Reliquaire osculatoire ,argent massif , Bruges, 1831–1868, Philippus Meys, Baiser de Paix
Reliquaire osculatoire ,argent massif , Bruges, 1831–1868, Philippus Meys, Baiser de Paix-photo-2
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Reliquaire osculatoire ,argent massif , Bruges, 1831–1868, Philippus Meys, Baiser de Paix

Artiste : Philippe Meys

RELIQUAIRE OSCULATOIRE EN ARGENT MASSIF CONTENANT CINQ RELIQUES
Bruges, 1831–1868 — Philippus Petrus Mys (1801–1881)

Reliquaire osculatoire, également appelé baiser de paix-reliquaire, en argent massif, réalisé à Bruges par l’orfèvre Philippus Petrus Mys, dont le nom s’écrit également Meys. Cet objet associe une monture richement travaillée à un reliquaire réunissant cinq saints traditionnellement invoqués contre les maladies et les épidémies.

De forme circulaire, la monture présente un décor d’inspiration rocaille composé de volutes en C, de feuillages recourbés et de motifs de coquilles dessinant un pourtour mouvementé. Les ornements polis se détachent sur un fond finement amati, mettant en valeur le relief et les jeux de lumière de l’argent. Une coquille couronne la composition. Au revers, une large poignée cintrée permet de tenir l’objet et de le présenter à la vénération.

Une bordure intérieure dorée encadre le verre protégeant les cinq reliques. Sur un fond textile de couleur or, des bandeaux de papier peints composent un dessin symétrique autour d’un médaillon central. Soulignés de filets roses et bleus et d’un décor de pointillés, ils portent les noms des saints inscrits à la main en latin. Les reliques sont disposées sur des ornements de papier en forme d’étoiles, tandis que des rosettes florales complètent cette composition soignée.

LES CINQ SAINTS

Au centre figure saint Sébastien, martyr romain du IIIe siècle. Selon la tradition, cet officier de l’armée romaine demeura fidèle à sa foi pendant les persécutions de Dioclétien. Il survécut à une première exécution par les flèches avant d’être mis à mort. Il devint l’un des principaux saints protecteurs invoqués contre la peste.

Autour de lui sont disposées les reliques de quatre autres saints :

Saint Roch de Montpellier, pèlerin du XIVe siècle, aurait consacré une partie de son voyage en Italie aux soins des pestiférés avant d’être lui-même atteint par la maladie. Selon la légende, un chien lui apportait du pain pendant sa retraite à l’écart de la ville. Généralement représenté en pèlerin, montrant une plaie à la cuisse et accompagné d’un chien, il compte parmi les saints les plus invoqués contre la peste.

Saint Macaire de Gand, pèlerin et évêque venu d’Orient, était, selon la tradition, originaire d’Arménie et archevêque d’Antioche. Accueilli en 1011 à l’abbaye Saint-Bavon de Gand, il y mourut en 1012 au cours d’une épidémie. Son culte comme protecteur contre les maladies contagieuses connut une diffusion particulièrement importante dans nos régions. Ses reliques sont conservées à la cathédrale Saint-Bavon de Gand.

Saint Antoine abbé, ermite égyptien ayant vécu vers 251–356, distribua ses biens aux pauvres avant de se retirer dans le désert. Son exemple attira de nombreux disciples et lui valut d’être considéré comme l’un des pères du monachisme chrétien. Il était invoqué contre diverses maladies, notamment le « feu Saint-Antoine », ainsi que contre la peste. Ses attributs habituels sont une canne en forme de tau, une clochette et un porc.

Saint Charles Borromée (1538–1584), cardinal et archevêque de Milan, joua un rôle majeur dans la mise en œuvre des réformes du concile de Trente. Pendant l’épidémie de peste de 1576–1577, il organisa les secours aux malades et aux pauvres et consacra ses ressources à leur assistance. Canonisé en 1610, il devint une figure exemplaire de la charité chrétienne et un intercesseur invoqué lors des épidémies.

La réunion de ces cinq saints suggère une dévotion destinée à solliciter leur protection contre les maladies et les épidémies. Cette cohérence spirituelle donne une signification particulière à l’ensemble.

Sur les inscriptions, le titre latin confessor, « confesseur » ou « confesseur de la foi », désigne un saint ayant témoigné de sa foi par sa vie sans avoir subi le martyre. Il ne signifie donc pas ici « prêtre recevant les confessions ».

L’ORFÈVRE ET LES POINÇONS

La monture porte le poinçon de maître de Philippus Petrus Mys fils : une tête stylisée au-dessus de la lettre M, dans un encadrement rectangulaire. Elle présente également les poinçons belges de titre et de garantie de la période 1831–1868, avec le différent du bureau de contrôle de Bruges.

Philippus Petrus Mys naquit à Bruges le 2 décembre 1801. Fils de l’orfèvre Philippus Bellarminus Mys et de Maria Carolina Van Speybrouck, il reprit progressivement les activités de son père, puis poursuivit seul l’exploitation de l’atelier familial après le décès de celui-ci. Il demeura jusqu’en 1868 dans la maison dite Amsterdam, située Steenstraat à Bruges. Resté célibataire, il mourut dans cette ville le 10 octobre 1881.

Son poinçon rectangulaire reprend les symboles du poinçon paternel, qui étaient inscrits dans un losange. L’introduction de cette nouvelle forme est généralement située, avec prudence, dans les années 1830, lors du dépôt de son propre poinçon.

LE RELIQUAIRE OSCULATOIRE ET LE BAISER DE PAIX

Le terme osculatoire vient du latin osculum, qui signifie « baiser ». Il indique que l’objet était destiné à être présenté à la vénération par un baiser. L’expression « reliquaire osculatoire » souligne ainsi sa double fonction : conserver les reliques et permettre aux fidèles de leur témoigner leur dévotion.

Cette forme se rattache à la tradition du baiser de paix, ou pax, mot latin signifiant « paix ». Dans la liturgie chrétienne, le baiser de paix exprimait la réconciliation et la communion fraternelle. À partir du XIIIe siècle, l’usage de plaques portatives permettant de transmettre ce baiser est attesté : les membres du clergé et les fidèles embrassaient successivement le même objet, selon les usages locaux. Cette pratique se diffusa en Europe à la fin du Moyen Âge.

Ces objets, également nommés osculatoires, pouvaient être réalisés en ivoire, en bois, en cuivre ou en argent. Une poignée au revers permettait de les présenter. Souvent ornés d’une représentation du Christ, de la Vierge ou d’un saint, certains accueillaient des reliques derrière une paroi transparente, réunissant ainsi la forme du baiser de paix et la fonction du reliquaire. Le présent exemplaire brugeois s’inscrit dans cette tradition.

Dimensions : diamètre de 12,5 cm ; profondeur totale d’environ 8 cm, poignée comprise.

État de conservation : parfait état.


1 450 €

Epoque : 19ème siècle

Style : Louis XV - Transition

Etat : Très bon état

Matière : Argent massif

Diamètre : 12,5 cm

Référence (ID) : 1847655

Disponibilité : En stock

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Ian Panné
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