Pendule à cercles tournants en marbres blanc, bleu turquin et bronze ciselé et doré
Le mouvement rectangulaire a été réalisé pour le vase dans lequel il s’ajuste, échappement à roue de rencontre, suspension à fil du balancier, sonnerie au passage des heures et des demies avec roue de compte sur la platine arrière. Les cercles tournants en bronze doré ornés de losanges pour les heures et de rosaces pour les minutes. Ils présentent des cartouches en émail à chiffres Romains pour les heures et Arabes pour les minutes. La main droite de l’amour forme l’index fixe.
Le remontage du mouvement s’effectue sur la droite et de la sonnerie sur la gauche, par deux ouvertures dans le marbre sur le côté droit au niveau de la tête de lion. Le réglage avance retard est positionné à plat sur le dessus du mouvement, par un index circulaire gradué, A/R.
L’oscillation du balancier est verticale de l’avant vers l’arrière du mouvement, ce qui est inhabituel.
Epoque Louis XVI, vers 1780

(c) Galerie Pellat de Villedon, Proantic
Historique
Au début de la seconde moitié du XVIIIe siècle, nous assistons à un renouvellement des schémas ornementaux qui prévalaient jusqu’alors dans les arts décoratifs parisiens. En effet, suite aux découvertes archéologiques de Pompéi et d’Herculanum, grands amateurs, artistes et artisans, vont progressivement adopter les nouvelles règles du Néoclassicisme. Dans le domaine particulier de l’horlogerie, ce bouleversement va entraîner la création de nouveaux modèles de pendules dits à cercles tournants, adaptés plus élégamment que les cadrans circulaires à leur nouvel écrin en forme de vases à l’antique. Cette nouvelle vogue qui répondait aux attentes des grands collectionneurs atteindra son apogée sous le règne de Louis XVI.

(c) Galerie Pellat de Villedon, Proantic
La pendule que nous proposons fut réalisée dans ce contexte et se distingue de la quasi-totalité des autres exemplaires connus, réalisés en bronze doré, par l’association d’un vase en marbre blanc et d’un décor de bronze ciselé et doré dont la finesse d’exécution permet une attribution au ciseleur Pierre Gouthière. Enfin, parmi les rares autres exemplaires répertoriés, réalisés dans le même esprit et employant ces deux mêmes matériaux, citons particulièrement: un premier modèle qui a été vendu aux enchères chez Christie’s, à Londres, le 6 avril 1978, lot 14 : ainsi qu’un second, les côtés à têtes de bélier et le couvercle du vase orné d’un putto sculpté dans la masse, qui se trouvait anciennement dans la célèbre collection du comte Greffulhe dispersée à Londres en 1937 (vente Sotheby’s, le 23 juillet 1937, lot 38).

(c) Galerie Pellat de Villedon, Proantic
Biographie
Pierre Gouthière (1732-1813)
Pierre Gouthière est certainement le plus talentueux ciseleur parisien de son temps. Patronné par le duc d’Aumont, l’un des plus grands collectionneurs de la seconde moitié du XVIIIe siècle, Gouthière obtient en 1767 son brevet de doreur ordinaire des Menus Plaisirs du Roi, administration royale qui gérait notamment les commandes privées passées par le souverain aux artistes et aux artisans. Cette nomination lui permet d’acquérir une extraordinaire notoriété et de se composer la plus belle clientèle de l’époque uniquement composée d’amateurs d’objets rares et précieux, parmi laquelle figuraient, outre la famille royale et le duc d’Aumont, de grands aristocrates tels que le marquis de Marigny, frère de la marquise de Pompadour, la princesse Kinsky, la comtesse Du Barry, maîtresse du Roi, la duchesse de Mazarin, le duc de Duras, la duchesse de Villeroy…ainsi que de grands financiers, particulièrement Baudard de Saint-James, richissime trésorier général de la marine, et le puissant banquier Thélusson.
Provenance :
Ancienne collection Seligmann
Collection du Baron Eugène Fould
Collection Nathaniel de Rothschild
Inventaire :
Georges Samary, « collection de Monsieur le Baron Eugène Fould » Juillet 1913, N°8.