Annonciation
Huile sur toile, cm 126 X 104
Cette délicate Annonciation provient du milieu artistique de Séville et a été réalisée par un peintre qui gravitait autour de l’atelier de Bartolomé Esteban Murillo. L’artiste s’inspire clairement de deux modèles célèbres du maître : les deux Annonciations que Murillo a peintes dans la sixième et la septième décennie du XVIIe siècle entre Séville et Madrid, œuvres qui se trouvent aujourd’hui au Musée du Prado à Madrid. Dans l’atelier de Murillo ces sujets circulaient largement, aussi bien sous forme de peintures (de ce thème Murillo réalisa plusieurs versions, aujourd’hui conservées au Musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg, au Rijksmuseum d’Amsterdam et à la Wallace Collection de Londres) des dessins, précisément parce qu’ils sont très demandés par un client désireux d’images capables de transmettre la consolation et la protection. L’œuvre montre en effet un caractère profondément intime, pensé pour la dévotion privée. C’est ce que suggère l’environnement dans lequel Marie se trouve : en bas, un simple panier de linge rappelle ses occupations quotidiennes, à peine interrompues par l’irruption du message divin. La Vierge n’est pas représentée comme une figure idéalisée, mais comme une jeune paysanne prise dans le geste humble de sa vie quotidienne. Nous sommes dans la Séville du milieu du XVIIe siècle, ville natale de Murillo, marquée par la terrible peste de 1649 qui décima sa population. Au cours de ces années, la demande d’œuvres religieuses à placer dans les maisons a énormément augmenté, presque comme des instruments de protection spirituelle. Un sujet comme l’Annonciation devient ainsi une image précieuse et rassurante : il n’est donc pas surprenant que l’atelier de Murillo en ait produit plusieurs variantes. L’archange Gabriel, agenouillé devant la Vierge, accomplit des gestes amples, presque d’acteur, qui contrastent avec le calme de la pièce : le dynamisme du messager céleste éclate dans le silence domestique, rendant évidente la portée extraordinaire de l’annonce. Au-dessus des figures au premier plan s’ouvre un tourbillon lumineux de nuages peuplés de putti qui assistent à l’événement; au centre, la colombe du Saint-Esprit plane dans la scène. Le maître sévillan a consacré une grande partie de sa production aux sujets religieux, devenant célèbre déjà dans les années quarante du XVIIe siècle, quand il peignit les treize toiles pour le cloître de San Francisco à Séville. Il avait été formé dans l’atelier de Juan Castillo, où il avait connu la peinture flamande grâce aux relations commerciales constantes que la ville entretenait avec l’Europe du Nord. Cette sensibilité, associée au séjour madrilène de 1658-1660, contribua à la définition de son style. Cette Annonciation est une peinture qui ne veut pas s’imposer par monumentalité, mais parler à la sphère plus personnelle de l’observateur.












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