Oslo 1715 , timbale en argent massif , Michel Michelsen Rømer , Christiania
Rare timbale en argent massif, Christiania (Oslo), 1715, parMichel Michelsen Rømer (1682-1739), maître orfèvre.
Rare et importante timbale cylindrique en argent massif, réalisée à Christiania, aujourd’hui Oslo, en 1715, par le maître orfèvre Michel Michelsen Rømer. Son fond porte le poinçon de maître MM sur R, disposé dans un cartouche polylobé, poinçon aujourd’hui identifié avec certitude grâce aux collections publiques scandinaves.
Pesant environ 157 grammes, cette timbale est particulièrement lourde pour son époque. Son poids représente près de trois fois celui d’une timbale comparable conservée au Nationalmuseum de Stockholm, témoignant d’une commande de qualité exceptionnelle.
Le corps, de forme cylindrique légèrement évasée, est entièrement recouvert d’un riche décor baroque exécuté au repoussé, puis repris à la ciselure. De puissants rinceaux d’acanthe, des palmettes et des fleurons se détachent en fort relief sur des fonds finement amatis. L’ensemble révèle une remarquable maîtrise technique et un sens très affirmé du modelé, rarement rencontré sur les timbales scandinaves de cette période.
Au centre de la composition figure un grand cartouche gravé des initiales de son premier propriétaire ainsi que de la date 1715, contemporaine de la fabrication. L’intérieur conserve parfaitement les contreparties du travail au repoussé, attestant que le décor a été façonné directement dans la feuille d’argent avant d’être entièrement repris à la ciselure.
Par ses dimensions généreuses, son poids inhabituel, la qualité de son décor et son excellent état de conservation, cette timbale constitue l’un des plus beaux exemples actuellement connus de la production civile de Michel Michelsen Rømer.
Né en 1682, Michel Michelsen Rømer fut l’un des principaux orfèvres actifs à Christiania durant la première moitié du XVIIIᵉ siècle. Reçu maître vers 1707, il y exerça jusqu’à son décès en 1739.
Son œuvre est aujourd’hui conservée dans plusieurs institutions scandinaves, notamment au Nasjonalmuseet d’Oslo, qui possède une remarquable chocolatière datée de 1734, ainsi qu’au Nationalmuseum de Stockholm, où est conservée une timbale portant le même poinçon de maître. Un calice daté de 1718, conservé dans l’église de Lunder, porte également son poinçon MM/R, confirmant l’identification de cette pièce.
Le vocabulaire décoratif de cette timbale, caractérisé par de grands rinceaux profondément modelés, trouve d’étroits parallèles avec les autres œuvres connues de l’orfèvre et témoigne de l’existence d’un véritable style d’atelier.
L’histoire de cette famille dépasse largement les frontières de la Norvège.
Le fils de Michel Michelsen Rømer, Emick Romer (1724-vers 1799), quitta Christiania pour s’établir à Londres, où il devint l’un des orfèvres les plus réputés de la seconde moitié du XVIIIᵉ siècle. Installé à High Holborn, il travailla notamment pour la prestigieuse maison Parker & Wakelin, fournisseur de la Cour britannique et de la haute aristocratie. Ses boîtes à thé, surtouts de table, flambeaux et pièces de service figurent aujourd’hui dans de nombreuses collections et apparaissent régulièrement sur le marché international. À la fin de sa vie, il retourna en Norvège et s’établit à Halden.
Cette timbale représente ainsi l’origine d’une véritable dynastie d’orfèvres dont la renommée s’étendit de la Norvège jusqu’à Londres.
Christiania en 1715
Lorsque cette timbale fut réalisée, la ville ne portait pas encore le nom d’Oslo mais celui de Christiania, donné par le roi Christian IV de Danemark et de Norvège après le grand incendie de 1624. La ville avait alors été reconstruite selon un plan régulier en damier au pied de la forteresse d’Akershus.
Au début du XVIIIᵉ siècle, Christiania ne comptait qu’environ 10 000 habitants. Elle était certes la principale ville de Norvège, mais demeurait une capitale modeste où le nombre d’orfèvres restait très limité. La production d’orfèvrerie y était sans commune mesure avec celle des grandes capitales comme Copenhague,Stockholm, Amsterdam ou Paris.
Posséder aujourd’hui une œuvre datée de 1715, signée par l’un des principaux maîtres de cette petite capitale scandinave, constitue donc un témoignage particulièrement rare de l’orfèvrerie norvégienne du début du XVIIIᵉ siècle.
Bibliographie:
- Nasjonalmuseet, Oslo, collections en ligne.
- Norges Kirker, notice de l’église de Lunder (calice de 1718 signé Michel Michelsen Rømer).
- Nationalmuseum, Stockholm, collections en ligne.
- DigitaltMuseum, Oslo.
Epoque : 18ème siècle
Style : Louis XIV - Régence
Etat : Très bon état
Matière : Argent massif
Diamètre : 9 cm
Hauteur : 8,5 cm
Référence (ID) : 1803823
Disponibilité : En stock






































