Rarissime édicule domestique à trois côtés vitrés, reprenant en version miniaturisée les formes ventrues et à coiffes galbées du mobilier vénitien, particulièrement l’alzata, partie haute de la ribalta (sorte de bureau-cabinet) également appelée par métonymie « trumeau » (en français) par nos amis transalpins.
Cet objet précieux est entièrement décoré selon la tradition lagunaire de l’Arte povera, plus à proprement parler Lacca contrafatta, dans une expression ici très aristocratique, complétée à l’intérieur par un exubérant décor miniature et illusionniste qui reprend les éléments architectoniques et ornementaux d’un espace sacré : soubassement de marbres polychromes feints, colonnes salomoniques enserrées d’enroulements d’acanthe, chapiteaux composites. Le reste du décor est constitué, dans un esprit rocaille très manifeste et de vifs coloris tels que le XVIIIe siècle ne les craignait pas (rose et vert vifs), de corniches à oves, de cartouches mouvementés, de guirlandes de fleurs, de coquilles, de marbres feints, de poudre de mica.
On déplore des manques au décor (intérieur comme extérieur), des fentes, les vitres modernes. Les photographies les documentent au mieux.
Le dos recouvert d’un papier marbré d’époque. La lacca contrafatta composée d’éléments floraux et de rinceaux stylisés dans des teintes encore vives et chaleureuses - veuillez noter que les couleurs sont moins vives sur Proantic, (pour une raison qui m'échappe !).
Un objet singulier, ayant probablement eu la fonction d’un « tabernacolo » domestique destiné à recevoir une petite figurine de dévotion.
Origine : selon toute vraisemblance, Venise.
Époque : XVIIIe siècle.




































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