Sage comme une image ? L’enfance dans l’œil des artistes de 1790-1850

Après trois années d’une riche collaboration avec le musée du Louvre (2019-2021) puis avec le musée d’Orsay (2022), le musée des Beaux-Arts de Bordeaux (MusBA) renouvelle en 2025 sa dynamique partenariale avec de grands musées nationaux et en région. Il s’associe ainsi au musée de Tessé du Mans et au musée du Louvre pour présenter Sage comme une image ? L’enfance dans l’œil des artistes, une exposition qui éclaire les rôles assignés à l’enfant et ses représentations artistiques dans la société française de 1790 à 1850. Cette exposition repose sur un dialogue fécond entre les arts académiques (peinture et sculpture) et le médium nouveau qu’est alors la photographie.

Jean Auguste Barre, Louise Delaroche et son fils Horace, vers 1845, ivoire © musée du Louvre RMN-GP, Photo : Pierre Philibert.

Ce demi-siècle de l’histoire de France encore peu étudié, très mouvementé sur les plans politique et philosophique, est aussi une période de formidable fermentation artistique. Quelles représentations de l’enfance les peintres, sculpteurs et photographes de cette époque ont-ils proposées ? Comment ces images adhèrent-elles à l’esprit de leur temps, et en quoi s’écartent-elles de certaines réalités sociales ? Et aujourd’hui : nous reconnaissons nous encore en elles ? Nos regards sont-ils en mesure de toutes les accepter et de toutes les comprendre ?

Le parcours thématique entraîne le visiteur du mythe de l’innocence hérité des Lumières à l’enfant soldat, des princes maudits aux orphelins, des mendiants aux jeunes prodiges et aux écoliers en passant par une grande galerie de portraits peints, sculptés ou photographiés.

À côté de grands noms incontournables de la période (Eugène Delacroix, Théodore Géricault, Anne-Louis Girodet, Jean-Auguste-Dominique Ingres, Camille Corot, Pierre-Jean David d’Angers, James Pradier ou encore Honoré Daumier), l’exposition met en avant des artistes souvent méconnus parce que féminines ou éloignés des cercles parisiens (Auguste de Châtillon, Jeanne-Elisabeth Chaudet, Sophie Feytaud-Tavel), ainsi que des œuvres inédites ou rarement présentées.

L’enfant endormi dans un berceau sous la garde d’un chien courageux, 1801 Huile sur toile Paris, musée du Louvre, département des Peintures, inv. R.F. 706

Bénéficiant de prêts exceptionnels du musée du Louvre, elle réunit une centaine d’œuvres (peintures, sculptures, arts graphiques et photographies) issues de collections publiques et privées françaises, notamment d’Ile-de-France et du grand ouest. L’étape bordelaise met aussi en valeur les collections du Sud-Ouest de la France, avec des œuvres de plusieurs musées de Nouvelle-Aquitaine (musée des Beaux-Arts de Libourne, musée des Arts décoratifs et du Design de Bordeaux, collection Goupil-musée d’Aquitaine, musée Bernard d’Agesci de Niort, ou encore musée d’Art et d’Histoire de La Rochelle).

Vernet Horace (1789-1863) – Ferdinand-Philippe-Louis, duc de Chartres tenant un cerceau Huile sur toile Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, inv. V. 2015.32

En résonance avec cette présentation, le MusBA propose, en partenariat avec des structures du champ médico-social, Récits d’enfance, une exposition à voir et à écouter, à partir de ses propres collections (13 juin 2025 – 5 janvier 2026, salle des Actualités, aile Lacour), ainsi qu’une signalétique intégrée au parcours permanent pour mieux identifier les œuvres portant sur l’enfance et la jeunesse, en-deçà et au-delà des bornes chronologiques de l’exposition.

 jusqu’au 3 novembre 2025 à la Galerie des Beaux-Arts de Bordeaux

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