Liège 1740, Dieudonné Crasset, navette à encens en argent massif
Cette navette à encens en argent massif, réalisée à Liège en 1740 sous le règne de Louis XV, est l’œuvre de l’orfèvre liégeois Dieudonné Crasset, né en 1695 et mort en 1754. Elle présente une forme oblongue caractéristique, évoquant la coque d’un navire, et repose sur un pied circulaire mouluré. Son couvercle, composé de deux parties articulées, est orné d’un riche décor de rinceaux feuillagés et de motifs rocaille se détachant sur un fond finement amati.
Poids 400 grammes.
Au centre du principal panneau décoratif figure un écu armorié, surmonté d’un casque et de lambrequins. Ces armes, qui ne semblent pas relever d’une grande maison aristocratique, pourraient appartenir à une famille de la bourgeoisie liégeoise. Ela reste à déterminer. Le second médaillon porte la date « 1741 », probablement liée à la mise en usage de l’objet, à sa donation ou à un événement particulier concernant son premier propriétaire.
La pièce conserve, à l’intérieur du pied, un ensemble de quatre poinçons liégeois. On y distingue le poinçon de maître de Dieudonné Crasset, formé des lettres capitales « D C », ainsi que le poinçon aux armes du prince-évêque Georges-Louis de Berghes. L’aigle bicéphale du Saint-Empire romain germanique, accompagné de l’année marquant le début du règne princier, rappelle l’appartenance de la principauté de Liège à l’Empire. Enfin, la lettre annale majuscule « R » permet de situer précisément le contrôle et le poinçonnage de l’ouvrage dans le système chronologique de l’orfèvrerie liégeoise.
Par la qualité de son exécution, l’équilibre de ses proportions et la vigueur de son décor, cette navette constitue un témoignage particulièrement représentatif de l’orfèvrerie religieuse liégeoise du milieu du XVIIIe siècle.
L’encens et la navette dans la liturgie romaine :
L’encens n’était pas utilisé dans les premières célébrations chrétiennes de Rome de la même manière qu’aujourd’hui. Sa présence est clairement attestée dans la liturgie pontificale romaine à la fin du VIIᵉ siècle : l’Ordo Romanus I, rédigé à cette époque, décrit l’encens porté devant le pape lors des processions vers l’église et à son entrée dans le sanctuaire.[1] Au cours du Moyen Âge, son emploi s’étend progressivement à la proclamation de l’Évangile, puis à l’autel, aux offrandes, au célébrant et aux fidèles.
La navette est le petit récipient contenant les grains d’encens destinés à l’encensoir. Son nom vient du latin navicula, diminutif de navis, et signifie « petit navire » ou « petite barque ».[2] Sa forme rappelle souvent une coque de bateau munie d’un couvercle. Des navettes médiévales sont aujourd’hui conservées dans plusieurs collections. Les célèbres navettes en cuivre doré et en émail produites à Limoges datent notamment du XIIIᵉ siècle : elles prouvent que l’objet était alors pleinement intégré au mobilier liturgique, mais elles ne constituent pas la preuve de sa première apparition.[3]
Dans la messe catholique actuelle, l’encens peut être utilisé lors de la procession d’entrée, au début de la célébration pour encenser la croix et l’autel, pendant la procession et la proclamation de l’Évangile, lors de la présentation des dons et à l’élévation de l’hostie et du calice.[4] La navette accompagne l’encensoir et permet au prêtre ou au diacre d’y prendre, généralement avec une petite cuillère, l’encens qui sera déposé sur les charbons ardents.
Epoque : 18ème siècle
Style : Louis XIV - Régence
Etat : Bon état
Matière : Argent massif
Longueur : 18 cm
Largeur : 10,5 cm
Hauteur : 12 cm.
Référence (ID) : 1784825
Disponibilité : En stock


































