Bronze japonais de Yoshishi SHIBATA : Nu féminin avec draperie
Artiste : Yoshishi Shibata 柴田佳石,(1900-1968)
Cette expressive figure en bronze de Yoshishi Shibata 柴田佳石,(1900-1968), également connu sous les pseudonymes de
Kaishi ou Kachi, s'inscrit dans le courant raffiné de la sculpture académique
japonaise qui s'est développé entre la fin de l'ère Taishō et le début de l'ère
Shōwa.
Né à Tokyo en 1900 sous le nom de Fukushirō Kanno, Shibata est issu d'une lignée artistique exigeante ; il a étudié auprès du sculpteur de renom Kitamura Seibō, figure majeure de la transmission du naturalisme occidental à la sculpture japonaise moderne.
L'œuvre présentée ici révèle un sculpteur parfaitement imprégné de cette tradition académique, sans pour autant s'y soumettre. Le nu féminin est conçu dans une posture de contrapposto délicate, son corps se tordant subtilement tandis qu'un bras se lève derrière la tête dans un geste à la fois intime et introspectif. La composition évite un classicisme ostentatoire au profit d'une monumentalité plus compacte, presque introspective. Les volumes sont modelés avec douceur, l'absence de détails anatomiques superflus étant délibérée, ce qui permet à la figure d'osciller entre une présence naturaliste et une abstraction méditative et sereine.
Le traitement de la surface est particulièrement saisissant : le bronze présente une patine chaude et nuancée, dont la texture légèrement granuleuse capte la lumière et anime la forme, par ailleurs sobre. Cette sensibilité à la surface rappelle les grandes tendances de la sculpture du début de l'ère Shōwa, où le toucher et la masse étaient souvent privilégiés par rapport à la précision linéaire. Le regard baissé et les traits simplifiés du visage renforcent encore ce sentiment d'intériorité, inscrivant l'œuvre dans une réinterprétation typiquement japonaise des idéaux sculpturaux occidentaux. La carrière documentée de Shibata – qui comprend des œuvres d'exposition telles que « L'Homme fort » (présentée lors d'une exposition organisée par l'État en 1942), ainsi que des commandes publiques comme la Statue de la Jeune Fille du parc de Gifu et le buste de Fukuzawa Yukichi à l'université Keio – l'inscrit pleinement dans le cercle des sculpteurs de formation académique qui ont soutenu la culture sculpturale officielle du Japon jusqu'au milieu du XXe siècle. Son adhésion à l'Association japonaise de sculpture céramique en 1951 témoigne d'une pratique versatile, à la croisée des matériaux traditionnels et de la recherche sculpturale moderne.
Dans ce contexte, le bronze présenté ici peut être compris non seulement comme une œuvre d'atelier, mais aussi comme une composante d'une exploration plus vaste de la figure humaine, en parallèle avec ses commandes publiques. Il reflète une période de la sculpture japonaise où le langage importé du naturalisme européen avait été pleinement assimilé et subtilement transformé, tempéré par la retenue, l'introspection et une sensibilité raffinée à la matière. De ce fait, cette sculpture constitue un exemple convaincant du style mature de Shibata Yoshishi : à la croisée de la discipline académique et de l’expression personnelle, et emblématique d’une génération d’artistes dont les contributions, bien que souvent discrètes, restent essentielles à l’histoire de la sculpture japonaise moderne.
Né à Tokyo en 1900 sous le nom de Fukushirō Kanno, Shibata est issu d'une lignée artistique exigeante ; il a étudié auprès du sculpteur de renom Kitamura Seibō, figure majeure de la transmission du naturalisme occidental à la sculpture japonaise moderne.
L'œuvre présentée ici révèle un sculpteur parfaitement imprégné de cette tradition académique, sans pour autant s'y soumettre. Le nu féminin est conçu dans une posture de contrapposto délicate, son corps se tordant subtilement tandis qu'un bras se lève derrière la tête dans un geste à la fois intime et introspectif. La composition évite un classicisme ostentatoire au profit d'une monumentalité plus compacte, presque introspective. Les volumes sont modelés avec douceur, l'absence de détails anatomiques superflus étant délibérée, ce qui permet à la figure d'osciller entre une présence naturaliste et une abstraction méditative et sereine.
Le traitement de la surface est particulièrement saisissant : le bronze présente une patine chaude et nuancée, dont la texture légèrement granuleuse capte la lumière et anime la forme, par ailleurs sobre. Cette sensibilité à la surface rappelle les grandes tendances de la sculpture du début de l'ère Shōwa, où le toucher et la masse étaient souvent privilégiés par rapport à la précision linéaire. Le regard baissé et les traits simplifiés du visage renforcent encore ce sentiment d'intériorité, inscrivant l'œuvre dans une réinterprétation typiquement japonaise des idéaux sculpturaux occidentaux. La carrière documentée de Shibata – qui comprend des œuvres d'exposition telles que « L'Homme fort » (présentée lors d'une exposition organisée par l'État en 1942), ainsi que des commandes publiques comme la Statue de la Jeune Fille du parc de Gifu et le buste de Fukuzawa Yukichi à l'université Keio – l'inscrit pleinement dans le cercle des sculpteurs de formation académique qui ont soutenu la culture sculpturale officielle du Japon jusqu'au milieu du XXe siècle. Son adhésion à l'Association japonaise de sculpture céramique en 1951 témoigne d'une pratique versatile, à la croisée des matériaux traditionnels et de la recherche sculpturale moderne.
Dans ce contexte, le bronze présenté ici peut être compris non seulement comme une œuvre d'atelier, mais aussi comme une composante d'une exploration plus vaste de la figure humaine, en parallèle avec ses commandes publiques. Il reflète une période de la sculpture japonaise où le langage importé du naturalisme européen avait été pleinement assimilé et subtilement transformé, tempéré par la retenue, l'introspection et une sensibilité raffinée à la matière. De ce fait, cette sculpture constitue un exemple convaincant du style mature de Shibata Yoshishi : à la croisée de la discipline académique et de l’expression personnelle, et emblématique d’une génération d’artistes dont les contributions, bien que souvent discrètes, restent essentielles à l’histoire de la sculpture japonaise moderne.
600 €
Epoque : 20ème siècle
Style : Art d'Asie
Etat : Très bon état
Matière : Bronze
Hauteur : 35 cm
Référence (ID) : 1728760
Disponibilité : En stock
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