Bruges 1600-1620, Calice , Argent Massif
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Bruges 1600-1620, Calice , Argent Massif

Artiste : Jan Crabbe Ou Jacques De Cantere

Rare calice de messe en argent massif partiellement doré, Bruges, vers 1600-1620.
Attribué à Jacques De Cantere junior, reçu maître orfèvre à Bruges en 1617.
Argent massif – intérieur de la coupe et bord extérieur dorés.
Hauteur : 20 cm – diamètre du pied : 15 cm – poids : plus de 400 g.
Aucun poinçon visible.

Ce rare calice de messe en argent massif partiellement doré repose sur un pied à six lobes gravés de feuillages. Le dessus fortement galbé du pied est rythmé de larges godrons se détachant sur un fond finement moucheté.

La tige hexagonale est interrompue par un important nœud sphérique aplati, également décoré de godrons et ceinturé en son milieu d’une bague moulurée. La fausse-coupe reprend le même décor de godrons sur fond moucheté que le pied et le nœud, créant une remarquable unité dans la construction et le décor de l’ensemble. L’intérieur de la coupe ainsi que son bord extérieur sont dorés.

Le calice ne porte aujourd’hui aucun poinçon visible. Sa forme, sa construction et son décor permettent néanmoins de le replacer avec beaucoup de conviction dans l’orfèvrerie brugeoise du début du XVIIe siècle.

Le calice de Wakken

Un premier élément de comparaison particulièrement important est fourni par un calice Renaissance conservé dans le trésor de l’église Saints-Pierre-et-Catherine de Wakken, traditionnellement attribué à Jan Crabbe, l’un des principaux orfèvres brugeois du début du XVIIe siècle.

Ce calice, daté vers 1610-1611, présente une construction remarquablement proche de notre exemplaire : pied polylobé, partie centrale galbée à godrons, tige hexagonale, nœud aplati et godronné et fausse-coupe reprenant le même vocabulaire décoratif.

L’attribution ancienne du calice de Wakken à Jan Crabbe doit cependant être considérée dans le contexte des connaissances disponibles lors des premières grandes études et expositions consacrées à l’orfèvrerie brugeoise. La présence dans le même trésor d’autres œuvres rattachées à Crabbe a certainement joué un rôle dans ce rapprochement.

Jan Crabbe est abondamment documenté parmi les grands orfèvres brugeois de cette période. Il est notamment l’auteur de la monumentale châsse du Saint-Sang, commandée en 1614 et achevée en 1617, ainsi que de la châsse de saint Éloi de la cathédrale Saint-Sauveur. Suzanne Collon-Gevaert les compte parmi les œuvres majeures de l’orfèvrerie belge du début du XVIIe siècle.

Jacques De Cantere et le reliquaire de sainte Apollonie

Un rapprochement plus précis encore peut être établi avec l’œuvre de Jacques De Cantere junior, reçu maître orfèvre à Bruges en 1617.

Plusieurs œuvres de cet orfèvre sont conservées dans les collections de l’ancien Hôpital Saint-Jean de Bruges. Les sources documentent son activité pour l’institution dès 1619, et plusieurs reliquaires exécutés en 1619-1620 permettent de bien reconnaître le vocabulaire formel employé dans son atelier.

La comparaison la plus convaincante est fournie par l’ostensoir-reliquaire cylindrique de sainte Apollonie, réalisé par Jacques De Cantere junior à Bruges en 1620.

La parenté avec notre calice est frappante et dépasse largement une simple analogie de style. Le reliquaire présente le même type de pied à six lobes, le même dessus fortement galbé animé de larges godrons, la même tige hexagonale et, surtout, un nœud sphérique aplati, godronné et ceinturé d’une moulure extrêmement proche de celui de notre calice.

Cette concordance concerne donc non seulement le décor, mais véritablement l’architecture et la construction de la partie inférieure de l’objet. Elle prend une importance particulière puisque le reliquaire de sainte Apollonie constitue une œuvre brugeoise documentée de Jacques De Cantere, précisément datée de 1620.

Les recherches consacrées à l’orfèvrerie brugeoise confirment par ailleurs la présence de plusieurs œuvres de Jacques De Cantere au Sint-Janshospitaal dans les années 1619-1620, au moment même où doit se situer la réalisation de notre calice.

Attribution à Jacques De Cantere

La confrontation du calice avec ces œuvres permet ainsi de dépasser une simple attribution géographique.

Le calice de Wakken constitue un parallèle particulièrement précieux pour situer notre pièce dans la production brugeoise du début du XVIIe siècle. Mais la proximité beaucoup plus précise de son pied, de sa tige et de son nœud avec le reliquaire de sainte Apollonie nous conduit à attribuer notre calice à Jacques De Cantere junior.

L’absence de poinçons empêche naturellement de confirmer cette attribution par les marques. La comparaison directe avec plusieurs œuvres brugeoises contemporaines, et tout particulièrement avec le reliquaire réalisé par Jacques De Cantere en 1620, constitue cependant un argument particulièrement convaincant en faveur de cette attribution et d’une datation vers 1600-1620.

Par son ancienneté, la qualité de sa ciselure, l’harmonie de ses proportions, son remarquable état de conservation et les rapprochements précis qu’il est possible d’établir avec des œuvres conservées de l’orfèvrerie brugeoise, ce calice constitue un rare témoignage de la grande orfèvrerie religieuse flamande du début du XVIIe siècle.

Références bibliographiques et comparatives

— Suzanne Collon-Gevaert, Histoire des arts du métal en Belgique, Académie royale de Belgique, Bruxelles : notamment les développements consacrés à l’orfèvrerie brugeoise du début du XVIIe siècle, à Jan Crabbe, à la châsse de saint Éloi et à la châsse du Saint-Sang.

— Bouwstenen voor de studie van de Brugse edelsmeedkunst uit de 17e en 18e eeuw, Vlaanderen. Kunsttijdschrift, 36e année, 1987 : étude de l’orfèvrerie brugeoise des XVIIe et XVIIIe siècles, avec inventaire d’œuvres de Jan Crabbe et Jacques De Cantere.

— Biekorf, 50e année, 1949 : documentation ancienne relative aux orfèvres et à l’orfèvrerie du Sint-Janshospitaal de Bruges, notamment Jacques De Cantere, reçu maître en 1617, et ses œuvres conservées à l’hôpital.

— C. Denorme, études consacrées à l’orfèvrerie brugeoise et aux collections de l’Hôpital Saint-Jean, 1957 et 1963 ; notamment le reliquaire de sainte Apollonie : Denorme, 1963, p. 142, n° A.3.

— Orfèvreries d’art à Bruges, catalogue d’exposition, Bruges, 1950, catalogue de référence pour l’étude des grands orfèvres brugeois et de leurs œuvres conservées.

— Exposition d’art ancien, Bruges, 1976, n° Z.7 : reliquaire de sainte Apollonie, Jacques De Cantere junior, Bruges, 1620.

— Marc Rosenberg, Der Goldschmiede Merkzeichen, 3e éd., Francfort, 1922-1928 : ouvrage de référence pour l’identification des poinçons et des maîtres de l’orfèvrerie européenne, notamment ceux de Bruges.


12 500 €

Epoque : 17ème siècle

Style : Haute époque-Renaissance-Louis XIII

Etat : Très bon état

Matière : Argent massif

Diamètre : pied 15 cm

Hauteur : 20 cm

Référence (ID) : 1429923

Disponibilité : En stock

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Essene-kerkplein 5b
Affligem 1790, Belgique

+32 475443619

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Ian Panné
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