Sicilie Normande - Moitié du XII siècle - Situle en feuille de cuivre repoussé a' motifs sacrés
Cette situle, exemple unique d'orfèvrerie sacrée sicilienne-normande (et au-delà), est composée d'une seule feuille de cuivre découpée selon un motif, gaufrée et façonnée pour définir la forme du seau. Seul le fond circulaire est soudé à la base, de manière interne et invisible, afin d'assurer l'étanchéité sans créer un ensemble visuellement disgracieux.
La facture unique et complexe de cette feuille unique témoigne du savoir-faire technique des maîtres orfèvres byzantins, appartenant à une culture qui a joué un rôle clé dans la construction de la Sicile normande, important matériaux et objets, ainsi que de nouvelles techniques et des traditions ancestrales (notamment en sculpture et en architecture).
Sur le plan morphologique et technique, cette pièce unique, finement travaillée et réalisée sur plusieurs registres, illustre de façon remarquable l'incroyable talent du maître orfèvre chargé de sa création. Les supports de l'anse et la base polylobée sont sculptés dans la feuille principale, ce qui a considérablement complexifié le processus de façonnage manuel du seau. Le gaufrage est entièrement réalisé à main levée, au martelage, aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur de la feuille selon le décor, soulignant ainsi la maîtrise absolue et rare de l'artisan.
Sur le plan décoratif, on distingue cinq registres. En partant du haut :
- Le premier registre présente trois symboles différents, disposés deux fois sur la circonférence de la situle : une croix grecque pattée inscrite dans un cercle ; deux arcs en plein cintre aveugles soutenus par des corbeaux ronds, chacun portant une croix latine extrêmement simplifiée ; et trois feuilles stylisées (les deux extérieures tournées vers le haut, la centrale vers le bas).
La croix inscrite, bien que récurrente dans diverses régions géographiques, trouve, après une analyse attentive, une correspondance exacte dans l'iconographie sicilienne-normande appliquée à la sculpture. On y observe de nombreux exemples présentant les mêmes proportions, la même typologie et, surtout, la même terminaison arquée des bras, dont les périmètres extérieurs se fondent avec la circonférence du cercle d'inscription.
De plus, il s'agit d'un type de croix largement utilisé dans le contexte byzantin, et donc aisément adopté en Sicile-Normandie. Les arcs en plein cintre aveugles, bien que l'arc brisé d'origine arabe ait été introduit dès les premiers chantiers rogériens, subsistent toujours, notamment dans le décor de la partie supérieure des murs (sous forme de frises architecturales).
Les trois feuilles constituent un symbolisme qui remonte à la culture byzantine, où la stylisation et la sacralisation des éléments naturels doivent toujours être interprétées dans une perspective théologique. Ces symboles revêtent une forte valeur apotropaïque.
- Séparé par une bande de séparation profondément moulurée et orné d'un motif moleté en relief, le second registre présente un motif ondulé, préfiguration du contenu sacré (l'eau bénite), stylisé dans le décor de son contenant.
- Le troisième registre semble moins nettement séparé du précédent, ne serait-ce que par le relief qui, sur son bord, fait légèrement saillie. Ainsi, un motif de palmier répétitif, également caractéristique de la culture figurative de la région sicilienne-normande et des chantiers de l'époque, se répète uniformément sur la circonférence de l'objet. On observe ici aussi comment un motif typique de la sculpture, et plus précisément de la décoration architecturale, s'intègre à la forme et au contenu de cette pièce, quoique de manière extrêmement stylisée.
On notera également l'enrichissement du décor par une gravure dense et fine.
- Le quatrième registre est introduit par une projection intérieure du surplomb, formant un angle qui creuse la forme du seau. Ici, des niches en plein cintre, nettement saillantes (et donc concaves), alternent avec des fenêtres à meneaux en arc brisé, surmontées d'un oculus qui recouvre partiellement le sommet de l'arc (fig. 3). C’est l’élément le plus distinctif de l’objet, qui le situe sans équivoque, tant géographiquement que chronologiquement, en Sicile dans les années qui ont immédiatement suivi 1130. En effet, les chantiers rugueux ont importé la tradition byzantine, combinée à la tradition arabe, les intégrant à la tradition normande et créant ainsi un exemple unique dans tous les domaines de l’histoire de l’art. Les cultures romane (arcades aveugles en plein cintre), byzantine (symbolisme fort, allusions christologiques et extrême maîtrise technique de l’orfèvrerie) et arabe (fenêtres à meneaux brisés surmontées d’un oculus) coexistent dans cet objet, le configurant comme une église, un sanctuaire mobile destiné à contenir de l’eau bénite.
En effet, le registre supérieur protège symboliquement et décorativement le contenu représenté dans le registre immédiatement inférieur, tandis que le décor de palmes, loin d'être purement esthétique, se veut un don et un hommage perpétuel, une source de satisfaction visuelle et d'élévation spirituelle, présente dans les églises et les lieux de culte. Enfin, l'avant-dernier registre représente la structure, l'architecture (typologiquement même « nouvelle », pourrait-on dire) sur laquelle repose le contenu de l'église mobile en question et qui abrite, à savoir, l'eau bénite, elle aussi allégorie de l'Église et de son divinité tutélaire, le Tout-Puissant.
- Le dernier registre, qui introduit ensuite la base polylobée à huit pétales, obtenue par martelage de la dalle pour créer une surface horizontale plane, est composé d'une succession de feuilles lancéolées séparées par une nervure centrale. De manière cohérente, les feuilles du dernier registre convergent vers les pétales de la base.
Tout est harmonie, tout est symbole, allusion, allégorie, dévotion et transcendance.
Après analyse et comparaison, il n'est pas difficile d'établir le caractère unique et la grande valeur historique, artistique et religieuse de cet objet.
Dim. cm 13,5 x 11 x 15,5h
La facture unique et complexe de cette feuille unique témoigne du savoir-faire technique des maîtres orfèvres byzantins, appartenant à une culture qui a joué un rôle clé dans la construction de la Sicile normande, important matériaux et objets, ainsi que de nouvelles techniques et des traditions ancestrales (notamment en sculpture et en architecture).
Sur le plan morphologique et technique, cette pièce unique, finement travaillée et réalisée sur plusieurs registres, illustre de façon remarquable l'incroyable talent du maître orfèvre chargé de sa création. Les supports de l'anse et la base polylobée sont sculptés dans la feuille principale, ce qui a considérablement complexifié le processus de façonnage manuel du seau. Le gaufrage est entièrement réalisé à main levée, au martelage, aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur de la feuille selon le décor, soulignant ainsi la maîtrise absolue et rare de l'artisan.
Sur le plan décoratif, on distingue cinq registres. En partant du haut :
- Le premier registre présente trois symboles différents, disposés deux fois sur la circonférence de la situle : une croix grecque pattée inscrite dans un cercle ; deux arcs en plein cintre aveugles soutenus par des corbeaux ronds, chacun portant une croix latine extrêmement simplifiée ; et trois feuilles stylisées (les deux extérieures tournées vers le haut, la centrale vers le bas).
La croix inscrite, bien que récurrente dans diverses régions géographiques, trouve, après une analyse attentive, une correspondance exacte dans l'iconographie sicilienne-normande appliquée à la sculpture. On y observe de nombreux exemples présentant les mêmes proportions, la même typologie et, surtout, la même terminaison arquée des bras, dont les périmètres extérieurs se fondent avec la circonférence du cercle d'inscription.
De plus, il s'agit d'un type de croix largement utilisé dans le contexte byzantin, et donc aisément adopté en Sicile-Normandie. Les arcs en plein cintre aveugles, bien que l'arc brisé d'origine arabe ait été introduit dès les premiers chantiers rogériens, subsistent toujours, notamment dans le décor de la partie supérieure des murs (sous forme de frises architecturales).
Les trois feuilles constituent un symbolisme qui remonte à la culture byzantine, où la stylisation et la sacralisation des éléments naturels doivent toujours être interprétées dans une perspective théologique. Ces symboles revêtent une forte valeur apotropaïque.
- Séparé par une bande de séparation profondément moulurée et orné d'un motif moleté en relief, le second registre présente un motif ondulé, préfiguration du contenu sacré (l'eau bénite), stylisé dans le décor de son contenant.
- Le troisième registre semble moins nettement séparé du précédent, ne serait-ce que par le relief qui, sur son bord, fait légèrement saillie. Ainsi, un motif de palmier répétitif, également caractéristique de la culture figurative de la région sicilienne-normande et des chantiers de l'époque, se répète uniformément sur la circonférence de l'objet. On observe ici aussi comment un motif typique de la sculpture, et plus précisément de la décoration architecturale, s'intègre à la forme et au contenu de cette pièce, quoique de manière extrêmement stylisée.
On notera également l'enrichissement du décor par une gravure dense et fine.
- Le quatrième registre est introduit par une projection intérieure du surplomb, formant un angle qui creuse la forme du seau. Ici, des niches en plein cintre, nettement saillantes (et donc concaves), alternent avec des fenêtres à meneaux en arc brisé, surmontées d'un oculus qui recouvre partiellement le sommet de l'arc (fig. 3). C’est l’élément le plus distinctif de l’objet, qui le situe sans équivoque, tant géographiquement que chronologiquement, en Sicile dans les années qui ont immédiatement suivi 1130. En effet, les chantiers rugueux ont importé la tradition byzantine, combinée à la tradition arabe, les intégrant à la tradition normande et créant ainsi un exemple unique dans tous les domaines de l’histoire de l’art. Les cultures romane (arcades aveugles en plein cintre), byzantine (symbolisme fort, allusions christologiques et extrême maîtrise technique de l’orfèvrerie) et arabe (fenêtres à meneaux brisés surmontées d’un oculus) coexistent dans cet objet, le configurant comme une église, un sanctuaire mobile destiné à contenir de l’eau bénite.
En effet, le registre supérieur protège symboliquement et décorativement le contenu représenté dans le registre immédiatement inférieur, tandis que le décor de palmes, loin d'être purement esthétique, se veut un don et un hommage perpétuel, une source de satisfaction visuelle et d'élévation spirituelle, présente dans les églises et les lieux de culte. Enfin, l'avant-dernier registre représente la structure, l'architecture (typologiquement même « nouvelle », pourrait-on dire) sur laquelle repose le contenu de l'église mobile en question et qui abrite, à savoir, l'eau bénite, elle aussi allégorie de l'Église et de son divinité tutélaire, le Tout-Puissant.
- Le dernier registre, qui introduit ensuite la base polylobée à huit pétales, obtenue par martelage de la dalle pour créer une surface horizontale plane, est composé d'une succession de feuilles lancéolées séparées par une nervure centrale. De manière cohérente, les feuilles du dernier registre convergent vers les pétales de la base.
Tout est harmonie, tout est symbole, allusion, allégorie, dévotion et transcendance.
Après analyse et comparaison, il n'est pas difficile d'établir le caractère unique et la grande valeur historique, artistique et religieuse de cet objet.
Dim. cm 13,5 x 11 x 15,5h
2 000 €
Epoque : Antérieure au 16ème siècle
Style : Autre style
Etat : Bon état
Matière : Cuivre
Largeur : 13.5
Hauteur : 15.5
Profondeur : 11
Référence (ID) : 1750986
Disponibilité : En stock
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