corpus connu sous l’estampille de Pluvinet témoigne d’ailleurs d’une grande diversité de modèles : chaises, fauteuils, bergères, canapés, sièges de bureau, lits ou encore consoles.
Les quatre chaises conservent leur peinture ancienne, avec usures, frottements et petits accidents cohérents avec leur âge. Les bâtis en hêtre présentent une construction traditionnelle à tenons et mortaises chevillés. Les garnitures anciennes ont été conservées et récemment recouvertes d’un tissu Luciano Marcato, distribué par la maison Casal. Les dossiers sont garnis au revers d’un tissu à carreaux verts.
Dimensions :
Hauteur totale : 86 cm
Hauteur d’assise : 39 cm
Hauteur de la traverse antérieure : 30 cm
Largeur : 49,5 cm
Profondeur : 49 cm
Reçu maître menuisier à Paris le 19 avril 1775, Louis-Madeleine Pluvinet appartient à un milieu familial étroitement lié à la menuiserie en sièges. Fils de Philippe-Joseph Pluvinet et de Marie-Marguerite Godot, elle-même issue d’une famille de menuisiers, il épouse en 1775 Marie-Louise Meunier, appartenant à une autre dynastie de menuisiers parisiens. Après la disparition de Pluvinet, celle-ci se remarie en 1784 avec Jean-Baptiste-Claude Sené. Ces alliances replacent son activité au sein d’un réseau professionnel particulièrement dense, où se croisent les familles Pluvinet, Godot, Meunier et Sené.
La présente suite se distingue par un modèle peu commun, dont l’intérêt réside notamment dans l’architecture sobre et rigoureuse du dossier. Rectangulaire, à la reine et légèrement incliné, celui-ci est encadré de montants moulurés. Sa traverse supérieure, parfaitement rectiligne, forme en son centre un ressaut nettement marqué, conçu à la manière d’un petit entablement à avant-corps.
Ce couronnement est sculpté d’une frise de piastres, disposée symétriquement de part et d’autre d’une rosace centrale. La composition évoque ainsi le vocabulaire des entablements de l’architecture antique, transposé à l’échelle du siège.
Ce dessin participe pleinement au renouvellement du répertoire décoratif qui accompagne l’essor du néoclassicisme à Paris dans les années 1760-1770. Les recueils d’ornements de Jean-François de Neufforge, Jean-Charles Delafosse et de leurs contemporains diffusent alors des modèles dans lesquels lignes orthogonales, ressauts, frises, rosaces et références à l’architecture antique occupent une place prépondérante. Sans reproduire une planche précisément identifiée, les présentes chaises appartiennent clairement à ce même langage formel, que les menuisiers adaptent et recomposent pour créer leurs propres modèles.
La ceinture, droite et moulurée, repose sur quatre pieds fuselés et cannelés. Le décor des dés de raccordement est soigneusement hiérarchisé : les dés antérieurs présentent, tant en façade que sur leurs faces latérales, des rosaces sculptées inscrites dans des réserves carrées. Aux pieds postérieurs, les faces latérales reprennent ce décor de rosace, tandis que les faces arrière, moins exposées au regard, sont plus sobrement ornées d’un disque inscrit dans le carré du dé. Les pieds se terminent par une petite mouluration tournée.
Les proportions constituent une autre particularité du modèle. Avec une assise située à 39 cm du sol et une traverse antérieure à seulement 30 cm, ces chaises présentent une assise sensiblement plus basse que celle d’une chaise ordinaire. Plutôt que de leur attribuer la dénomination parfois imprécise de chauffeuses, nous préférons les présenter comme des chaises de salon à assise basse, appellation qui rend compte de leurs proportions sans présumer d’un usage spécifique.
Les quatre estampilles L. M. PLUVINET sont présentes au même emplacement, sous les traverses antérieures. Elles présentent une usure naturelle, variable d’un siège à l’autre, cohérente avec les manipulations et les interventions successives sur les garnitures. La présence de l’estampille sur chacun des quatre bâtis confirme l’homogénéité de cette suite.
Louis-Madeleine Pluvinet est par ailleurs mentionné dans les archives comme « marchand menuisier ». Cette qualification rappelle que l’activité d’un maître parisien pouvait associer fabrication et commerce. Dans un environnement familial et professionnel aussi étroitement lié, elle invite également à considérer l’estampille comme la marque du maître sous le nom duquel l’ouvrage était produit ou commercialisé, sans qu’elle permette nécessairement d’identifier chacune des mains intervenues dans son exécution. Le corpus connu sous l’estampille de Pluvinet témoigne d’ailleurs d’une grande diversité de modèles : chaises, fauteuils, bergères, canapés, sièges de bureau, lits ou encore consoles.
Les quatre chaises conservent leur peinture ancienne, avec usures, frottements et petits accidents cohérents avec leur âge. Les bâtis en hêtre présentent une construction traditionnelle à tenons et mortaises chevillés. Les garnitures anciennes ont été conservées et récemment recouvertes d’un tissu Luciano Marcato, distribué par la maison Casal. Les dossiers sont garnis au revers d’un tissu à carreaux verts.
Dimensions :
Hauteur totale : 86 cm
Hauteur d’assise : 39 cm
Hauteur de la traverse antérieure : 30 cm
Largeur : 49,5 cm
Profondeur : 49 cm
3 200 €
Epoque : 18ème siècle
Style : Louis XVI - Directoire
Etat : Bon état
Matière : Bois peint
Référence (ID) : 1806790
Disponibilité : En stock
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