École napolitaine du XVIIe siècle, Nature morte avec un vase de fleurs
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École napolitaine du XVIIe siècle, Nature morte avec un vase de fleurs

École napolitaine du XVIIe siècle

Nature morte avec un vase de fleurs

Huile sur toile circulaire, diam cm 67

Cadre, cm 77


Au cours du XVIIe siècle, Naples s’affirme comme l’un des centres les plus propulsifs et éclectiques d’Europe dans l’élaboration du genre de la nature morte. Se détachant progressivement du naturalisme rigide de type caravaggesque de la première moitié du siècle, la peinture des « choses inanimées » évolue vers des formules de décorativisme somptueux, d’exubérance baroque et de sensibilité lumineuse raffinée. Dans ce contexte dynamique, la famille Recco joue un rôle de premier plan pour plusieurs générations. Du fondateur Giacomo, parmi les premiers à se spécialiser dans les compositions florales, à son frère Giovan Battista, célèbre pour ses cuisines et ses bancs de poisson, la dynastie continue avec Giuseppe Recco (1634-1695). Ce dernier est capable de fusionner la solide tradition naturaliste napolitaine - faite de masses denses et d’un fort sens de la matière - avec les influences du baroque romain et de la peinture flamande, allant des bancs monumentaux de faune marine jusqu’à d’élégantes compositions avec des fleurs et des objets précieux.

L’œuvre examinée s’inscrit pleinement dans cet horizon figuratif fécond. Au centre de la composition, posée sur un plateau sombre, se dresse un riche vase métallique d’où jaillit un bouquet luxuriant de fleurs. Du fond d’ombre émerge un assortiment botanique coloré : dans la section supérieure, on remarque des corolles lumineuses de lys et de narcisses blancs, flanquées d’œillets, de tulipes et de pivoines déclinés dans les tonalités du jaune, de l’orange et du rose. Les pétales, réalisés avec des pinceaux matériels et à la fois définis, capturent la lumière effilée en créant un contraste clair-noir d’une grande dramaturgie. En bas, sur le plan de pierre, quelques fleurs coupées (petits jasmin ou zagara) semblent être tombées par hasard, un heureux artifice destiné à amplifier la profondeur spatiale et le sentiment de vraisemblance de l’ensemble. L’élément de plus grande valeur et relief structurel est cependant le vase : un récipient raffiné en bronze ciselé et écaillé, orné de poignées décoratives, d’un haut pied façonné et de détails finement dorés. Les lueurs de la lumière sur les finitions métalliques restituent l’éclat froid du bronze et le savoir-faire de la sculpture, proposant un dialogue visuel entre la caducité de la matière organique des fleurs et l’incorruptibilité précieuse du métal.

L’insertion du tableau dans la tradition napolitaine de la seconde moitié du XVIIe siècle et sa proximité étroite avec les manières de Giuseppe Recco trouvent leur écho précisément dans ce rendu impeccable des surfaces métalliques. Recco a été en effet un maître incontesté dans la représentation de bronzes décoiffés, de meubles et de poterie d’une grande valeur, éléments qui sont devenus un véritable symbole stylistique de sa production et de son atelier. La combinaison entre la direction lumineuse d’ascendance caravaggesque, l’exubérance du bouquet floral et l’ajout du vase en bronze finement travaillé confirment l’appartenance de l’œuvre à la plus haute culture collectionniste et décorative du baroque napolitain.
3 800 €

Epoque : 17ème siècle

Style : Autre style

Etat : Bon état

Matière : Huile sur toile

Diamètre : 67

Référence (ID) : 1838564

Disponibilité : En stock

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