Orangerie des princes de Condé à Chantilly (1682-1799)

Cette exposition à découvrir dans le Cabinet des Livres fait renaître la vaste orangerie du Domaine de Chantilly, aujourd’hui disparue.

Ancrée dans la mode des arbres décoratifs aux XVIIe et XVIIIe siècles, l’Orangerie correspondait à l’esthétique, à l’économie, et aux symboles mis en place par le Grand Condé, rival en magnificence du Roi-Soleil.

Elle témoignait du faste des princes, mais aussi de l’intelligence pratique de leurs architectes (Hardouin-Mansart) et jardiniers (Le Nôtre, La Quintinie).

Adam PERELLE (1640-1695), Veuë et perspective de la Serre de l’Orangerie et d’une partie de la Gallerie des Cerfs à Chantilly.

Cette exposition s’intéresse à l’histoire du bâtiment et à son fonctionnement.  Ce grand bâtiment de 136 m de long et 9 m de large construit en 1683  se trouvait en contrebas du Jeu de Paume.  Côté sud, 26 baies ouvraient l’orangerie sur l’extérieur pour attirer la chaleur. Mais côté nord, la façade était totalement fermée, pour préserver les orangers des hivers rudes.

Des documents du musée et des archives du château, quelques pièces provenant de la Bibliothèque nationale et des Archives nationales,  gravures des XVIIe et XVIIIe siècles permettront aux visiteurs de redécouvrir un pan oublié de l’histoire du domaine.

Comment soupçonner, en visitant aujourd’hui le domaine de Chantilly, qu’une des plus grandes orangeries de la France des XVIIe et XVIIIe siècles, édifiée par Jules Hardouin-Mansart, et son parterre, luxuriant et enchanteur, dessiné par André Le Nôtre, comblaient les sens aiguisés des visiteurs.  Ce bâtiment, né en 1683 de la volonté de l’illustre Grand Condé et de son fils, Henri-Jules, fut durant plus d’un siècle, et jusqu’à sa démolition en 1799, une insolente intrusion exotique en terre picarde.

On y trouvait des milliers d’arbres, venus des mêmes fournisseurs que ceux de la cour du roi. Il n’y avait pas de réelle concurrence avec l’orangerie de Versailles, mais celle de Chantilly représentait le fait du prince ! Sa fierté.

L’orangerie sera livrée au pillage à la Révolution. Elle aura vécu 116 ans.

Aujourd’hui disparue, c’est le Cabinet des livres du Domaine qui la fait renaître, à travers une exposition des 79 pièces restantes. Livres, estampes et visuels retrouvés dans le château.

En savoir plus:

Cabinet des Livres du château de Chantilly jusqu’au 7 janvier 2018.

www.domainedechantilly.com/fr/