Adoration des bergers (la nuit)
Huile sur toile, cm 142 x 101
avec cadre 158 x 117
La peinture présentée ici est l’œuvre d’un disciple d’Antonio Allegri dit le Correggio, actif au cours du XVIIe siècle, et s’inscrit dans la longue et heureuse tradition de dérivations inspirées par l’Adoration des bergers du maître émilien, universellement connue sous le nom de La Nuit. Le tableau reprend de manière évidente l’installation de composition et l’invention luministique qui rendirent célèbre le chef-d’œuvre corriggesco, en les adaptant à une sensibilité désormais pleinement du XVIIe siècle, attentive aux effets émotionnels et à l’implication directe du spectateur. La scène se déroule dans une écurie de nuit, dominée par le contraste entre l’obscurité environnante et la lumière surnaturelle émanant du corps de l’Enfant Jésus. La Vierge, placée au premier plan, contemple le Fils avec une expression douce et recueillie, tandis que l’éclat qui émane du nouveau-né illumine son visage et ses mains, créant un effet d’intense intimité domestique. Autour d’elle se tiennent les bergers, pris dans des attitudes de surprise et d’émerveillement, avec des gestes et des regards qui traduisent en forme visuelle l’émotion de la révélation divine. En arrière-plan, plongés dans une pénombre plus dense, apparaissent saint Joseph, l’âne et le bœuf, selon la tradition iconographique consolidée. En haut, parmi les nuages éclairés par des lueurs argentées, un groupe d’anges anime la partie supérieure de la toile, introduisant un élément dynamique et festif qui équilibre le calme de la scène terrestre. La présence d’une architecture en ruine, allusive de l’ancien monde païen qui cède le pas à la nouvelle ère chrétienne. L’œuvre traduit efficacement l’un des traits les plus innovants de la Nuit de Correggio : l’utilisation de la lumière comme manifestation tangible du divin. Ce complot, qui dans le tableau du XVIe siècle avait marqué un tournant décisif dans la peinture nocturne italienne, est repris par le disciple avec des accents plus marqués et théâtraux, en ligne avec le goût baroque désormais bien établi. La lumière ne modère pas seulement les volumes et guide le regard, mais devient un instrument narratif et émotionnel, capable de charger la scène d’une forte tension spirituelle. La chance extraordinaire de la Nuit de Correggio, commandée en 1522 par Alberto Pratoneri pour l’église de San Prospero à Reggio Emilia et achevée avant 1530, a contribué de manière déterminante à la diffusion de ce modèle iconographique. Admirée pendant plus d’un siècle dans son lieu d’origine et célébrée par des artistes tels que Diego Velazquez, Rubens et Jean Boulanger, l’œuvre a été acquise au XVIIe siècle par les ducs d’Este puis transférée à Dresde où elle est toujours conservée. Précisément cette longue saison de célébration et d’étude a favorisé la naissance de nombreuses répliques, variantes et réinterprétations, parmi lesquelles il faut placer cette Adoration des pasteurs. Le tableau se présente donc comme un témoignage significatif de la persistance de l’héritage corrigesca au XVIIe siècle, capable de conjuguer le lyrisme lumineux du maître avec un langage plus immédiat et dévotionnel.












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