La maison de Victor Hugo est la seule institution à pouvoir témoigner, par ses collections, de ce domaine de la créativité hugolienne: la décoration, part la moins connue de son œuvre mais non la moins fascinante.
Relevant le défi des décors disparus ou indéplaçables, cette exposition tente de rendre sensible et de documenter la méthode et l’esprit de l’écrivain décorateur.
Le rêve du décor à travers le dessin, le rôle de Juliette Drouet et les échanges familiaux, les appartements d’avant l’exil et ceux du retour à Paris, le grand œuvre de Hauteville House, la curiosité du chineur compulsif que fut Hugo sont autant de lignes de force d’un parcours se déployant sur les deux étages du musée. Les meubles et panneaux gravés et peints, des décors créés pour Juliette Drouet à Guernesey, ou le mobilier de la dernière chambre de Victor Hugo en sont aussi les points forts.
Décorateur au sens plein de terme, voir designer, Victor Hugo reste poète, mettant dans ses créations autant sa science de la lumière, des matériaux ou de la couleur que sa philosophie, ses croyances, sa mémoire mais aussi sa fantaisie.
Le parcours de l’exposition
La salle d’introduction propose « d’entrer dans le sujet » par la sensibilité avec des dessins de Victor Hugo où il met en scène ses propres décors ou bien reproduit des objets décoratifs qui semblent avoir arrêté son imaginaire.
« Les décors perdus »
Peu d’éléments subsistent sur le décor des appartements parisiens de Victor Hugo, avant l’exil : quelques objets, un seul dessin, l’arrière-plan de certaines peintures et des témoignages écrits. Le plus spectaculaire est la « bannière ottomane » qui ornait le grand salon de la Place Royale. Ceux-ci permettront cependant une évocation de ces décors.

Paris Guernesey : « Juliette »
Le goût des chinoiseries et des porcelaines, des bibelots et de la décoration a joué un rôle important dans la passion de Victor Hugo et de Juliette Drouet. Les témoignages sont nombreux et divers de cette complicité qui culmine avec les décors réalisés par Victor Hugo pour les deux maisons habitées par Juliette Drouet à Guernesey, visible au deuxième étage du musée.
Les échanges familiaux
Le décor est le lieu de la vie familiale ; il en est aussi l’expression. Des échanges en accompagnent la création : Victor Hugo offre coffres ou cadres peints aux siens, Mme Hugo façonne des cadres recouverts de velours, Charles y met la main ou chine des objets pour son père. Charles est aussi l’auteur du premier livre présentant Hauteville House qui devait être illustré à partir des photographies d’Edmond Bacot. Dans un précieux exemplaire le bibliophile Louis Barthou avait relié des dessins de Victor Hugo, recherche pour ses décors qui nous font entrer dans sa création.
« Hauteville House »
Pour évoquer Hauteville House, on proposera aux visiteurs la visite virtuelle de Hauteville House à 360°.
« La tour du Nord »
Après que les membres de la famille aient quitté Hauteville House, Victor Hugo condamna la salle de billard qui était le lieu emblématique de la vie familiale. Cette pièce devint une réserve dans laquelle le poète remisait les objets qu’il ne cessait d’acheter, en inlassable amateur, peut-être dans l’attente d’un éventuel, mais improbable, usage. À cette image, on se propose de donner une sorte de réserve ouverte de l’imaginaire décoratif de Victor Hugo, à travers ces objets flottants de Hauteville House, accumulés par le poète sans destination précise.
Dans l’appartement
L’intégration de l’appartement dans le parcours de l’exposition se justifie par les trois ensembles décoratifs qui s’y trouvent : le « salon chinois », la « salle à manger », la « chambre mortuaire ».

Souvenirs parisiens
Le salon rouge conserve plusieurs meubles qui faisaient partie du décors de l’appartement original place Royale.
Hauteville II, les panneaux peints
Le « salon chinois » est la pièce la plus spectaculaire du musée. Elle réunit les panneaux gravés et peints par Victor Hugo pour Hauteville II, la maison de Juliette Drouet à Guernesey, des céramiques et quelques meubles. L’ensemble était réparti dans plusieurs pièces de la maison de Juliette. Ils furent réinstallés au musée pour sa création, dans des disposition ne correspondant pas à celles d’origine, parfois même en coupant certains panneaux. C’est donc du faux fait avec du vrai.
Hauteville II, les meubles
Cette salle qui, comme la précédente sera complétée par la présentation de documents expliquant la façon dont Victor Hugo conçevait les meubles qu’il faisait réaliser par ses menuisiers.
Fascination
Le petit cabinet sera utilisé pour un accrochage de photographie des collections montrant la fascination qu’exerce Hauteville House sur des artistes contemporains
La chambre mortuaire
Cette salle constitue le troisième point fort de l’appartement avec le mobilier de la chambre dans laquelle Victor Hugo est mort.
Maison de Victor Hugo
6 place des Vosges 75004, Paris
Exposition jusqu’au 26 avril 2026


