COUPE à SIX GODRONS
Jacques I LAUDIN (vers 1627-1695)
Limoges, France, XVIIème siècle
Cuivre émaillé
H. : 4,5 ; Long. : 16,5 ; L. : 17,5 cm

(c) Galerie FCP Coridon, Proantic
Coupe ronde à six godrons et à deux anses en cuivre émaillé à fond hexagonal figurant Cupidon ailé portant son carquois en bandoulière et chevauchant un lion au premier plan d’une scène paysagée. Les lobes sont ornés d’un décor polychrome de fleurs et oiseaux sur fond blanc.
Le revers est centré d’un médaillon figurant une chaumière devant un étang. La frise périphérique est rythmée de deux figures aviaires, de fleurs à adjonctions de petits carrées de feuilles d’argent appelées « paillons » en lieu des pétales, et rinceaux feuillagés en or sur fond noir.
Les anses sont plates et ajourées à décor de rinceaux en or sur fond noir.
Porte le monogramme IL en lettres dorées en bas au centre de la scène principale.

(c) Galerie FCP Coridon, Proantic
Apparue au XVe siècle, la technique de l’émail peint sur cuivre, qui marque la disparition progressive de celle de l’émail champlevé – lequel consiste à enlever du cuivre pour y incruster de l’émail -, atteint au XVIe siècle un niveau d’excellence qui lui permet de rivaliser avec la peinture. L’émailleur appose sur une plaque de cuivre des couches d’émail colorées par des oxydes métalliques : chaque couleur nécessite une cuisson spécifique. Les effets chromatiques et lumineux séduisent les collectionneurs qui apprécient ces pièces raffinées et délicates, témoignant de l’excellence technique des émailleurs.

(c) Galerie FCP Coridon, Proantic
L’éclat de l’émail peint sur cuivre
Les rois Louis XII, François Ier et Henri II, quelques aristocrates fortunés comme le connétable Henri de Montmorency-Bouteville, amateur de ce type de production, en assurent la renommée et favorisent les carrières de personnalités artistiques : Le prétendu Monvaerni, le maître de Louis XII, Nardon, Jean Ier et Jean II Pénicaud, Colin Nouailher, Martin Ydeux, Léonard Limosin, Pierre Reymond, Pierre Courteys, etc.
Alors que les premières pièces, au début du XVe siècle, sont encore de dimensions modestes et d’ambition picturale assez limitée, celles de la fin du XVIe siècle sont d’une qualité exceptionnelle : les portraits de Léonard Limosin sont considérés, de l’avis de tous les spécialistes, comme de véritables chefs-d’œuvre. C’est à cette production de la seconde moitié du XVIe siècle qu’appartiennent les œuvres de Colin Nouailher, parfois prénommé Couly, membre d’une importante dynastie d’émailleurs, et qui se fit une spécialité d’objets en grisaille ou de plaques polychromes représentant volontiers des scènes de l’iconographie religieuse.