Grande console d'applique d'époque Louis XV en chêne sculpté.
Grande console d'applique d'époque Louis XV en chêne sculpté.  -photo-2
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Grande console d'applique d'époque Louis XV en chêne sculpté.

Le milieu du XVIIIᵉ siècle correspond à l'épanouissement du style Louis XV et du vocabulaire rocaille, qui se développe dans les intérieurs parisiens à partir des années 1730. Héritier du mouvement initié sous la Régence, ce nouveau langage décoratif abandonne définitivement la rigueur classique pour faire de la ligne courbe le principe même de la composition. L'architecture et l'ornement ne sont plus dissociés : la sculpture accompagne désormais la structure du meuble, prolonge ses lignes et anime ses volumes dans un mouvement continu. Cette importante console d'applique illustre parfaitement cette évolution stylistique, où l'équilibre des proportions l'emporte sur la seule richesse du décor.

Par ses dimensions généreuses, cette console appartient à la catégorie des grands modèles destinés aux salons et appartements de réception. Avec ses 136 cm de largeur, elle possède une présence architecturale remarquable tout en conservant une étonnante légèreté visuelle. Cette impression résulte avant tout de la qualité de son dessin. Le galbe de la ceinture, des montants et du plateau est particulièrement nerveux : les courbes et contre-courbes s'enchaînent avec vigueur, les changements de direction s'effectuent avec franchise, sans mollesse ni transition excessive, conférant à l'ensemble un rythme continu caractéristique des productions les plus abouties du milieu du XVIIIᵉ siècle.

Le plateau est coiffé de son marbre Rouge Royal d'origine, extrait des carrières d'Haumont, en Belgique. Très apprécié au XVIIIᵉ siècle pour l'ornementation des meubles d'apparat, ce calcaire cristallin se distingue par ses tonalités rouge brun, rosées et beiges, parcourues de larges flammes de calcite blanche. Les marchands-merciers et les menuisiers recherchaient ces marbres pour leur capacité à dialoguer avec les sculptures peintes ou dorées et à participer pleinement à l'harmonie décorative des intérieurs. Conservé dans ses dimensions d'origine, y compris sa tranche arrière, ce plateau présente une découpe particulièrement mouvementée qui épouse avec précision les contours du bâti. Son large bec-de-corbin, développé sur tout le pourtour, souligne la vigueur des lignes et accompagne naturellement le rythme des courbes et des contre-courbes de la console.

La ceinture, profondément chantournée sur ses trois faces, est animée en son centre par une importante composition rocaille ajourée. Plus qu'une simple coquille, il s'agit d'une interprétation libre du vocabulaire rocaille, où les formes inspirées du monde végétal, minéral et marin sont volontairement réinventées. Les ajours ménagés au cœur de cette composition créent un subtil équilibre entre les pleins et les vides, allégeant visuellement la structure tout en mettant en valeur le travail du sculpteur. Volutes, contre-volutes, feuillages et fleurettes semblent naître les uns des autres dans un mouvement continu, illustrant parfaitement cet art français de la rocaille qui privilégie l'invention tout en conservant une parfaite maîtrise de la composition.

Les deux montants antérieurs développent une large courbe qui accompagne naturellement le mouvement de la ceinture avant de se redresser avec élégance jusqu'au sol. Ils prennent naissance sous d'importantes masses de raccordement sculptées de grandes feuilles d'acanthe aux contours souplement déployés. De celles-ci descend un délicat chapelet de trois fleurs qui accompagne la courbe des montants jusqu'à leur extrémité. Les pieds s'achèvent par des sabots de cervidés, dont la sculpture évoque avec finesse la forme du sabot ainsi que la petite touffe de poils qui le surmonte, détail emblématique du répertoire ornemental Louis XV où les références au monde végétal et animal s'intègrent naturellement au décor rocaille.

L'entretoise participe pleinement à cette recherche d'équilibre. Réunie en son centre par un important bouquet de fleurs sculpté reposant sur un cartouche rocaille ajouré, elle répond directement à la composition de la traverse supérieure et crée un dialogue harmonieux entre les différentes parties du meuble. Malgré ses dimensions importantes, la console conserve une grande légèreté grâce aux nombreux ajours qui animent la sculpture et aux vastes espaces ménagés entre les montants. Cette maîtrise des pleins et des vides constitue l'une des qualités les plus remarquables de son dessin.

La console est entièrement réalisée en chêne, essence privilégiée par les menuisiers du XVIIIᵉ siècle pour les grands meubles d'architecture destinés à supporter un lourd plateau de marbre. Apprécié pour sa stabilité, sa résistance mécanique et ses qualités de sculpture, le chêne constituait également le bois d'œuvre de référence dans la menuiserie des bâtiments, où il était largement employé pour la réalisation des boiseries, des lambris, des portes et des éléments d'architecture intérieure. Les consoles d'applique, intimement liées au décor des appartements, étaient pensées en harmonie avec ces ensembles de boiseries et relevaient souvent des mêmes savoir-faire. Le bâti est assemblé selon les techniques traditionnelles de la menuiserie d'époque par tenons et mortaises chevillés. Une importante traverse arrière, assemblée à queue d'aronde dans les traverses latérales, assure la parfaite rigidité de l'ensemble. Les parties intérieures conservent encore les traces laissées par les outils manuels, témoignage de sa fabrication artisanale.

La console présente aujourd'hui une ancienne peinture blanche patinée qui laisse apparaître par endroits la matière du chêne. Cette finition ancienne souligne le relief de la sculpture sans masquer la qualité du travail d'origine. Elle est coiffée de son marbre d'époque et a bénéficié, au cours de son histoire, de quelques restaurations anciennes d'entretien destinées à assurer sa conservation tout en respectant son authenticité.

Par l'équilibre de ses proportions, la nervosité de son dessin, la maîtrise de son vocabulaire rocaille et la qualité de sa construction, cette importante console d'applique constitue un témoignage particulièrement représentatif du mobilier français des années 1740-1750, période durant laquelle le style Louis XV atteint l'un de ses plus beaux équilibres entre architecture, mouvement et sculpture.

Dimensions :
Hauteur : 80 cm
Largeur : 136 cm
Profondeur : 67,5 cm
4 500 €

Epoque : 18ème siècle

Style : Louis XV - Transition

Etat : Bon état

Matière : Chêne

Référence (ID) : 1797570

Disponibilité : En stock

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3 grande rue
La Chapelle-sur-Oreuse 89260, France

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