Élève du jeune sculpteur animalier Paul COLOMERA (1818-1890), qui avait lui-même suivit les enseignements du grand François RUDE, Jules MOIGNIEZ présente sa première sculpture, un groupe en plâtre représentant un Chien braque arrêtant un faisan, à l’Exposition Universelle de 1855 et obtient, à celle de 1878, une mention honorable. Il expose très régulièrement jusqu’en 1892.
Sculpteur animalier, Jules MOIGNIEZ cisèle de petits bronzes décoratifs qui trouvent leurs places dans nombres d’intérieurs bourgeois. L’heure est à la mode de la chasse, et ses œuvres, des aigrettes, des faisans, des hérons, des coqs et divers autres volatiles ainsi que des chiens, des moutons, des chèvres, des bovins, des chevaux, des gazelles s’inscrivent idéalement dans ce cadre-là, et rencontrent un grand succès. Il fait également une incursion fort appréciée dans la sculpture hippique avec ses trois groupes évoquant trois moments différents de l’univers des courses hippique, en Avant, Retour au Pesage et Vainqueur. La réussite de son fils, tant en France qu’en Angleterre ou aux États-Unis, motive suffisamment Jean-Baptiste Constantin MOIGNIEZ pour qu’il ouvre à Paris, vers 1850, une fonderie, rue Charlot, destinée à éditer les œuvres de son fils. Les bronzes de Jules acquièrent une valeur supplémentaire par la finesse de leur ciselure et la qualité de leur patine très réputée. En 1860, alors que son père s’installe à Saint-Martin-du-Tertre, dans la Val d’Oise, pour y couler des jours paisibles bien mérités, Jule reprend les rênes de la fonderie. En 1862, il remporte une médaille au Salon de Londres, et il vend plus de la moitié de sa production aux États-Unis.
Le jockey, vêtu de la casaque traditionnelle, adopte une posture expressive qui donne du mouvement au groupe : la main portée au front, il scrute l’horizon pour observer ses adversaires. Ce geste, à la fois naturel et narratif, introduit une dimension de mouvement suspendu et suggère l’instant d’attente avant la course ou la reconnaissance du terrain. De son autre main, il tient fermement les rênes, maîtrisant sa monture excitée par l’attente de la course. La composition est équilibrée : la stabilité du cheval contraste avec le geste dynamique du cavalier, ce qui anime l’ensemble sans rompre l’harmonie. En Avant illustre parfaitement cet engouement de la seconde moitié du 19ème siècle pour à la fois le monde des courses, la discipline sportive et son admiration pour le cheval.
Copyright



































Le Magazine de PROANTIC
TRÉSORS Magazine
Rivista Artiquariato