ÉCOLE AFRICANISTE 1955 / HOMME FOULBÉ À MAROUA (actuel Cameroun) / G. HERVIGO (1896-1993)
Artiste : Gustave Hervigo (1896-1993)
École africaniste – Homme foulbé assis à Maroua (actuel Cameroun), mai 1955
Aquarelle et encre sur papier
50 × 64,5 cm (sans cadre)
Signée et située en bas à droite : « Maroua 5/1955 »
Cette aquarelle est l’œuvre du peintre français Gustave Hervigo, artiste voyageur dont les séjours en Afrique dans les années 1950 donnèrent lieu à un ensemble remarquable d’œuvres exécutées sur le motif.
À travers dessins et aquarelles, il développe une approche sensible et directe des figures humaines, privilégiant l’observation attentive à toute mise en scène. L’œuvre est précisément située à Maroua, dans le nord de l’actuel Cameroun, région sahélienne marquée par la présence des populations foulbé (Peules), culture islamisée aux traditions vestimentaires et sociales fortement codifiées.
Le personnage représenté correspond vraisemblablement à un homme de cette communauté. Il est figuré assis au sol, dans une posture à la fois détendue et concentrée, vêtu d’un ample vêtement clair évoquant un boubou, typique de cette aire culturelle. Il tient dans ses mains un chapelet (misbaha), élément qui suggère une dimension spirituelle et rappelle l’importance de l’islam dans cette région.
L’attitude du modèle, tournée vers une action discrète, confère à la scène une tonalité intime et méditative.
Sur le plan technique, Gustave Hervigo associe un dessin à l’encre souple et expressif à des rehauts d’aquarelle. Le modelé du corps repose sur un jeu de hachures rapides et nerveuses, tandis que la couleur, posée par touches légères et transparentes, structure les volumes sans jamais alourdir la composition. La palette, dominée par des tons chauds — ocres, bruns et blancs cassés — renforce la cohérence lumineuse de l’ensemble. L’absence de décor et le traitement épuré du fond mettent en valeur la présence du modèle, traité avec sobriété et respect.
L’artiste ne cherche pas l’anecdote mais capte un instant de vie, dans toute sa simplicité et sa dignité. Par son sujet, sa localisation précise et son exécution sur le vif, cette œuvre s’inscrit pleinement dans la tradition de l’école africaniste du XXᵉ siècle.
Gustave Hervigo (1896-1993) Peintre officiel de la Marine et grand voyageur.
Un parcours de vie riche et atypique Gustave Adolphe Hervigo naît à Rambouillet (France) le 27 octobre 1896, dans une famille d’artisans bourgeois. Son père est sellier-bourrelier et, jeune, Gustave apprend ce métier auprès de lui tout en développant très tôt une passion pour la peinture.
Après son certificat d’études, il travaille dans l’atelier familial jusqu’à la Première Guerre mondiale, où il sert dans l’artillerie avant d’être démobilisé en 1919.
Il découvre la peinture auprès du peintre local Henri Laigneau, mais reste d’abord artisan et se lance dans la maroquinerie de luxe à Paris, fabriquant des accessoires pour des maisons de haute couture comme Lanvin, Rochas ou Madeleine Vionnet. En parallèle, il expose ses premières œuvres au Salon des Indépendants dès 1925 et devient membre de la Société Nationale des Beaux-Arts en 1930, ce qui marque son entrée officielle dans le monde artistique parisien. De peintre voyageur à Peintre Officiel de la Marine Après la Seconde Guerre mondiale, Gustave Hervigo consacre entièrement sa vie à la peinture. En 1948, il obtient une bourse de la Société des Beaux-Arts d’Outre-Mer pour se rendre en Afrique Équatoriale Française, marquant le début d’un long travail de voyage et de représentation de paysages, de populations et de scènes de vie africaine.
Entre 1949 et 1981, il effectue 17 voyages à travers le monde, dont de nombreux séjours au Tchad, au Cameroun, au Gabon, en Centre-Afrique, mais aussi à Madagascar, l’île de La Réunion, la Nouvelle-Calédonie, les Nouvelles-Hébrides, Tahiti, la Norvège, l’Éthiopie ou encore la Côte d’Ivoire.
En 1963, il est officiellement nommé Peintre Officiel de la Marine, distinction honorifique qui lui permet de voyager avec la Marine nationale et de signer ses œuvres avec une ancre.
Hervigo est connu pour ses marines, paysages tropicaux et scènes de vie inspirées de ses nombreux voyages. Sa peinture se caractérise par une palette souvent réduite (il retire volontairement le bleu et le vert pour souligner les harmonies chromatiques qu’il observe en Afrique) et une attention particulière à la lumière et aux atmosphères locales. Il utilise diverses techniques : huile sur toile, gouache, aquarelle, dessins à l’encre — et ses œuvres ont été régulièrement présentées en vente aux enchères et exposées dans des galeries publiques et privées. Ses toiles ont été exposées dans plusieurs expositions personnelles, mais aussi au Musée National de la Marine à Paris en 1980, ainsi qu’à Rambouillet à plusieurs reprises.
Distinctions et reconnaissance Sociétaire de la Société nationale des Beaux-Arts (membre du jury en 1948). Prix de l’Afrique-Équatoriale Française (1949). Prix Puvis-de-Chavannes (1962). Peintre Officiel de la Marine (1963). Membre de l’Académie des Sciences d’Outre-Mer (1976).
Fin de vie et legs
Très attaché à Rambouillet, son œuvre complète est léguée à la ville peu avant sa mort en 1993, contribuant à enrichir le patrimoine culturel local. Malgré une œuvre riche et éclectique, Hervigo est resté relativement discret, préférant « le plaisir de peindre et de voyager » à la recherche de notoriété.
Aquarelle et encre sur papier
50 × 64,5 cm (sans cadre)
Signée et située en bas à droite : « Maroua 5/1955 »
Cette aquarelle est l’œuvre du peintre français Gustave Hervigo, artiste voyageur dont les séjours en Afrique dans les années 1950 donnèrent lieu à un ensemble remarquable d’œuvres exécutées sur le motif.
À travers dessins et aquarelles, il développe une approche sensible et directe des figures humaines, privilégiant l’observation attentive à toute mise en scène. L’œuvre est précisément située à Maroua, dans le nord de l’actuel Cameroun, région sahélienne marquée par la présence des populations foulbé (Peules), culture islamisée aux traditions vestimentaires et sociales fortement codifiées.
Le personnage représenté correspond vraisemblablement à un homme de cette communauté. Il est figuré assis au sol, dans une posture à la fois détendue et concentrée, vêtu d’un ample vêtement clair évoquant un boubou, typique de cette aire culturelle. Il tient dans ses mains un chapelet (misbaha), élément qui suggère une dimension spirituelle et rappelle l’importance de l’islam dans cette région.
L’attitude du modèle, tournée vers une action discrète, confère à la scène une tonalité intime et méditative.
Sur le plan technique, Gustave Hervigo associe un dessin à l’encre souple et expressif à des rehauts d’aquarelle. Le modelé du corps repose sur un jeu de hachures rapides et nerveuses, tandis que la couleur, posée par touches légères et transparentes, structure les volumes sans jamais alourdir la composition. La palette, dominée par des tons chauds — ocres, bruns et blancs cassés — renforce la cohérence lumineuse de l’ensemble. L’absence de décor et le traitement épuré du fond mettent en valeur la présence du modèle, traité avec sobriété et respect.
L’artiste ne cherche pas l’anecdote mais capte un instant de vie, dans toute sa simplicité et sa dignité. Par son sujet, sa localisation précise et son exécution sur le vif, cette œuvre s’inscrit pleinement dans la tradition de l’école africaniste du XXᵉ siècle.
Gustave Hervigo (1896-1993) Peintre officiel de la Marine et grand voyageur.
Un parcours de vie riche et atypique Gustave Adolphe Hervigo naît à Rambouillet (France) le 27 octobre 1896, dans une famille d’artisans bourgeois. Son père est sellier-bourrelier et, jeune, Gustave apprend ce métier auprès de lui tout en développant très tôt une passion pour la peinture.
Après son certificat d’études, il travaille dans l’atelier familial jusqu’à la Première Guerre mondiale, où il sert dans l’artillerie avant d’être démobilisé en 1919.
Il découvre la peinture auprès du peintre local Henri Laigneau, mais reste d’abord artisan et se lance dans la maroquinerie de luxe à Paris, fabriquant des accessoires pour des maisons de haute couture comme Lanvin, Rochas ou Madeleine Vionnet. En parallèle, il expose ses premières œuvres au Salon des Indépendants dès 1925 et devient membre de la Société Nationale des Beaux-Arts en 1930, ce qui marque son entrée officielle dans le monde artistique parisien. De peintre voyageur à Peintre Officiel de la Marine Après la Seconde Guerre mondiale, Gustave Hervigo consacre entièrement sa vie à la peinture. En 1948, il obtient une bourse de la Société des Beaux-Arts d’Outre-Mer pour se rendre en Afrique Équatoriale Française, marquant le début d’un long travail de voyage et de représentation de paysages, de populations et de scènes de vie africaine.
Entre 1949 et 1981, il effectue 17 voyages à travers le monde, dont de nombreux séjours au Tchad, au Cameroun, au Gabon, en Centre-Afrique, mais aussi à Madagascar, l’île de La Réunion, la Nouvelle-Calédonie, les Nouvelles-Hébrides, Tahiti, la Norvège, l’Éthiopie ou encore la Côte d’Ivoire.
En 1963, il est officiellement nommé Peintre Officiel de la Marine, distinction honorifique qui lui permet de voyager avec la Marine nationale et de signer ses œuvres avec une ancre.
Hervigo est connu pour ses marines, paysages tropicaux et scènes de vie inspirées de ses nombreux voyages. Sa peinture se caractérise par une palette souvent réduite (il retire volontairement le bleu et le vert pour souligner les harmonies chromatiques qu’il observe en Afrique) et une attention particulière à la lumière et aux atmosphères locales. Il utilise diverses techniques : huile sur toile, gouache, aquarelle, dessins à l’encre — et ses œuvres ont été régulièrement présentées en vente aux enchères et exposées dans des galeries publiques et privées. Ses toiles ont été exposées dans plusieurs expositions personnelles, mais aussi au Musée National de la Marine à Paris en 1980, ainsi qu’à Rambouillet à plusieurs reprises.
Distinctions et reconnaissance Sociétaire de la Société nationale des Beaux-Arts (membre du jury en 1948). Prix de l’Afrique-Équatoriale Française (1949). Prix Puvis-de-Chavannes (1962). Peintre Officiel de la Marine (1963). Membre de l’Académie des Sciences d’Outre-Mer (1976).
Fin de vie et legs
Très attaché à Rambouillet, son œuvre complète est léguée à la ville peu avant sa mort en 1993, contribuant à enrichir le patrimoine culturel local. Malgré une œuvre riche et éclectique, Hervigo est resté relativement discret, préférant « le plaisir de peindre et de voyager » à la recherche de notoriété.
380 €
Epoque : 20ème siècle
Style : Autre style
Etat : Parfait état
Matière : Aquarelle
Référence (ID) : 1732893
Disponibilité : En stock
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