La Peinture en Tondo

Le Tondo (tondi au pluriel) est un tableau de forme circulaire abondamment utilisés à la Renaissance italienne pour les desco da parto, plateaux d’accouchée offert à la mère pour son premier né (primogenito). De grands peintres les ont illustrés, sur les deux faces, en usant des sujets mythologiques, symboliques, religieux ou profanes.

Avec le tondo, la Renaissance reprend à son compte un type antique qu’elle redécouvre parmi les plus vieux monuments romains, qu’il s’agisse de l’oculus ou du clipeus des sarcophages païens et paléo-chrétiens ou encore des portraits des stèles funéraires, comme la stèle du musée régional d’Alba Julia. Dans la peinture romaine, les exemples de portraits ou de représentations mythologiques sous forme circulaire abondent (mosaïques, peintures sur verre, etc.).

Paire de tableaux de fleurs peints sur panneaux de bois en tondo
(c) Galerie Saint Benoit

 

Le tondo aura des destinées bien différentes. Tantôt il sera associé à de grands et lourds encadrements décoratifs de plafonds ou soffites, dès la seconde moitié du XVIe siècle (salle des Quatre Portes du palais ducal à Venise, 1574-1581, où se rencontrent les motifs ronds et ornés), tantôt il réapparaît sous la forme d’un tableau amovible destiné à accueillir des sujets mythologiques et des portraits, le plus souvent féminins, surtout au XVIIIe siècle, pratique qui n’est pas sans rapport avec la mode des miniatures et des camées portatifs.

Placé au plafond, le tondo sert souvent associé aux types de peintures allégoriques nommées les Apothéoses, servant à déifier les puissants en les représentant en l’air. Ce sont alors des décorations de plafond de la taille des fresques murales, et non plus des tableaux ronds.

Huile sur papier en tondo.
(c) Galerie Diane et Eric Lhoste

En Europe, les plus grands maîtres s’y sont illustrés, depuis Jean Maluel (1400) et les peintres de la Renaissance italienne, fla­mande et hol­lan­daise, sans oublier les grands peintres des siècles suivants, les Goya, Delacroix,… jusqu’à Ingres et son Bain turc

A partir de 1900, de nom­breux pein­tres ont été atti­rés par le tondo en tant que forme idéale et un défi formel à rele­ver en s’adap­tant à ses par­ti­cu­la­ri­tés. Certains y ont trouvé le renou­veau de leur art et la forme idéale de leur expres­sion.