Madrid 1800-1812, chocolatière, orfèvre du roi Joseph Bonaparte , Nicolas Chameroy, argent
Madrid 1800-1812, chocolatière, orfèvre du roi Joseph Bonaparte , Nicolas Chameroy, argent  -photo-2
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Madrid 1800-1812, chocolatière, orfèvre du roi Joseph Bonaparte , Nicolas Chameroy, argent

Artiste : Nicolas Chameroy (troyes 1762- Madrid Après 1835

Cette Chocolatière de voyage en argent est de la main de l'orfèvre français Nicolas Chameroy, arrivé et établi à Madrid.vers 1798. L'objet est ce que l'on appelle un objet de conversation. Il se rattache à plusieurs matières intéressantes : l'orfèvrerie de voyage , souvent pour officiers, la consommation du chocolat , l'occupation française de l'Espagne et le règne éphémère de Joseph Bonaparte, la fonte massive de trésors confis et le rôle d'un simple artisan français originaire de Troyes dans tout ça.....

Cette verseuse est munie d’un manche latéral en palissandre, appartient aux objets de voyage à usage individuel. Sa forme cylindrique, son couvercle percé pour le moussoir et son manche démontable répondent à une conception pratique, facilitant le transport dans un écrin compartimenté.

Destinée à un officier ou à un voyageur de haut rang, elle permettait de conserver le rituel du chocolat, boisson associée aux élites. L’objet devait être à la fois précieux, compact et robuste.

La noblesse des matériaux contraste avec la sobriété des formes. L’argent affirme le statut, tandis que le palissandre, isolant, assure une prise adaptée. Le décor est limité à quelques moulures et détails précis, révélant une grande maîtrise des proportions et de la construction.

Une œuvre madrilène marquée par le goût français

Bien que portant les poinçons madrilènes de Nicolas Chameroy, cette chocolatière reflète une forte influence française. Sa forme épurée et son équilibre renvoient au néoclassicisme de la fin du XVIIIᵉ siècle.

Cruz Valdovinos souligne ces « résonances françaises » dans l’œuvre de Chameroy, dont les modèles s’inspirent de créations parisiennes sans les copier. La chocolatière illustre cette approche : géométrie simple, décor minimal et harmonie des matériaux.

Le couvercle comporte une ouverture pour le moussoir, fermée par un dispositif mobile. Chaque élément allie fonctionnalité et élégance.

Chameroy incarne ainsi la rencontre entre savoir-faire français et pratiques espagnoles, adoptant les règles madrilènes tout en conservant une culture formelle française.

Nicolas Chameroy, un orfèvre français à Madrid

Né à Troyes en 1762, Nicolas Chameroy se forme probablement en France, peut-être à Paris. Installé à Madrid, il s’intègre au milieu de l’orfèvrerie locale, possiblement lié à la Real Fábrica de Platería.

En 1800, il devient maître après examen et admission au Colegio-Congregación de San Eloy, ce qui lui permet d’ouvrir atelier et boutique. Il forme plusieurs apprentis et participe à la diffusion du goût français.

Une annonce de 1800 mentionne sa boutique, où il vend notamment des médailles de Bonaparte.

Joseph Bonaparte et la fonte des objets réquisitionnés :

Sous le règne de Joseph Bonaparte, Chameroy est en plus d'être orfèvre, chargé de fondre les métaux précieux issus des réquisitions. Ces objets, souvent d’orfèvrerie, sont transformés en lingots pour la Monnaie.

Un rapport hostile de 1818 décrit cette activité, dans un contexte politique marqué par la restauration de Ferdinand VII. Si les faits semblent avérés, les jugements doivent être nuancés.

Chameroy apparaît comme un technicien compétent, mais cette fonction lui vaut une réputation controversée après la chute du régime.

Le départ de Madrid et un retour difficile :

Chameroy quitte Madrid en 1812 et vend son matériel avant son départ. À son retour en 1818, il tente de rouvrir son atelier, malgré l’opposition de la corporation.

Malgré les accusations, il parvient à reprendre son activité, apparaît dans les registres fiscaux et forme de nouveaux apprentis. Il réussit ainsi à reconstruire sa carrière.

Une œuvre rare et importante

Les œuvres attribuées à Chameroy sont peu nombreuses. Elles concernent surtout des objets civils raffinés, caractérisés par leur qualité et leur élégance.

Son style évolue d’un néoclassicisme épuré vers une esthétique plus proche du style Empire, avec des motifs antiques.

La chocolatière illustre parfaitement son travail : objet démontable, compact et fonctionnel, destiné au voyage. Elle associe noblesse des matériaux, rigueur de conception et influence française.

Elle témoigne du parcours singulier de Chameroy, orfèvre français devenu maître à Madrid, marqué par les bouleversements politiques mais capable de s’imposer durablement.

La chocolatier pèse 485 grammes.
Notes et sources

[1] José Manuel Cruz Valdovinos, « El platero francés Nicolás Chameroi… », Anales del Instituto de Estudios Madrileños, 1982.


1 750 €

Epoque : 19ème siècle

Style : Empire - Consulat

Etat : Très bon état

Matière : Argent massif

Diamètre : 7,5 cm

Hauteur : 17 cm

Référence (ID) : 1783093

Disponibilité : En stock

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Ian Panné
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