ÉDOUARD-GEORGES MAC AVOY (1905-1991) / PROMENADE SUR LES QUAIS, 1942 / hst
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Artiste : édouard-georges Mac Avoy (1905-1991)
ÉDOUARD-GEORGES MAC AVOY (1905-1991)
PROMENADE SUR LES QUAIS, 1942
Huile sur toile, signée et datée en bas à droite
28 × 42 cm hors cadre / 47 x 61 avec cadre


Édouard-Georges Mac Avoy compte parmi les grandes figures de la peinture figurative française du XXᵉ siècle. Portraitiste recherché, ami de Jean Cocteau, de Jean Marais, de Francis Poulenc ou encore de Maurice Genevoix, il sut néanmoins développer une œuvre beaucoup plus intime, consacrée aux paysages, aux vues urbaines et aux scènes de la vie quotidienne. Cette huile de 1942 appartient précisément à cette veine sensible et profondément humaine de son travail.
La composition représente une promenade le long d'un quai, où deux femmes et un enfant contemplent un paysage fluvial dominé par un ciel immense et changeant. L'identification précise du lieu importe finalement moins que l'atmosphère qui s'en dégage. Mac Avoy privilégie ici l'émotion à la description topographique, transformant une scène ordinaire en un véritable moment suspendu. L'œuvre est particulièrement intéressante par sa date d'exécution : 1942, en pleine Seconde Guerre mondiale, alors que la France vit sous l'Occupation.
Cette période bouleverse profondément la création artistique. De nombreux peintres abandonnent les sujets ambitieux ou héroïques pour revenir à des thèmes plus silencieux : paysages, intérieurs, scènes familiales ou promenades deviennent autant de refuges face à la violence du monde. Cette toile illustre parfaitement cette recherche d'une forme de paix intérieure, où le quotidien retrouve une valeur presque spirituelle.
Contrairement aux avant-gardes radicales de l'entre-deux-guerres ou à l'expressionnisme dramatique qui domine alors une partie de l'Europe, Mac Avoy demeure fidèle à une figuration libre, nourrie d'une grande sensibilité colorée. Son approche peut être rapprochée de celle de peintres comme Maurice Brianchon, Yves Brayer, André Dunoyer de Segonzac ou encore Roger Limouse, qui cherchent à préserver une peinture profondément française, héritière des Nabis et de Bonnard, où priment la lumière, l'équilibre de la composition et l'émotion poétique.
La palette est volontairement retenue : gris argentés, blancs cassés, terres brunes et quelques accents plus vifs – notamment le jaune éclatant de l'enfant – structurent discrètement la scène. Ce détail chromatique agit comme un point de vie au sein d'une atmosphère dominée par la douceur des tonalités sourdes. Les touches sont rapides, souples, parfois presque esquissées, laissant vibrer la matière et conférant à l'ensemble une remarquable spontanéité.
On retrouve également dans cette œuvre l'influence des grands coloristes français du début du siècle, notamment Pierre Bonnard, dans cette capacité à traduire une sensation lumineuse plutôt qu'une représentation descriptive. Mais Mac Avoy conserve une écriture très personnelle, plus construite, où les silhouettes deviennent les véritables médiatrices entre le spectateur et le paysage. Cette huile témoigne aussi de l'évolution de l'art français pendant les années de guerre : loin de toute démonstration, elle célèbre les valeurs essentielles – la famille, la promenade, le paysage, le silence – avec une sobriété qui renforce son intensité émotionnelle. Aujourd'hui, ces œuvres réalisées durant l'Occupation sont particulièrement recherchées, car elles incarnent une peinture de résistance par la beauté, refusant le spectaculaire au profit d'une profonde humanité.

ÉDOUARD-GEORGES MAC AVOY (1905-1991)
Né à Caudéran, aujourd'hui rattaché à Bordeaux, le 25 janvier 1905, Édouard-Georges Mac Avoy est issu, par son père, d'une ancienne famille d'origine irlandaise établie en France depuis la fin du XVIIᵉ siècle, tandis que sa mère appartient à une famille protestante des Cévennes. Élevé en Suisse jusqu'à son baccalauréat, il hésite un temps entre le théâtre et la peinture avant d'opter définitivement pour les arts plastiques. Il intègre l'Académie Julian, où il suit l'enseignement de Paul-Albert Laurens, dont il retiendra la rigueur du dessin et le sens de la construction. Il fréquente également le cercle de Félix Vallotton, où il rencontre Pierre Bonnard et Édouard Vuillard, qui portent un regard bienveillant sur ses premiers travaux. Sa précocité est remarquable : à dix-neuf ans, une nature morte est acquise par l'État au Salon d'Automne et entre au musée du Luxembourg, alors musée des artistes vivants, distinction particulièrement rare pour un peintre aussi jeune. Durant les années 1920 et le début des années 1930, il réalise essentiellement des paysages, des vues urbaines et des natures mortes avant de s'imposer progressivement comme l'un des plus grands portraitistes français de son époque. Sa véritable consécration intervient au Salon des Tuileries de 1936, où ses portraits du Père de l'artiste, de la Mère générale des Franciscaines et du Prince Ghika surprennent la critique par leur classicisme assumé, à contre-courant des tendances dominantes. Édouard Herriot écrit alors cette phrase restée célèbre : « Notre époque a trouvé son Philippe de Champaigne. » Cette comparaison illustre la profondeur psychologique et la sobriété de son art du portrait. Mobilisé en 1939 au sein de la 5ᵉ Division d'Infanterie Motorisée, Mac Avoy participe à la campagne de Belgique et reçoit la Croix de guerre 1939-1945. Cette expérience marque profondément son évolution artistique. Son écriture picturale abandonne progressivement les effets de matière et de couleur au profit d'une peinture plus synthétique, plus dépouillée et plus méditative. Les paysages exécutés durant les années de guerre, comme cette toile de 1942, témoignent de cette recherche d'équilibre et de silence, où la lumière devient un véritable refuge face aux bouleversements de l'Histoire. Après la Libération, sa renommée devient internationale. Les plus grandes figures des arts, des lettres, de la musique et de la politique sollicitent son pinceau : Jean Cocteau, Pablo Picasso, Marc Chagall, Salvador Dalí, Arthur Honegger, François Mauriac, André Gide, Louise de Vilmorin, Charles de Gaulle, Jean XXIII, John F. Kennedy, Johnny Hallyday, Maurice Béjart ou encore Arthur Rubinstein comptent parmi les personnalités qu'il immortalise. Parallèlement, Mac Avoy poursuit une œuvre de paysagiste d'une grande qualité. Ses vues de Paris, Rouen, Chartres, Avignon, des ports de Bretagne ou du Midi révèlent une sensibilité proche de Marquet, de Bonnard et de Vuillard, privilégiant les harmonies colorées, les effets atmosphériques et la poésie du quotidien plutôt que la description minutieuse. Cette production, longtemps éclipsée par son immense réputation de portraitiste, est aujourd'hui particulièrement recherchée par les collectionneurs. Tout au long de sa carrière, il participe aux plus importantes manifestations artistiques françaises : Salon d'Automne, Salon des Tuileries, Salon des Peintres Témoins de leur Temps, ainsi qu'à de nombreuses expositions personnelles, notamment à la Galerie Motte à Genève et dans plusieurs galeries parisiennes. Enseignant à l'Académie de la Grande Chaumière, il forme également plusieurs générations de peintres. Les distinctions viennent consacrer une carrière exceptionnelle : Prix Brizard (1933), premier Grand Prix des Peintres Témoins de leur Temps (1963), Président du Salon d'Automne à partir de 1967, Officier de l'Ordre des Arts et des Lettres, Officier de la Légion d'honneur, puis membre de l'Académie des Beaux-Arts, où il est élu en 1980 au fauteuil d'André Dunoyer de Segonzac. Décédé à Saint-Tropez le 26 septembre 1991, Édouard-Georges Mac Avoy demeure l'un des représentants majeurs de la peinture figurative française du XXᵉ siècle. Ses œuvres sont aujourd'hui conservées dans les collections du Musée d'Art moderne de Paris, du Centre Pompidou, ainsi que dans de nombreuses collections publiques et privées françaises et étrangères. Son marché est particulièrement soutenu, les paysages des années 1930-1950 étant désormais très appréciés pour leur rareté et leur qualité picturale.

780 €

Epoque : 20ème siècle

Style : Autre style

Etat : Parfait état

Matière : Huile sur toile

Référence (ID) : 1793898

Disponibilité : En stock

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Anglards-de-Salers 15380, France

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