Portrait d’une dame avec son fils

Portrait d’une dame avec son fils,
Atelier de François Hubert Drouais (Paris 1727-1775)
Ecole Française du milieu du XVIIIème siècle, vers 1760

Provenance :
Collection Camille Groult (1832-1908), industriel et collectionneur d’art français.
Puis par descendance, la vente de sa collection Galerie Charpentier, Collection Groult 21 mars 1952, n°74

(c) Galerie Nicolas Lenté, Proantic

L’œuvre que nous présentons constitue un exemple rare du portrait familial français du milieu du XVIIIème siècle. Evoquant à la fois la tendresse maternelle et la continuité dynastique, l’accent est mis sur l’exubérance vestimentaire des deux protagonistes dans le but d’afficher leur statut élevé dans la société et de souligner la richesse familiale.

D’un point de vue stylistique, le traitement subtil des carnations, l’attention portée au rendu des étoffes et des dentelles, la composition soignée et très bien construite évoque un artiste parisien de l’entourage direct de François Hubert Drouais. La recherche d’une dimension psychologique et sa spécialisation dans les portraits d’enfants nous permettent d’envisager que l’œuvre est peinte au sein de son atelier par un élève ou un collaborateur d’atelier.

(c) Galerie Nicolas Lenté, Proantic

François-Hubert Drouais, dit Drouais le fils (né le 14 décembre 1727 à Paris, où il est mort le 21 octobre 1775) est un peintre français, spécialisé dans les portraits, dont il domine la production à la fin du règne de Louis XV.

Il devient successivement l’élève de son père, Hubert Drouais, de Donat Nonnotte, de Carle Van Loo, de Charles-Joseph Natoire, et de François Boucher. Reçu membre de l’Académie royale, le 25 novembre 1758, sur présentation d’un portrait de Coustou et d’un portrait de Bouchardon (aujourd’hui au Louvre) comme morceau de réception, il est rapidement appelé à Versailles.
Il devient l’un des peintres favoris de Madame de Pompadour, dont un célèbre portrait, peint en 1763-1764, est aujourd’hui conservé à la National Gallery de Londres. Et travaille ensuite pour madame du Barry. Il acquiert rapidement une grande notoriété à la cour, exécutant des portraits de la famille royale et de la noblesse (comme le Portrait de Madame de Tencin), des artistes (comme Edme Bouchardon, sculpteur, Paris, musée Carnavalet), en pied ou en buste, et portraiturant également les visiteurs de marque invités à Versailles. Se montrant peu soucieux de rendre la vérité psychologique de ses sujets, il verse volontiers dans la flatterie, en idéalisant considérablement ses modèles, tout en intégrant une originalité dans le portrait de cour, qui le détache de « la grandeur baroque de Rigaud et des mythologies allégoriques de Nattier ».

(c) Galerie Nicolas Lenté, Proantic

Il se distingue dans les portraits d’enfants, dont Le comte d’Artois et sa sœur, madame Clotilde[1], est l’exemple le plus émouvant, mais l’on peut citer également les Enfants du duc de Bouillon déguisés en petits Savoyards, Le duc de Berry et le Comte de Provence au temps de leur enfance, Alexandrine Lenormant d’Etioles et Petite fille tenant sa poupée. Il renouvelle également la tradition des portraits familiaux (par exemple la Famille du marquis de Sourches, 1756, présenté au salon de 1759, conservé à Versailles), plaçant les modèles dans un décor subtil et vrai, à l’inverse de la théâtralité de François Boucher, et annonce ainsi les portraits sensibles d’Elisabeth Vigée-Lebrun. L’idéalisation du modèle l’amène parfois à une certaine superficialité, et une inexpressivité, alliée aux tons porcelaineux des chairs fardées un peu artificiels et exagérés, qui le rattachent ici à la génération de Nattier. Cependant, Diderot reconnaît en lui une « agréable invention », et Drouais montre un talent dans la mise en scène de détails anecdotiques, d’animaux de compagnie, et d’accessoires qui révèlent un certain talent pour la nature morte, et le place comme la figure dominante de l’art du portrait à la fin du règne de Louis XV.

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