Albert-Ernest Carrier-Belleuse (1824-1887) – Manufacture de Choisy-le-Roi
Les Trois Grâces – circa 1880
Élégante sculpture en faïence polychrome figurant les Trois Grâces, divinités de la beauté et du charme, représentées en ronde et soutenant une coupe décorative. Drapées de voiles aux tons pastel – bleu, jaune et rose – elles expriment l’harmonie et la grâce qui caractérisent l’art raffiné de Carrier-Belleuse. La pièce, signée sur la terrasse et estampillée HB & Cie Choisy-le-Roi au revers, repose sur un socle indépendant en faïence orné de fleurettes délicatement modelées et peintes.
Professeur de Chéret et de Rodin, directeur de la manufacture de Sèvres, Carrier-Belleuse incarne le renouveau décoratif du XIXe siècle, alliant inspiration néoclassique et virtuosité de la faïence artistique

Les Trois Grâces – circa 1880.
(c) Galerie Origine, Proantic
Albert-Ernest Carrier de Belleuse, dit Carrier-Belleuse (1824-1887)
Véritable entrepreneur et expérimentateur, le sculpteur Carrier-Belleuse que l’on a surnommé le « Clodion du Second Empire » a su embrasser la révolution industrielle dès le début de sa carrière et s’adapter aux évolutions technologiques qui ont transformé l’art de sculpter dans la seconde moitié du XIXème siècle. Il répond notamment en 1850 à l’appel de l’industrie britannique en pleine campagne de promotion et devient à la fois modeleur pour la fabrique de Minton et enseignant en dessin. Il fournit aussi de nombreux modèles à d’autres manufactures en Angleterre et en France. Cette expérience lui permet de se familiariser avec la fabrication des céramiques. En 1876 il est nommé directeur de la manufacture nationale de porcelaine de Sèvres. Cependant une autre manufacture qui connait un grand succès à la fin du siècle diffuse un grand nombre de ses modèles en faïence : la manufacture de Choisy le Roi.

Les Trois Grâces – circa 1880.
(c) Galerie Origine, Proantic
Cette faïencerie connait un véritable succès lors de sa prise en main par Hippolyte Boulenger en 1863. En introduisant un procédé importé d’Angleterre qui imite la porcelaine de Chine et en renouvelant les créations de la manufacture, le nouveau directeur permet aux faïences de Choisy-le-Roi d’être reconnues au niveau international. Le propre fils de Carrier-Belleuse, Louis- Robert (1848- 1913) en devient le directeur artistique de 1890 à 1895. Intéressé très tôt par les arts industriels, Louis-Robert a travaillé auprès de son père à la manufacture de Sèvres avant de bénéficier d’une formation par le célèbre céramiste Théodore Deck. Fournisseur également de nombreux modèles et directeur de la politique de production de la manufacture, il fait exécuter des oeuvres d’après des modèles de son père mort en 1887.