Né à Paris en 1877, Georges Paul Leroux suit à l’École nationale des Beaux-Arts l’enseignement d’Albert Maignan puis de Léon Bonnat, maîtres du dessin rigoureux et de la grande composition. Cette formation académique fonde les principes de sa peinture : goût de l’ordre, architecture réfléchie des formes, sens du décor monumental.
En 1906, Leroux obtient le Prix de Rome de peinture et rejoint donc la Villa Médicis. La lumière méditerranéenne, la façon dont elle ordonne l’architecture l’inspire durablement. La décennie qui suit l’installe comme une figure montante du paysage figuratif moderne, à la croisée des héritages classiques et d’une adhésion à une simplification moderne des formes.
Carrière, succès et reconnaissance
Salons réguliers, commandes de l’État, participation à de grandes expositions: Leroux à son retour de Rome franchit toutes les étapes d’une brillante carrière. Ses œuvres sont acquises par des musées, ce qui contribue à asseoir sa réputation.
Dans l’entre-deux-guerres, son succès atteint son apogée. Il est sollicité pour plusieurs décors monumentaux — paquebots et bâtiments publics — et développe une production qui conjugue exigence plastique, narration maîtrisée et lisibilité formelle. On remarque chez lui une capacité rare à associer la construction savante héritée du classicisme aux teintes délicates et aux ambiances calmes que l’on associe alors à la modernité tempérée du « retour à l’ordre ».
Cette reconnaissance culmine en 1932 lorsqu’Henri Focillon, l’un des plus grands historiens de l’art de son temps, préface une exposition monographique consacrée à Leroux par la Galerie Charpentier. Focillon y célèbre la peinture de Leroux comme un art de « l’accord intérieur », où la rigueur de la composition n’exclut ni la poésie, ni le recueillement. Cette validation critique prestigieuse confirme que Leroux appartient au premier cercle des artistes français de son époque
Les œuvres parisiennes : une géographie personnelle
Si Rome et l’Italie marquent profondément son regard, Paris reste un territoire fondamental de Leroux, tant dans sa vie que dans son œuvre. Il y trouve une matière urbaine et végétale qui nourrit certaines de ses compositions les plus emblématiques.
Ainsi les parcs, les places, les perspectives parisiennes occupent une place essentielle. Les allées de Saint-Cloud, les terrasses du Luxembourg, les bords de Seine deviennent pour Leroux des motifs d’expérimentation : jeux d’ombre et de lumière, verticalité des arbres, lignes de fuite architecturales. Leroux aime inclure parfois le marqueurs de la modernité (automobiles, oeuvres contemporaines) dans ces lieux immortels. Leroux crée ainsi, au cœur de l’agitation parisienne, des espaces d’équilibre et de silence. La ville : une scène ordonnée
Leroux dans les musées français
L’importance de Leroux se mesure aussi à la présence de ses œuvres dans les collections publiques françaises. De nombreux musées, à commencer par le Louvre, conservent des tableaux de l’artiste et révèlent la variété de ses thèmes : paysages urbains, scènes méditerranéennes, œuvres inspirées de la Grande Guerre ou encore compositions plus intimes.
La représentation de Leroux dans ces institutions atteste non seulement de son succès de son vivant, mais aussi de la place durable que son œuvre occupe dans le patrimoine artistique du XXᵉ siècle.



























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