Cette ancienne montre de poche Elias Frères, fabriquée en Suisse vers 1880, se distingue dès le premier regard par sa présence solide et aristocratique. Son imposant diamètre de 55 mm et son épaisseur généreuse en font une pièce impossible à ignorer, évoquant l’époque où la montre de gentleman était à la fois un instrument de précision et un symbole de statut social. Le boîtier en métal argenté présente un guillochage profondément gravé, avec des frises géométriques élégantes et un écusson central conçu pour des initiales, le tout conservé avec une netteté remarquable. Le couvercle arrière reprend la même richesse décorative, créant un ensemble harmonieux, sobre et parfaitement équilibré.
L’ouverture du couvercle avant révèle un cadran immaculé, blanc et lumineux, mettant en valeur des chiffres romains noirs et une petite seconde finement équilibrée. Aucun signe d’usure n’est à relever : la surface est propre, homogène et parfaitement lisible. Les aiguilles de style Breguet conservent toute leur élégance d’origine et, grâce au verre entièrement intact, la lecture de l’heure est claire sous tous les angles. La carrure de la montre présente les poussoirs d’ouverture, discrètement intégrés à la boîte, ainsi qu’une couronne cannelée apportant un contraste visuel très séduisant. Conformément à son ancienneté, la montre présente un léger détail au niveau du mécanisme d’ouverture du couvercle avant : lors de l’action sur le poussoir, le couvercle ne s’ouvre pas automatiquement et il est nécessaire de l’aider délicatement avec le doigt. Il s’agit d’un ajustement courant sur les montres de poche du XIXᵉ siècle, qui n’affecte en rien l’excellent état de la boîte ni le parfait fonctionnement du mouvement.
En poursuivant l’ouverture du mouvement jusqu’à la cuvette, on découvre l’une des parties les plus fascinantes de la pièce. La surface richement gravée affiche fièrement les inscriptions Elias Frères – Genève, accompagnées des mentions Ancre – 15 Rubis et Remontoir, disposées dans une composition décorative typique des ateliers genevois de la période. L’indication Ancre confirme que la montre utilise un échappement à ancre, le système de précision le plus avancé et le plus fiable de son époque. Les 15 rubis correspondent aux paliers de pierre utilisés pour réduire la friction interne, signe distinctif d’un mouvement de qualité. Le terme Remontoir signale l’adoption du système de remontage par couronne, sans clé, une innovation très appréciée à la fin du XIXe siècle.
La mention Ligne Droite fait référence à la disposition rectiligne des éléments principaux du calibre, tandis que Spiral Breguet désigne le spiral conçu par le célèbre Abraham Louis Breguet, connu pour améliorer la stabilité et la précision du mouvement. Les motifs végétaux, les reliefs gravés et les lignes ondoyantes encadrent ces indications ainsi que le numéro de série, créant un ensemble visuel autant informatif qu’élégant. Cette cuvette, en plus de protéger le mouvement, constitue une véritable œuvre d’art où chaque courbe et chaque relief se perçoivent nets, profonds et expressifs.
Les autres couvercles internes présentent des guillochages élaborés selon des motifs géométriques minutieux qui captent la lumière en ondes et reflets soyeux, révélant le travail d’un artisan qui a pris soin d’orner même les parties invisibles de la montre. L’intérieur comme l’extérieur démontrent que cette pièce fut conçue non seulement pour mesurer le temps mais aussi pour célébrer le savoir faire et l’esthétique de l’horlogerie suisse de la fin du XIXe siècle.
À l’intérieur du boîtier se trouve le mouvement, sans doute l’une des zones les plus belles de la montre. Protégé par un verre arrière tout aussi impeccable, il arbore l’inscription Elias Frères – Genève ainsi que la mention de brevet datée du 27 janvier 1874. Les roues, les ponts et les vis composent un paysage mécanique fascinant, témoignage de la maîtrise des horlogers Elias Frères. Le mouvement fonctionne parfaitement, avec une douceur et une constance qui reflètent à la fois un entretien soigné et la qualité intrinsèque de sa construction.
Cette montre n’est pas seulement un instrument d’époque. C’est aussi un objet capable d’apporter une forte personnalité à toute collection. Par son format, son esthétique et son superbe état de conservation, elle est idéale pour être exposée en vitrine, intégrée dans une collection spécialisée ou offerte à quelqu’un qui apprécie la tradition horlogère suisse. Elle ferait également un effet spectaculaire comme pièce décorative dans un bureau ou un cabinet de travail, apportant caractère et un irrésistible souffle historique.
Sa rareté, son excellent état et son allure imposante en font une pièce particulièrement désirable. Elle est parfaite pour celui qui recherche une montre avec une véritable âme, pour le collectionneur qui apprécie la manufacture suisse du XIXe siècle ou pour celui qui souhaite offrir un cadeau vraiment mémorable. Cette montre a la capacité de créer un lien émotionnel immédiat et promet d’accompagner son futur propriétaire durant des générations.
Dimensions: diamètre 55 mm.
Histoire d’Elias Frères
La maison Elias Frères, établie à Genève au XIXe siècle, appartient à la tradition des petits ateliers horlogers suisses qui jouèrent un rôle essentiel dans l’essor de l’horlogerie de précision durant la seconde moitié du siècle. Bien qu’elle n’ait pas atteint la renommée de grandes manufactures comme Patek Philippe ou Vacheron Constantin, Elias Frères fit partie de cet important réseau d’artisans hautement qualifiés qui contribuèrent à façonner la réputation internationale de l’horlogerie suisse. Sa production, réalisée en quantités modérées, se distinguait par des mouvements robustes, une décoration soignée et un profond respect pour la tradition mécanique du pays.
Au XIXe siècle, Genève était l’un des centres névralgiques de l’horlogerie européenne. De nombreux ateliers fonctionnaient selon un système collaboratif dans lequel des spécialistes différents prenaient en charge les diverses étapes du processus horloger, du gravage des boîtiers et de l’ajustage des échappements jusqu’à la fabrication des aiguilles ou l’émaillage des cadrans. Dans ce contexte, des firmes comme Elias Frères se distinguèrent par leur capacité à unir qualité esthétique et précision mécanique. La présence d’un brevet daté du 27 janvier 1874, visible sur cette montre, confirme l’implication active de la maison dans l’amélioration des mécanismes et l’adaptation aux innovations de son époque.
Les montres produites par Elias Frères étaient appréciées aussi bien par les commerçants européens que par les voyageurs et acheteurs internationaux qui voyaient dans l’horlogerie suisse un symbole de fiabilité. Aujourd’hui, les pièces signées par cette maison sont particulièrement recherchées par les collectionneurs désireux d’acquérir des exemples authentiques du savoir faire genevois de la fin du XIXe siècle. Cette montre, avec son mouvement signé, son grand format et son état de conservation remarquable, constitue un témoignage précieux de cette tradition et mérite de trouver un lieu où elle sera admirée et préservée comme une part vivante de l’histoire horlogère.
Nous sommes des antiquaires professionnels. Pour voir plus de photos de cet article, veuillez cliquer sur ce lien:
https://www.antiguedades.es/en/antique-pocket-watches/5398-antique-elias-freres-silvered-metal-pocket-watch-switzerland-c1880.html




Le Magazine de PROANTIC
TRÉSORS Magazine
Rivista Artiquariato