OBJET VENDU

Portrait civique, gentilhomme en pourpoint près d'une table avec une horloge, daté de 1595

Vendu
Portrait civique, gentilhomme en pourpoint près d'une table avec une horloge, daté de 1595
Vendu
Portrait civique, gentilhomme en pourpoint près d'une table avec une horloge, daté de 1595-photo-2
Vendu
Portrait civique, gentilhomme en pourpoint près d'une table avec une horloge, daté de 1595-photo-3
Vendu
Portrait civique, gentilhomme en pourpoint près d'une table avec une horloge, daté de 1595-photo-4
Vendu
Portrait civique, gentilhomme en pourpoint près d'une table avec une horloge, daté de 1595-photo-1
Vendu
Portrait civique, gentilhomme en pourpoint près d'une table avec une horloge, daté de 1595-photo-2
Vendu
Portrait civique, gentilhomme en pourpoint près d'une table avec une horloge, daté de 1595-photo-3
Vendu
Portrait civique, gentilhomme en pourpoint près d'une table avec une horloge, daté de 1595-photo-4
photo(s) supplémentaire(s)
Ce rare et fascinant portrait flamand de la fin du XVIe siècle compte parmi les exemples les plus complets et les plus stimulants intellectuellement de la peinture civique anversoise de cette période. Peint sur panneau et daté de 1595, avec l'âge du modèle soigneusement inscrit « Ætatis LVI », l'œuvre allie une qualité exceptionnelle, un excellent état de conservation, une héraldique lisible et une ressemblance d'une grande finesse psychologique. Peu de portraits de ce type conservent un ensemble aussi cohérent d'inscription, d'armoiries, d'objets symboliques et de raffinement pictural, ce qui en fait une œuvre d'une importance capitale dans le domaine de la peinture de portrait de la Renaissance nordique.

Le modèle, un homme de cinquante-six ans né vers 1539, est présenté, par les initiales peintes « V.D.S.V.D. » et les armoiries qui l'accompagnent, comme un membre de l'élite urbaine armigère, conformément à la culture patricienne anversoise et brabançonne. Ce format abrégé reflète une pratique courante en Flandre à la fin du XVIe siècle, où les noms de famille composés – van der S… van D… – étaient réduits à des initiales par souci de clarté et d'équilibre dans les inscriptions des portraits. Le monogramme pourrait vraisemblablement indiquer une lignée liée à la famille Van der Straeten ou à une autre branche ou alliance armigère Van der S— / Van D—. L'analyse héraldique corrobore cette interprétation : les armoiries présentent un lambrequin d'argent et de gueules, couleurs compatibles avec plusieurs traditions héraldiques patriciennes flamandes et brabançonnes (dont des variantes Van der Straeten), ainsi qu'un cimier sombre pouvant représenter un écartelé ou un blason allié. Une telle affirmation héraldique était caractéristique de la classe des marchands-magistrats, dont les membres utilisaient de plus en plus le portrait pour proclamer leur lignée, leur légitimité et la continuité de leur lignée durant une période d'incertitude civique.

La tenue du modèle est sobre mais indéniablement élitiste, datant précisément du milieu des années 1590. Il porte un pourpoint noir d'une précieuse teinture, coupé sans ostentation et emblématique de dignité, de sérieux moral et de richesse. À la fin du XVIe siècle à Anvers et dans le Brabant, le noir était la couleur de prédilection de l'autorité civique, largement adoptée par les magistrats, les marchands et les autorités juridiques à la suite des bouleversements religieux et politiques. Sa fraise blanche, soigneusement plissée, d'une taille modérée et d'un rendu soigné, correspond à la mode des années 1590, avant que la fraise n'atteigne ses formes architecturales les plus extravagantes. Ces fraises sobres étaient associées à la respectabilité professionnelle plutôt qu'à l'ostentation aristocratique, renforçant l'image du modèle comme un homme de responsabilité civique.

Les mains du modèle, peintes avec ampleur et autorité, et les deux bagues en or qu'il porte à l'auriculaire de la main gauche, sont particulièrement frappantes. Dans la peinture flamande contemporaine, le port de plusieurs bagues symbolisait souvent le pouvoir contractuel, la richesse issue du commerce ou l'autorité légale. L'une des bagues semble faire office de sceau, l'autre d'emblème de statut serti de pierres, soulignant ainsi le rôle de l'homme représenté comme un acteur de confiance dans la vie économique et civique de sa région. Il ne s'agit pas de gestes ornementaux, mais de signes délibérés de fonction et de responsabilité.

Sur la table recouverte d'un napperon vert, devant lui, repose une montre de table ouverte, dont le cadran est parfaitement visible. Dans les années 1590, ces mécanismes étaient des objets de luxe, appartenant aux personnes aisées et instruites, et étroitement associés aux notions d'ordre, de discipline et de responsabilité morale. L'aiguille est positionnée près de midi, ce qui peut être interprété non seulement comme un rappel de la mortalité, mais aussi comme un moment de plénitude et d'équilibre. Chez un homme de cinquante-six ans, ce symbole peut être compris comme l'expression d'une vie à son apogée – marquée par la vigilance, la responsabilité et une gestion avisée du temps – plutôt que comme un signe de déclin.

L’inscription « ANNO 1595 · ÆTATIS LVI », contemporaine du tableau, est exécutée en lettres capitales dorées à empattements, parfaitement intégrées à la surface picturale. Sa netteté apporte une rare certitude chronologique et confirme que le portrait est un acte délibéré d’autoportrait à un stade mûr de la vie. Conjuguée aux armoiries, elle situe fermement le modèle au sein de la culture de l’élite civique de la fin du XVIe siècle.

Le contexte historique de la réalisation du portrait lui confère une résonance particulière. Anvers, en 1595, était une ville en pleine reconstruction. Dix ans après sa chute aux mains des Habsbourg espagnols en 1585, elle redéfinissait son identité dans un contexte de réalignement confessionnel, de contraction économique et de départ de nombreux marchands protestants vers les Pays-Bas septentrionaux. Ceux qui restèrent formèrent une classe dirigeante résiliente – marchands, magistrats et chefs de guildes de confession catholique – chargée de stabiliser les institutions civiques et de redéfinir le rôle d’Anvers au sein des Pays-Bas espagnols. Durant cette période, le portrait constituait un puissant outil de continuité, affirmant la filiation, l'autorité et la stabilité morale en des temps incertains. Le modèle de ce portrait appartient indéniablement à ce monde.

Stylistiquement, ce tableau appartient à l'école d'Anvers des années 1590, s'inscrivant pleinement dans la tradition du portrait initiée par Frans Pourbus l'Ancien, bien qu'il ait été manifestement exécuté après sa mort en 1581. Le modelé doux des yeux, avec leurs paupières délicatement estompées et leurs rehauts subtils, le traitement sobre et atmosphérique de la chair, ainsi que la densité et la tonalité de la barbe, distinguent cette œuvre de la linéarité plus incisive d'Ambrosius Francken I et de la touche plus expressive de Martin de Vos. La fraise, sans la précision architecturale rigide caractéristique de Frans Pourbus lui-même, conserve néanmoins la sobriété de son style. Les mains, larges et sans emphase, expriment l'autorité sans ostentation, et l'atmosphère générale est empreinte de calme, d'introspection et de considération civique plutôt que courtoise.

Ce qui, en définitive, distingue ce portrait, c'est la cohérence de son message. Costume, gestes, héraldique, inscription et objets symboliques s'harmonisent pour construire une image d'autorité, de lignée et de responsabilité mesurée. Ce portrait d'une grande finesse est à la fois une représentation saisissante et une affirmation identitaire profonde à un moment charnière de l'histoire des Pays-Bas méridionaux. De ce fait, il offre non seulement un attrait esthétique, mais aussi un témoignage humain poignant de la vie civique de la fin du XVIe siècle. Sa qualité, son état de conservation, sa datation précise et sa richesse intellectuelle en font un exemple remarquable de la peinture de portrait anversoise et une œuvre d'un grand intérêt pour les collectionneurs et les institutions.

Inscription : « ANNO 1595 · ÆTATIS · LVI » et armoiries et initiales : « V.D.S.V.D.»

Dimensions : Hauteur 89 cm, Largeur 70 cm, Profondeur 7 cm (encadré) (Hauteur 35 cm, Largeur 27,5 cm, Profondeur 2,75 cm avec cadre)

Trouvez votre bonheur parmi des objets similaires :

Tableaux portraits

PORTRAIT OVALE D'UNE JEUNE FEMME SECONDE MOITIÉ DU 18ème SIÈCLE
Tableau Portrait Jeune Femme XIX Siècle.
Pierre Mignard (1612-1695) et atelier. Portrait d’une dame de qualité vers 1680.
D’apres Ingres.portrait De La Princesse De Broglie.huile sur toile encadrée .135x105cm
Portrait d'Un Jeune Garçon En Costume, Cercle De Giovanni Battista Tiepolo, Né En 1696
Paul MATHEY - Portrait d'une jeune fille au bonnet rouge

Londres SE26 4NT, Angleterre

+44 (0) 7875 412 111

Suivre l'antiquaire

CONTACTER

Recevez notre newsletter

facebook
instagram

Titan Fine Art
Paul MATHEY - Portrait d'une jeune fille au bonnet rouge
1664743-main-69317a25e8caa.jpg

+44 (0) 7875 412 111



Un message de confirmation vous sera envoyé par info@proantic.com.
Vérifiez votre messagerie, y compris le "courrrier Indésirable".