Le corps présente un décor ajouré de cornes d'abondances encadrant de larges palmettes, rinceaux, acanthes, fleurettes et médaillons, reposant sur une base architecturée. Les prises latérales à enroulement reçoivent un riche décor. Le couvercle est sommé d'un frétel en grenade éclatée posé sur une terrasse rayonnante.
Quatre dauphins soutiennent la coupe et prennent place sur un socle circulaire, lui-même posé sur une base quadrangulaire ornée d'une frise de fruits et de roses épanouies alternant avec des médaillons fleuris sur fond amati. L’ensemble repose sur quatre pieds griffes.
La doublure intérieure est en cristal taillé d'oves, parfaitement ajustée à la monture.Poinçons sur le couvercle, le corps et la base :
- Maître-orfèvre : CAL un lion et une étoile au-dessus pour Charles-Antoine-Armand LENGLET ;
- Vieillard 1er titre (argent massif 950/1000 à Paris entre 1819 et 1838) ;
- Grosse garantie de Paris ;
- Moyenne garantie de Paris.
Poids brut : 718 gr.
Poids d'argent : 470 gr.
Le motif du dauphin constitue un thème récurrent dans l’ornementation de l’orfèvrerie d’époque Restauration. Hérité du vocabulaire décoratif de l’Empire, il est ici traité de manière différenciée, conservant tout en réintroduisant des références symboliques et monarchiques d’inspiration classique.
Rapport de condition :
Très bel état de conservation, tant de la monture que de la doublure.
Charles-Antoine-Armand LENGLET (1791-1855)
Orfèvre en grosserie établi 32, rue du Bourg l'Abbé à Paris.
Poinçon insculpé le 25 octobre 1823, biffé le 8 août 1843 : CAL et un lion surmonté d'une étoile dans un losange vertical.
Charles-Antoine-Armand LENGLET est le successeur de l’orfèvre Jean-Pierre-Nicolas BIBRON.
Il exerce au 32, rue de Bourg l'Abbé, où son établissement devient rapidement l’un des premiers de la capitale.
À un âge avancé, en 1843, il cède son atelier à l'orfèvre Pierre-François-Augustin TURQUET et se consacre alors à la sculpture, devenant l'élève de CARTELLIER. Cette vocation tardive explique le nombre relativement restreint de ses œuvres.
Il expose pour la première fois au Salon des Artistes Français en 1846, présentant deux bustes en marbre. En 1847, il exposeLa Fileuse, œuvre qui lui vaut une médaille de troisième classe et sera demandée par la ville de Saint-Quentin au Ministre de l’Intérieur[1].
En 1848, il présente Jeune fille jouant avec une chèvre, un plâtre, et obtient une médaille de deuxième classe.
Il reçoit également la commande d’une statue en bronze représentant le pastelliste Maurice-Quentin DE LA TOUR, présentée au Salon de Paris de 1855[2].
Parallèlement, LENGLET réalise de nombreuses peintures, principalement consacrées au travail des lavandières en bord de rivière ou de lac. Ces œuvres, conservées au sein de collections privées, ne semblent pas avoir été exposées de son vivant.
Charles-Antoine-Amand LENGLET décède à Paris le 23 octobre 1855.
[1] La ville de Saint-Quentin, alors dominée par une industrie textile florissante, adresse au ministre de l’Intérieur en novembre 1849 une supplique concernant la sculpture de LENGLET, souhaitant rappeler à chacun les travaux auxquels il doit ou le pain de sa famille ou son opulence. L’État acquit l’œuvre pour la somme de 6 000 francs par arrêté du 27 avril 1850 et l’envoie à Saint-Quentin le mois suivant. Elle est conservée au Musée Antoine Lécuyer de Saint-Quentin.
[2] Inaugurée en 1856 sur une place de Saint-Quentin non loin de la maison natale du peintre, cette statue de 2,5 mètres de hauteur sera détruite au cours de la Première Guerre mondiale. Cette œuvre constitue sa dernière participation à un salon.
MUSÉES, INSTITUTIONS PUBLIQUES ET OBJETS CLASSÉS
- MUSÉE VERGER-TARIN, Autin – Paire de flambeaux en argent ornée de frises, raies de cœurs et palmettes,inv. 01620011172.
- COLLECTION PARTICULIÈRE, Neufchâteau – Huilier et salière double en argent doré et cristal ornés de godrons, palmettes et végétaux, cassé Monument Historique, inv. IM88002052.
- COLLECTION PARTICULIÈRE, Neufchâteau – Huilier en argent et cristal orné de godrons, classé Monument Historique, inv. IM88002051.
- MOBILIER NATIONAL, Paris– Buste, plâtre et stuc, inv. GMLC-313-000.
- MUSÉE ANTOINE LÉCUYER, Saint-Quentin – La Fileuse. 3e Prix au Salon de Paris de 1847.
EXPOSITIONS
- La Collection d'argenterie du musée Verger-Tarin, musée Rolin, Autun, 2 février - 28 avril 1985.
BIBLIOGRAPHIE
- Jean BERTHOLLET, Le Mobilier français du XVIIIe siècle, éditions Jussieu Autun, 1947.
- La Collection d'argenterie du musée Verger-Tarin, musée Rolin, Autun, 2 février - 28 avril 1985.






























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