Lion couché en marbre de Boulogne, période médiévale.
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Lion couché en marbre de Boulogne, période médiévale.

Petit lion couché sculpté dans le marbre de Boulogne, pierre marbrière du Boulonnais, mesurant 23 cm de longueur, 15 cm de largeur et 14 cm de hauteur.

Le corps ramassé, les pattes repliées sous lui, la tête légèrement relevée et posée sur une patte avant, le lion adopte une posture de repos empreinte de vigilance. Le traitement des volumes est sobre et stylisé : les formes sont pleines, arrondies, l'anatomie volontairement simplifiée. Une présence tranquille se dégage de cette figure, à la fois animale et symbolique.

Cette sculpture s'inscrit dans l'esprit de la statuaire du Moyen Âge, entre le XIIe et le XIVe siècle, période durant laquelle le lion occupe une place importante dans l'art religieux, funéraire et monumental. Aux pieds des gisants, il accompagne notamment les représentations de chevaliers, de nobles et de grands personnages. Symbole de force, de courage, de noblesse et d'autorité, il devient une sorte de compagnon de pierre, gardien du défunt jusque dans son repos éternel.

Cette présence animale répond également à une véritable symbolique. Le lion est traditionnellement associé aux figures masculines de pouvoir et de chevalerie, tandis que le chien, symbole de fidélité et d'attachement, accompagne plus volontiers les gisants féminins. Le lion se retrouve aussi au pied de statues verticales, où il joue un rôle de figure protectrice et parfois de soutien symbolique. Qu'il veille sur un chevalier allongé sur son tombeau ou accompagne un personnage représenté debout, il demeure une image de puissance et de protection.

Une particularité amusante de l'art médiéval tient à la manière dont les sculpteurs représentaient les animaux exotiques. Le lion, bien que considéré comme le roi des animaux, n'était pas forcément un modèle familier pour les sculpteurs médiévaux. Beaucoup ne l'avaient probablement jamais observé de près. Ils le restituaient alors à travers les bestiaires, les récits anciens, les légendes, les manuscrits enluminés et les gravures de leur époque. Il en résultait parfois des lions à la physionomie étonnante, avec des têtes presque humaines, des corps très stylisés et des expressions inattendues. L'essentiel n'était pas toujours de reproduire fidèlement l'animal, mais de faire comprendre ce qu'il représentait : la force, la noblesse, le courage et la vigilance. C'est aussi ce qui donne à ces sculptures leur charme particulier, entre observation, imagination et tradition.

La position et le format de ce petit exemplaire s'accordent avec les usages de la sculpture monumentale et funéraire de cette période. Deux rapprochements accompagnent sa présentation : celui d'un lion placé aux pieds d'un gisant, dans la tradition des monuments funéraires, ou celui d'un élément appartenant à la partie basse d'une statue ou d'un monument sculpté.

Le choix du marbre de Boulogne n'est pas sans intérêt. Cette pierre marbrière du Boulonnais, issue notamment des carrières de Marquise, appartient à une longue tradition régionale d'extraction et de travail de la pierre. Appréciée pour ses qualités de taille et de finition, elle a trouvé sa place dans l'architecture religieuse, le décor monumental et la sculpture. Son utilisation est notamment attestée sur le chantier médiéval de la cathédrale Notre-Dame de Saint-Omer, où la pierre de Marquise fut associée à celle de Tournai au XIIe siècle. Ces grands chantiers religieux témoignent de la place de cette pierre dans le patrimoine monumental du nord de la France.

Les différences de finition sont également remarquables. Les parties visibles présentent un travail plus soigné, tandis que les surfaces latérales et arrière conservent un aspect plus brut et irrégulier. Quelques stries demeurent perceptibles dans la pierre, rappelant le travail de taille et les différentes étapes de façonnage.

Avec sa matière patinée, sa silhouette ramassée et son attitude paisible, ce petit lion conserve le caractère singulier d'un fragment de sculpture ancienne. Figure de force et de protection, il semble avoir gardé quelque chose de sa fonction première : celle d'un gardien silencieux, placé auprès d'un personnage ou d'un monument dont il ne reste peut-être aujourd'hui que ce témoin de pierre.
6 800 €

Epoque : Antérieure au 16ème siècle

Style : Haute époque-Renaissance-Louis XIII

Etat : Très bon état

Matière : Marbre

Longueur : 23

Largeur : 15

Hauteur : 14

Référence (ID) : 1848136

Disponibilité : En stock

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